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Entreprises / Actions / Sanofi / Dupixent / Paul Hudson / Beyfortus / bronchiolite / hémophilie

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Sanofi / Dupixent / Paul Hudson / Beyfortus / bronchiolite / hémophilie

Sanofi mise gros sur deux nouveaux médicaments à fort potentiel / Les coûts de lancement pèseront sur les bénéfices cette année

Un mal pour un bien. Les prévisions prudentes données par Sanofi pour 2023 ont déplu aux investisseurs. Mais elles s’expliquent par les coûts de lancements de deux nouveaux produits à fort potentiel commercial. Le Dupixent, le médicament star du laboratoire, dont les ventes poursuivent leur envol, devrait bientôt recevoir du renfort.
Paul Hudson, directeur général de Sanofi, lors de la présentation des résultats 2022 - Eric TSCHAEN/REA
Paul Hudson, directeur général de Sanofi, lors de la présentation des résultats 2022 - Eric TSCHAEN/REA

Qui n’a pas entendu parler de la bronchiolite du nourrisson ? Sanofi se prépare à lancer d’ici quelques mois le remède à cette infection virale aiguë contagieuse transmise par le VRS, le virus respiratoire syncytial. Nom savant à l'origine d’une maladie qui touche près d’un tiers des enfants de moins de deux ans chaque hiver, allant jusqu’à saturer les hôpitaux.

Associé pour l’occasion au laboratoire britannique Astrazeneca, Sanofi a développé ce qu’il désigne comme "un agent d’immunisation passive à dose unique". Un vaccin, baptisé "Beyfortus", logiquement très attendu, par les parents bien sûr, mais aussi comme relais de croissance des ventes du premier groupe pharmaceutique français.

 

Dupixent, la locomotive

 

Le rôle de locomotive du chiffre d’affaires est pour l’instant presque uniquement dévolu au Dupixent, le médicament phare "multi-blockbuster" de Sanofi, approuvé pour le traitement de plusieurs maladies inflammatoires chroniques, dont l’asthme et l’eczéma. Le produit a vu ses ventes bondir de 42,1% au quatrième trimestre 2022, à 2,4 milliards d’euros, dépassant légèrement (de 1%) les attentes des analystes, poursuivant sur sa lancée après ses hausses de 44,5% au troisième trimestre, de 43,4% au deuxième et de 45,7% au premier. A lui seul, le Dupixent a généré 8,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2022, a annoncé vendredi le groupe lors de la publication de ses comptes annuels.

Il fallait bien ça pour compenser certaines déceptions. Notamment, les ventes des vaccins de Sanofi ont reculé de 16,3% au quatrième trimestre, à 1,7 milliard d’euros. Les ventes de vaccins contre la grippe, en particulier, ont chuté de 32%, à 802 millions d’euros, tandis que celles des vaccins pédiatriques (polio, coqueluche et contre les infections à "Hib") ont décéléré de façon imprévue, de 16,9%, à 443 millions d’euros. Globalement, le chiffre d’affaires total de Sanofi au quatrième trimestre est ressorti en deçà des attentes, à 10,7 milliards d’euros, contre 11 milliards d’euros prévus par le consensus.

 

Potentiel game changer

 

L’arrivée du Beyfortus pourrait ainsi changer la donne en 2023, le produit venant combler un important besoin non satisfait. Il existe bien déjà un vaccin, le Synagis - mis au point par AstraZeneca qui en a revendu les droits commerciaux américains au laboratoire suédois Swedish Orphan Biovitrium -, mais ce dernier est uniquement disponible pour les enfants prématurés ou à risque. Beyfortus en revanche, est destiné à tous les nourrissons de moins d’un an, qu’ils soient en bonne santé ou fragiles. Et cela fait une grande différence.

Les nourrissons à hauts risque ne représentent que 2% environ du marché. De fait, "Beyfortus dispose d’un grand potentiel de marché pour la prévention du VRS chez tous les nourrissons par rapport au Synagis", soulignent les analystes de Jefferies. La banque cite une enquête menée auprès des pédiatres américains selon laquelle les médecins interrogés se disent prêts à prescrire Beyfortus à environ la moitié de l’ensemble des nouveau-nés et des nourrissons d'ici 2024, qui sera la première année complète de commercialisation du vaccin. Sur un marché total estimé à 2,5 milliards d'euros en 2030.

Tandis que le lancement du Beyfortus est attendu au troisième trimestre, Sanofi dispose d’un autre atout dans sa manche avec le traitement Altuviiio contre l’hémophilie de type A, qui doit également être lancé cette année. Les données de l’étude pivot (dernière étude d'importance avant enregistrement du produit) publiées fin janvier dans The New England Journal of Medicine ont confirmé la forte efficacité du traitement, capable de permettre aux personnes atteintes d’hémophilie de mener une vie active. En tant que potentiel meilleur médicament de sa classe thérapeutique pour le traitement de l’hémophilie de type A, Altuviiio disposerait donc lui aussi de perspectives commerciales prometteuses.

 

Coûts de lancement

 

L’inconvénient est que ces deux lancements de produits vont peser sur la rentabilité de Sanofi cette année, a prévenu vendredi le directeur financier, Jean-Baptiste de Chatillon. "Cela entraînera certains coûts d'investissement pour soutenir les lancements car il est important que ces produits soient bien connus dans les différentes régions où nous les lançons", a-t-il expliqué.

C’est la raison de la prévision décevante de croissance " dans le bas de la fourchette à un chiffre" donnée par Sanofi sur l’évolution de son bénéfice net par action cette année, après celle de 17,1% enregistrée en 2022. Le décalage par rapport aux attentes " suggère que les estimations du consensus pourraient diminuer entre 2% et 4%", estime Jefferies. En attendant de constater par eux-mêmes le potentiel des nouveaux médicaments que s’apprête à lancer Sanofi, les investisseurs ont préféré sanctionner la nouvelle. Le cours de Bourse du groupe dirigé par Paul Hudson a chuté vendredi de 5,5%.

Des résultats cliniques d’une étude pour Dupixent – encore lui - dans le traitement de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), une maladie pulmonaire courante chez les fumeurs, pourrait cependant leur redonner le moral dans le courant du premier semestre. Cette nouvelle indication supplémentaire n’est pas intégrée dans la prévision du groupe d’atteindre les 10 milliards d’euros de ventes pour le produit cette année, ni dans son objectif de 13 milliards d’euros "en rythme de croisière".

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