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Renfloué, Engie reste prudent pour les années à venir
Après un exercice 2020 porté par la vente de sa participation de 30% au capital de Suez à Veolia – pour 3,4 milliards d’euros – mais pénalisé par le confinement, Engie a bénéficié en 2021 de la hausse du prix de l’énergie et a lancé la vente de ses services multitechniques Equans à Bouygues, qui sera finalisée au second semestre cette année pour 7,1 milliards d’euros. Les sommes engrangées seront plus que bienvenues pour relever le défi de la transition énergétique dans les années à venir, lequel s’annonce difficile.
La difficulté de la tâche se voit d’ailleurs dans la prudence des hypothèses retenues par le groupe d’énergie et de services aux entreprises pour déterminer ses objectifs à moyen terme. Il anticipe en 2022 un résultat net récurrent (hors éléments exceptionnels) compris entre 3,1 et 3,3 milliards d’euros, un résultat opérationnel courant de 6,1 et 6,5 milliards et un Ebitda compris entre 10,7 et 11,1 milliards. L’année suivante, le bénéfice net est attendu entre 3,2 et 3,4 milliards d’euros, un résultat opérationnel entre 6,2 et 6,6 milliards pour un Ebitda dans la fourchette 10,9 – 11,3 milliards. En 2024, Engie attend enfin un net situé entre de 3,3 et 3,5 milliards d’euros, un opérationnel de 6,4 à 6,8 milliards et Ebitda entre 11,3 et 11,7 milliards.
La nouvelle directrice générale Catherine MacGregor a admis que les perspectives de croissance reposaient sur des hypothèses de prix "plus conservatrices" que d’habitude en raison de la volatilité actuelle sur les marchés de l’énergie. L’inflation généralisée, les tensions géopolitiques à leur paroxysme avec la Russie (principal fournisseur de gaz naturel en Europe), la volonté d’Engie de sortir de ses actifs au charbon et la décision de la Belgique d’être sorti du nucléaire d’ici 2025 sont autant de contraintes qui pèsent sur la visibilité du groupe à moyen terme. Toutefois, ces estimations sont largement supérieures aux anticipations des analystes.
"À l'horizon 2024, le groupe prévoit une croissance de ses résultats principalement portée par les investissements dans les renouvelables et par l'amélioration des performances d'Energy solutions [infrastructures décentralisées et services, ndlr], ainsi qu'une contribution résiliente des infrastructures", précise le communiqué de la société. L’amélioration de la productivité doit "plus que compenser la baisse des résultats du nucléaire en Belgique consécutive à l'arrêt des centrales d'ici 2025", avance-t-elle.
L’année dernière, le bénéfice net publié a atteint 3,7 milliards d'euros, contre une perte de 1,5 milliard en 2020 qui résultait de la dépréciation de ses actifs nucléaires belges à hauteur de 2,9 milliards. Le résultat net récurrent (hors éléments exceptionnels) des activités poursuivies (pro forma des cessions réalisées ou annoncées) a progressé de 70% en 2021 à 2,9 milliards d’euros – c’est le montant qu’il faut retenir pour le comparer aux objectifs à moyen terme. Le résultat opérationnel courant affiche une hausse de 37% à 6,1 milliards d’euros, l’Ebitda s’est apprécié de près de 19% (à 10,6 milliards), tandis que le chiffre d’affaires a bondi de plus de 30% pour atteindre 57,9 milliards. La combinaison d’une disponibilité très élevée de ces réacteurs (en attendant leur arrêt) et de l’envolée des prix de l’énergie explique le fort rebond des bénéfices l’année dernière – même si les analystes espéraient un peu mieux, ce qui explique en partie la contre-performance de l’action en Bourse, pénalisée également par l’importance du projet de gazoduc North Stream 2 et de ses relations avec le russe Gazprom pour les activités d’Engie.
Les cessions réalisées ou programmées conduisent le groupe à être plus optimiste qu’initialement quant à sa trajectoire de désendettement : elles devraient finalement avoir un effet d’au moins 11 millions d’euros sur sa dette financière nette entre 2021 et 2023, par rapport à une estimation initiale comprise entre 9 et 10 milliards.
La teneur des comptes 2021 permet à Engie de proposer une hausse de 60% de son dividende en glissement annuel à 0,85 euro par action.
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