Feuilleton de l'été / Deutsche Bank / Banque privée / Polytechnique
Feuilleton de l'été
Deutsche Bank / Banque privée / Polytechnique
Ils et elles vont construire le monde d'après - Olivier Froment
De son goût de l’effort, en passant par un esprit assez analytique couplé à son cercle familial tout était réuni pour qu'Olivier Froment emprunte la voie des classes préparatoires à la fin de son adolescence. Plus particulièrement c’est au sein du Lycée privé Sainte Geneviève qu’il choisit d’effectuer ses années d’études.
Un établissement dont il se remémore avec joie "l’esprit d’équipe qui y régnait", une ambiance de travail porteuse qui lui permet donc d’intégrer l’école Polytechnique. Il suit alors les pas de son père passé par les bancs de la même école.
Le rêve de jeunesse
À cette époque le fils de polytechnicien rêve alors d’être "ingénieur en physique nucléaire" et commence à orienter son parcours en ce sens. Il part notamment en stage à l’université de Michigan pour travailler sur ce sujet. Ses projets changent radicalement à la suite d’une "succession de faits au niveau mondial et personnel" dont la catastrophe nucléaire de Fukushima qui assombrit les perspectives du secteur nucléaire. C’est la fin d’une dynamique pour le nucléaire qui trouve alors de nombreux détracteurs.
Du côté personnel, il se voit "offrir la possibilité d’intégrer le corps des Ponts, dont les missions sont plus éloignées de mes aspirations initiales". Il choisit d’emprunter cette voie-là puisqu’il voit alors qu’il va pouvoir y "servir l’intérêt général " à travers "des thématiques économiques et financières présentes lors de ma formation et tout aussi stimulantes". Il bénéficie alors de trois années de formation entrecoupées de stage notamment chez Engie : "je n’ai en effet jamais perdu de vue mon goût pour l’énergie ".
Au service de la France
Il en ressort avec la conviction d’être préparé pour ses futures fonctions et remarque alors "que ces grands corps d’états sont souvent critiqués alors qu’on y on forme très bien ". Le voilà donc qui débarque à Bercy en 2012, arrive alors "son premier grand moment de cette période dans l’administration" lorsqu'il est en charge à la Direction générale du Trésor de "grands projets d’infrastructures dans des pays en développement ". C’est le temps des premières responsabilités importantes comme le financement d’une partie d’une ligne à grande vitesse au Maroc ou d’autres projets en Égypte notamment. Il confie à WanSquare que "c’est forcément grisant d’avoir en charge de tels projets " d’autant plus qu’ils "contribuent au rayonnement de la France dans le monde".
Cependant il ne s’éternise pas à cette fonction et va faire ses armes en 2014 à l’Agence des participations de l'État. "Je vais surtout participer au sauvetage du nucléaire français, Areva était alors en grande difficulté notamment suite à des pertes occasionnées par certains grands projets", explique-t-il. Une mission qui parle forcément à l’ancien élève de l’X qui va consacrer 3 ans de sa vie "à contribuer à l’avenir de la filière nucléaire française, qui impliqua notamment de nombreuses et complexes discussions tant avec la Commission européenne qu’avec des investisseurs tiers".
Il se remémore à quel point "ce fut passionnant d’accompagner en tant qu’actionnaire le management avec un tel degré de proximité, c’était également très riche d’être au plus proche des décideurs publics, jusqu’au plus haut sommet de l’Etat ". La structure même de la petite équipe de 30 personnes dont il faisait partie était extrêmement motivante. Olivier reste marqué par la façon dont " l’État parvient à jouer un rôle de boussole face à ces situations de crise que peuvent traverser des entreprises".
Un saut dans l'inconnu
À la sortie de cette aventure extrêmement riche mais prenante, il estime alors qu'il lui "sera difficile de revivre une opération d’une telle intensité et souhaite élargir ses perspectives en travaillant pour d’autres secteurs et dans un contexte plus international". Il quitte donc la fonction publique fin 2017 et rejoint Deutsche Bank peu après en tant qu’Associate. Il se retrouve alors dans "une banque à la fois universelle et européenne, dont les activités couvrent l’ensemble des besoins financiers des entreprises et des fonds d’investissement, ne se limitant pas à du simple conseil mais un accompagnement de clients dans la durée".
Un changement d’environnement qui nécessite alors un fort investissement personnel pour assimiler les codes de ce nouvel univers. Dans ce dernier il apprécie la diversité des clients qu’il rencontre que ce soit dans le développement des entreprises ou l’accompagnement. Au sein de l’institution allemande, c’est un large panorama de secteurs qui s’offre à lui et dans lequel "nous sommes appelés à travailler tant pour des clients dans des secteurs actuellement en forte croissance et résilients comme la santé ou le numérique, que pour des secteurs plus traditionnels de l’économie dont la crise énergétique actuelle prouve toute la criticité".
Un métier très prenant mais dans une institution "au sein de laquelle la question de l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle est de mieux en mieux prise en compte et permet d’envisager une carrière dans la durée". Pour le père de trois enfants arriver à " trouver la ligne de crête est un défi à relever mais il est stimulant et source d’un très grand épanouissement". Ce dernier, il le trouve également dans sa vie professionnelle où cet éternel serviteur de l’intérêt général s’évertue désormais "à rendre service à ses clients dans un univers financier de plus en plus complexe".
Le bon endroit
Ce qui lui fait dire qu’aujourd’hui " le métier de banquier est l’un de ceux où il faut se trouver" tant au vu des perspectives du secteur que de par un état d’esprit qui l’inspire : "ici tout est fait pour vous pousser à être meilleur et vous dépasser tout au long de votre carrière, c’est une grande source de motivation au quotidien". Pour celui qui est devenu avec le temps Vice President puis Director, "le challenge est celui que je cherchais en venant ici, nous sommes toujours remis en question, et au plus proche de situations stratégiques de grande intensité que vivent nos clients, confrontés à la volatilité du contexte économique et financier"
L’univers de la banque d’affaires lui permet aussi d’avoir "une très grande richesse dans les échanges avec différentes équipes situées sur tous les continents" une diversité des interlocuteurs qui implique une certaine exigence intellectuelle.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

