Entreprises / Actions / Vallourec / acier / pétrole / gaz
Entreprises / Actions
Vallourec / acier / pétrole / gaz
Vallourec tarde à se relancer
Si Vallourec espérait séduire, ou au moins rassurer, les marchés en faisant part de son intention de vendre de ses activités déficitaires en Allemagne hier, c’est raté : les investisseurs se sont surtout attardés sur le fait que le spécialiste des tubes sans soudure a affiné à la baisse son indication d’Ebitda pour 2021. La réaction est violente aujourd’hui et le titre a perdu jusqu’à 17% ce matin.
Concrètement, Vallourec, qui sort d’une lourde restructuration financière, estime que son Ebitda atteindra le bas de la fourchette qu’il avait fournie en juillet dernier (entre 475 et 525 millions d’euros). En cause, la baisse récente du prix du minerai de fer plus forte que prévu. Le groupe estime également qu’il consommera davantage de trésorerie sur l’ensemble de l’année que ce qu’il imaginait : entre 300 et 380 millions d’euros, contre une fourchette précédente de 160 à 240 millions d’euros. Les investisseurs ont considéré que ces annonces repoussaient la perspective de redressement de Vallourec.
L’annonce relative à l’Ebitda n’aurait pas dû surprendre tant que cela les intervenants de marché : le consensus des analystes pour l’année était lui-même établi à 480 millions d’euros, indiquant qu’ils s’attendaient en moyenne à ce que l’Ebitda atteigne la moitié basse de la fourchette.
Les résultats du troisième trimestre, publiés hier, sont également conformes aux attentes : Vallourec affiche un Ebitda de 128 millions d’euros, en hausse de 80% sur un an (contre un consensus de 130 millions), et a réduit sa perte nette de 69 millions à 7 millions d’euros. Le groupe voit son chiffre d'affaires progresser de 16% (à 834 millions d'euros) grâce au fort dynamisme de la demande dans le secteur pétrole et gaz aux Etats-unis et dans l’industrie, notamment au Brésil.
Enfin, le groupe a annoncé la mise en vente de ses activités de laminage en Allemagne, qui "continuent de générer des pertes récurrentes et importantes", a souligné hier son PDG Edouard Guinotte à l’occasion de sa conférence téléphonique. Des pertes chiffrées à plus de 700 millions d’euros entre 2015 et 2021. "Même en cas de reprise des volumes en 2022, la concurrence maintiendrait les prix sous pression", a-t-il ajouté, citant notamment les acteurs d’Europe de l’Est. Le groupe va transférer sa propre production allemande destinée aux secteurs pétrole et gaz vers le Brésil, où il a accès à une capacité de production de 300 tonnes par an depuis le rachat de la participation minoritaire de Nippon Steel, par ailleurs actionnaire de référence de Vallourec. "Pour nos clients au Moyen-Orient, il revient 25% moins cher de produire au Brésil qu’en Allemagne", précise Edouard Guinotte. En revanche, la production des usines allemandes destinée à l’industrie sur les marchés européens sera abandonnée par Vallourec et donc laissée au repreneur éventuel.
Vallourec espère avoir une offre ferme de prétendants avant le 30 juin 2022. Les activités allemandes pèsent un peu plus de 600 millions d’euros de chiffre d’affaires, réalisés dans trois usines regroupant 2 200 salariés.
La cession devrait être assez bénéfique pour les comptes du groupe et contribuer à redonner un coup de fouet à son redressement. Ses conséquences sont évaluées à 130 millions d’euros d’Ebitda par an supplémentaires et une économie de 20 millions d’investissements récurrents par an réalisés en Allemagne, soit un effet positif total en termes de trésorerie de 150 millions d’euros.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

