Dirigeants, gouvernance / Sanofi / Frédéric Oudéa / Société Générale
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Sanofi / Frédéric Oudéa / Société Générale
Frédéric Oudéa en passe de rebondir chez Sanofi
Alors qu’il a décidé de ne pas briguer de nouveau mandat en mai prochain, le patron de Société Générale, Frédéric Oudéa, a été nommé, à l’unanimité, vendredi dernier, censeur par le conseil d’administration de Sanofi, a annoncé le groupe pharmaceutique français ce lundi matin.
Mais cela ne pourrait être qu’une première étape. Sanofi a en effet fait savoir que lors de sa prochaine assemblée générale, dont la date reste encore à déterminer, serait proposée la nomination de futur ex-banquier en qualité de président non exécutif du conseil d’administration. A ce poste, il remplacerait Serge Weinberg, dont le mandat arrivera à échéance à cette même date, ce dernier, à 71 ans, ayant atteint la limite d’âge.
Si Frédéric Oudéa s’est dit "extrêmement motivé par la perspective de contribuer dans les prochaines années à la stratégie et au développement durable" du laboratoire tricolore, il n’en reste pas moins que la tâche qui l’attend sera rude, d’autant qu’il est loin d’être un spécialiste du secteur pharmaceutique.
Il faut dire que contrairement à ses principaux concurrents, Pfizer-BioNTech ou Moderna, la réputation de Sanofi, au pays de Pasteur, a souffert pendant la crise sanitaire, le groupe ayant subi un revers retentissant dans le développement d’un vaccin contre la Covid-19. Alors que les autres géants pharmaceutiques ont tous commercialisé leur vaccin depuis des mois, le vaccin Sanofi ne devrait, aux dernières nouvelles, n’être disponible qu’en décembre prochain, selon Olivier Bogillot, alors président de Sanofi France, en juillet dernier (il est devenu directeur général de la branche de médecine générale aux Etats-Unis du groupe).
Et encore… la technologie utilisée diffère des vaccins existants. Si les groupes Pfizer-BioNTech ou Moderna utilisent l’ARN Messager (ARNm), Sanofi utilise, lui, une technologie à protéine recombinante, comme pour la vaccination grippale, soit une méthode plus classique et moins innovante.
Mais ce n’est pas tout. Avec pourtant une capitalisation boursière de plus de 102 milliards d’euros, le groupe français a vu le cours de bourse de son action perdre 7% depuis le 3 janvier 2020, quand celui de Pfizer, par exemple, a au contraire bondi de 31% sur la même période. Et depuis le 5 août dernier, le titre du laboratoire français connaît un vrai trou d’air. Il a, en effet, perdu 16% à 81,44 euros, à la suite notamment de l’annonce de la suspension de certains des essais cliniques sur la molécule tolébrutinib contre la sclérose en plaques, le renoncement aux études concernant un médicament contre le cancer du sein dont les essais avaient été stoppés en début d’année par manque de résultats concluants, et surtout les inquiétudes liées aux risques juridiques relatifs au Zantac fabriqué et distribué aux Etats-Unis et au Canada. Destiné aux brûlures d’estomac, ce médicament avait finalement été retiré du marché en 2019 du fait de la présence dans sa composition d’un agent potentiellement cancérigène. De possibles procès qui pourraient coûter des milliards de dollars de dédommagements au groupe.
Face à ces nombreux défis, et non des moindres, Frédéric Oudéa pourra néanmoins prendre conseil auprès de Jérôme Contamine, administrateur indépendant chez Société Générale et ancien directeur financier de Sanofi pendant une dizaine d’année, entre 2009 à 2018.
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