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Entreprises / Actions / Arcelormittal / Aditiya Mittal / acier / groupe sidérurgique / hauts fourneaux

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Arcelormittal / Aditiya Mittal / acier / groupe sidérurgique / hauts fourneaux

ArcelorMittal aux prises avec le retournement du cycle de l’acier / Fermer les hauts fourneaux pour soutenir les prix a ses limites

La baisse de la demande et l’explosion des prix de l’énergie ont conduit ArcelorMittal à procéder à d’importantes baisses de sa production au troisième trimestre. Une politique de réduction de l’offre aux effets encore minimes sur les prix. Le groupe n'échappera pas à la chute de ses bénéfices à court terme.
Le prix de l'acier laminé à chaud poursuit sa baisse - Robert KLUBA/REA
Le prix de l'acier laminé à chaud poursuit sa baisse - Robert KLUBA/REA

Comment le deuxième sidérurgiste mondial fait-il face à la dégradation de la conjoncture économique ? Entre baisse de la demande et inflation énergétique, l’entreprise dirigée par Aditiya Mittal subit depuis de nombreux mois un effet de "ciseaux" potentiellement destructeur, qui la contraint à s’adapter. A réduire la voilure essentiellement, alors que l’envolée des prix de l’énergie va jusqu’à annihiler parfois totalement la rentabilité de la production d’acier de certaines usines. Les mises à l’arrêt de hauts-fourneaux se succèdent ainsi en Europe, comme à Brême (nord-ouest de l'Allemagne) et dans les Asturies (nord de l'Espagne) en septembre.

Au cours de ces deux derniers mois, ArcelorMittal a ainsi accéléré le rythme des fermetures, un mouvement qui est même allé "plus vite que prévu", notent les analystes d’UBS. La banque suisse a calculé qu’au total, le groupe sidérurgique avait fermé l’équivalent d’une production d'environ 14 millions de tonnes d’acier au troisième trimestre, un ajustement très significatif au regard des presque 63 millions de tonnes produites par le groupe en 2021.

C’est en Europe que la situation est la plus problématique, alors que les coûts demeurent compétitifs en Amérique du Nord et au Brésil, ne nécessitant pas pour l’instant de réduire les capacités de production. ArcelorMittal, principalement depuis juin, a mis au ralenti près de 20% de sa production européenne d'acier brut - sachant que la production européenne du groupe est environ le quart de toute la production européenne. Une stratégie volontariste qui place l’entreprise "clairement à l’avant-garde des efforts visant à équilibrer l’offre et la demande à court terme", observe le courtier Jefferies.

Logiquement, le but de manœuvre est de réduire l’offre pour faire remonter les prix. Avec une efficacité toute relative pour l’instant. Le prix de la tonne d’acier laminé à chaud (HRC) est brièvement repassé le mois dernier au-dessus des 800 euros la tonne avant de reprendre sa baisse, pour s’échanger maintenant à 730 euros la tonne. "L'avenir nous dira si les tentatives d’ArcelorMittal pour augmenter les prix s’imposent finalement", remarque UBS, qui en doute pour l’instant.

Dans l’immédiat, les investisseurs ont les yeux tournés vers la publication des résultats du troisième trimestre du groupe, programmée le 10 novembre prochain, dans un mois. UBS anticipe 2,2 milliards de dollars d’excédent brut d’exploitation, une estimation bien en-dessous des 3 milliards de dollars attendus par le consensus. Tandis que les prix de vente de l’acier laminé à chaud ont chuté de 50% depuis leur sommet du mois de mars, les prix de l’énergie s’envolent. Le gaz et l'électricité, qui représentent normalement 5 à 6% des coûts, en constituent maintenant de l’ordre de 20%. De plus, des coûts fixes demeurent lorsque les hauts fourneaux sont à l'arrêt, ce qui réduit encore les marges. Comme le souligne UBS, "l'acier est une activité à fort effet de levier opérationnel et lorsque le cycle se retourne, il se retourne rapidement".

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