Dirigeants, gouvernance / Air Liquide / Benoit Potier / François Jackow / gaz / nomination / Gouvernance
Dirigeants, gouvernance
Air Liquide / Benoit Potier / François Jackow / gaz / nomination / Gouvernance
Air Liquide dissocie sa gouvernance pour la succession de Benoît Potier
Un nouveau poids lourd de la cote française profite de l’élaboration du projet de succession à sa tête pour adapter sa gouvernance aux pratiques louées par les investisseurs internationaux.
Le conseil d’administration d’Air Liquide, onzième capitalisation du CAC40, vient de valider le plan de succession de son président-directeur général Benoît Potier qui sera soumis au suffrage des actionnaires lors de la prochaine assemblée générale, en mai 2022. Il prévoit la dissociation des fonctions de président et de directeur général : Benoît Potier, âgé de 64 ans, sera proposé au poste de président du conseil d’administration, tandis que la direction générale sera proposée à François Jackow, l’acteur directeur général adjoint du numéro un mondial des gaz industriels et médicaux. Le changement sera effectif à compter du 1er juin.
"Notre comité travaille depuis plus de deux ans sur le plan de succession de Benoît Potier et la future gouvernance d’Air Liquide. Plusieurs candidatures de grande qualité ont été examinées. Le niveau d’expérience, la compétence et les qualités personnelles de François Jackow ont été évalués par le Conseil comme particulièrement en phase avec la stratégie de performance et de développement du groupe. Sa nomination a été recommandée au conseil d’administration en plein accord avec Benoît Potier", explique Jean-Paul Agon, président du comité des nominations et de la gouvernance d’Air Liquide et ancien PDG de L’Oréal, qui a lui-même récemment vécu un épisode identique.
Âgé de 52 ans, titulaire d’un MA en chimie à Harvard, aux Etats-Unis, et diplômé de l’Ecole normale supérieure en 1992 (où il a étudié dans les départements de chimie et biologie), François Jackow connaît intimement la maison. Il a débuté chez Air Liquide en 1993 et a navigué à travers de nombreuses fonctions dans les métiers, les fonctions et les zones géographiques, comme la R&D (dont il a été "vice-président" pendant cinq ans), au Japon (dont il a dirigé la filiale pendant quatre ans) et le pôle mondial "Grandes industries" entre 2011 et 2014. Il a intégré le comité exécutif en 2015, d’abord en charge de la stratégie d’entreprise, du développement commercial et de la zone Afrique/Moyen-Orient/Inde, avant d’ajouter l’activité Santé (à la place de la stratégie), puis d’être nommé directeur général adjoint en septembre 2019, en charge des pôles Europe Industries, Europe Santé, et Afrique/Moyen-Orient/Inde. Il a ainsi côtoyé Benoît Potier.
L'apport de Benoît Potier
Recruter en interne a toujours prévalu chez Air Liquide, qui n'a connu que cinq patrons depuis sa création en 1901. Benoît Potier lui-même a commencé sa carrière dans le groupe en 1981. Ce n’est pas la première fois que le groupe dissocie les fonctions de direction – il a d’ailleurs connu plusieurs modes de gouvernance : Benoît Potier a été directeur général en 1997 et président du directoire en 2001, avant d’en devenir le PDG en 2006.
En 20 ans à la barre, il aura considérablement transformé le groupe pour en faire le numéro un mondial : dès 2004, il menait la plus grande acquisition d'Air Liquide en 20 ans en s'emparant des deux tiers du périmètre de l'allemand Messer Griesheim (pour 2,7 milliards d'euros à l'époque), avant de réitérer en 2016 avec l'américain Airgas, pour 13,4 milliards de dollars. Benoît Potier a également fait très tôt le pari (gagnant) de l'hydrogène.
Entre 2001 et 2021, le chiffre d'affaires d'Air Liquide a plus que doublé, dépassant désormais les 20 milliards d'euros, tandis que sa capitalisation a été multipliée par cinq.
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