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Un hiver de plus en plus à hauts risques pour EDF
Voilà qui ne devrait pas apaiser les inquiétudes sur l’approvisionnement électrique en vue de l’hiver prochain. EDF a indiqué jeudi que l’arrêt de quatre de ses réacteurs nucléaires touchés par des problème de corrosion serait prolongé de plusieurs semaines cet automne.
Selon le nouveau calendrier prévisionnel de l’opérateur historique, la reconnexion au réseau électrique des réacteurs 1 et 4 de la centrale de Cattenom (Moselle) est désormais prévue respectivement les 1er et 14 novembre prochains. Le redémarrage du réacteur numéro 3 interviendra lui le 11 décembre tandis qu’il faudra ensuite attendre le 23 janvier pour la remise en service de la tranche numéro 1 de la centrale de Penly (Seine-Maritime).
Depuis la détection des fissures au sein du réacteur n°1 de la centrale de Civaux à l’automne 2021, les problèmes de corrosion dite "sous contrainte" identifiés ont entraîné la mise à l'arrêt de 12 réacteurs, tandis que de nombreux autres sont en maintenance pour rattraper les retards pris lors des confinements liés à la pandémie de Covid-19.
32 réacteurs à l'arrêt
Le groupe avait élaboré un programme de contrôle et de réparation des réacteurs concernés par le défaut de corrosion, et l’avait présenté à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui l’avait validé fin juillet. Mais aujourd’hui, "l’analyse des résultats des derniers examens réalisés sur les réacteurs de Cattenom 1, Cattenom 3, Cattenom 4 et Penly 1 nous permet de préciser le programme d’opérations et de réparations (sur ces réacteurs), ce qui nous conduit à adapter la durée des arrêts en cours", explique l’entreprise, contactée par WanSquare.
Ainsi, alors que 32 de 56 réacteurs nucléaires d’EDF étaient jeudi à l'arrêt, les craintes de coupure de coupure éventuelle cet hiver ne vont pas en diminuant. Si le groupe indique que ces adaptations de durée n’ont pas d’impact sur sa dernière prévision de production d’électricité nucléaire pour l’année 2022 qui reste maintenue entre 280 et 300 térawattheures, il prévient néanmoins que cette production devrait "probablement" se situer "dans la moitié basse de la fourchette".
"Black-out"
Difficile dans ces conditions d'écarter complètement le scénario d’un ‘black-out’. Alors que la dernière grande panne de courant géante en France date de 1978. Le directeur exécutif chargé du pôle Clients d’EDF, Marc Benayou, n'avait pas totalement rassuré mi-juillet devant le Sénat, en assurant qu’il y avait "de fortes chances que nous passions l’hiver sans délestage".
Si l’hiver prochain est rigoureux, l’équilibre entre offre et demande passera nécessairement par des achats sur les marchés de gros. Ce qui explique l’envolée du prix mégawattheure (MWh), qui se négocie désormais à plus de 1600 euros sur la bourse EEX pour le dernier trimestre 2022, et à 1 850 euros pour le premier trimestre 2023, contre environ 50 euros avant la crise...Tandis que le prix auquel EDF doit revendre le MWh aux opérateurs alternatifs dans le cadre du mécanisme de l’Arenh (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique) est de 42 euros. L’hiver risque de coûter bien cher à un EDF bientôt entièrement renationalisé.
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