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Sanofi / Dupixent / blockbuster

Le pipeline de Sanofi risque la dépendance

Les mauvaises nouvelles s'enchaînent pour les programmes phares de développement cliniques du groupe pharmaceutique. Son médicament vedette, le Dupixent, risque de s'en trouver de plus en plus isolé.
Sanofi gagnerait à étoffer son portefeuille de produits en développement - © Rafael Henrique / SOPA Images
Sanofi gagnerait à étoffer son portefeuille de produits en développement - © Rafael Henrique / SOPA Images

Les actionnaires de Sanofi ne passent pas un été de tout repos. La capitalisation boursière du géant français de la pharmacie fond un peu plus à chaque mauvaise nouvelle depuis plusieurs semaines. Plus de 20 milliards d’euros se sont ainsi envolés en un mois. Ce que les analystes ont coutume d’appeler le "news flow" pour parler de l’actualité d’une entreprise va décidément à sens unique concernant l’entreprise dirigée par Paul Hudson.

Les craintes récemment survenues sur les répercussions financières possibles de procès à venir concernant un ancien médicament antiulcéreux, le Zantac, longtemps commercialisé aux Etats-Unis constituent un cas à part. Elles n’inquiètent d’ailleurs pas outre mesure les analystes au-delà de l’impact médiatique.

Les interrogations sur la profondeur du pipeline de produits en développement de l’entreprise restent en revanche un sujet de fond, alors que le groupe a annoncé jeudi qu’il mettait à un terme au programme de développement clinique de l’amcenestrant, un traitement expérimental oral contre certains cancers du sein, dont l’efficacité s’est révélée insuffisante. L’essai clinique expérimental de phase 3 conduit sur le produit en association avec un autre anticancéreux n’a "pas atteint le seuil justifiant la poursuite du traitement", selon un comité indépendant de suivi des données.

La surprise n’est certes pas totale dans la mesure où le groupe avait déjà prévenu en mars que l’étude n’avait pas atteint son critère d’évaluation primaire. "Les espoirs du marché quant à un éventuel succès dans ce cas n'étaient probablement pas élevés, mais il s'agit d'une nouvelle déception pour Sanofi", notent les analystes de Barclays. Cela confirme en tout cas qu’il ne faut plus compter sur l’amcenestrant comme relais de croissance, sachant que le produit aurait pu rapporter jusqu’à 1 milliard d’euros de ventes par an selon les analystes d'UBS.

La nouvelle survient peu de temps après les problèmes rencontrés par un autre produit, le tolébrutinib. Le groupe a dû interrompre il y a une dizaine de jours le recrutement de nouveaux patients pour certains des essais cliniques du programme de ce traitement expérimental contre certaines formes de sclérose en plaques et la myasthénie grave – une maladie auto-immune qui perturbe la communication entre les nerfs et les muscles. Sanofi devra fournir des informations à la Food and drug administration (FDA) américaine d’ici fin septembre. En fonction, le groupe pourra ou non reprendre le recrutement de l’essai clinique au quatrième trimestre. Or l’enjeu est important sur ce produit prioritaire du pipeline de Sanofi, avec des ventes estimées par le consensus à 1,6 milliard d’euros à l’horizon 2029.

Le congrès de la Société internationale de thrombose et d’hémostase qui s’est déroulé en juillet, a heureusement apporté de meilleures nouvelles pour deux traitements potentiels de l’hémophilie. Mais les potentiels de ventes des deux produits en question (efanesoctogog alpha et Alnylam) sont sans commune mesure : moins de 800 millions d’euros pour le premier et environ 450 millions d’euros pour le second.

Sujet récurrent, la question de la dépendance de Sanofi au Dupixent, son produit multi-blockbuster commercialisé pour le traitement de l'eczéma et de l'asthme sévère risque donc de continuer à se poser. Le groupe a relevé en mars son objectif de chiffre d’affaires pour ce seul produit à plus de 13 milliards d’euros à l’horizon 2025, et ses ventes au premier semestre de cette année se sont élevées à 3,6 milliards d’euros, en croissance de 44,4%.

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