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EDF / nationalisation / renouvelable
Frappé par une perte historique, EDF dans le rouge au premier semestre
Guerre en Ukraine, réacteurs à l’arrêt, bouclier tarifaire, sécheresse historique… les vents contraires s’accumulent en cette première partie d’année pour EDF.
Alors que l’État a récemment annoncé son intention de prochainement nationaliser EDF, l’énergéticien communique aujourd’hui une perte record de 5,3 milliards d’euros au premier semestre 2022, une dégringolade de 227 % par rapport au premier semestre 2021. "Les résultats du premier semestre traduisent les difficultés rencontrées en matière de production nucléaire en France et dans une moindre mesure hydroélectrique, ainsi que l’effet du bouclier tarifaire mis en place en France pour 2022", a reconnu son PDG, Jean-Bernard Lévy.
Dans ce contexte de limitation des prix, destiné à préserver la facture des ménages, EDF a vendu davantage d’électricité bon marché à ses concurrents, les fournisseurs alternatifs, comme la réglementation le lui impose depuis 2011. Cette mesure, susceptible d’être reconduite en 2023, ampute l’excédent brut d’exploitation (EBITDA) de quelque 10 milliards d’euros en 2022. Et ce, même si les députés ont voté le 23 juillet dernier en faveur d’un relèvement de ces tarifs imposés de 42 à 49,5 euros à compter du 1er janvier prochain. "Ces événements imposent au groupe d’acheter de l’électricité dans un contexte de prix de marché élevés", souligne le groupe, détenu à 84 % par l’État.
En conséquence, l’endettement financier net de l'entreprise s’envole à 42,8 milliards d’euros, contre 41 milliards un an plus tôt, en dépit d’une variation favorable du besoin en fonds de roulement (BFR) de 6,8 milliards d’euros et d’une augmentation de capital de 3,1 milliards, fin mars. Le chiffre d’affaires s’affiche en revanche en forte progression de 67,2 %, à 66,3 milliards d’euros, soutenu par les prix de l’électricité et du gaz.
Le renouvelable et le Royaume-Uni amortissent la chute
Dans le détail, ce sont les activités de production et de commercialisation françaises du groupe qui ont été le plus durement touchées. Plusieurs facteurs l’expliquent. Tout d’abord, l'augmentation de 19,5 TWh des volumes ARENH (Accès régulé à l'électricité nucléaire historique), destinés à permettre à tous les fournisseurs alternatifs de s'approvisionner en électricité auprès d'EDF, présente un coût estimé à 1,4 milliard. Ensuite, la production nucléaire a baissé de 27,6 TWh au premier semestre à 154,1 TWh pour un impact estimé à 7,3 milliards d'euros, auquel s'ajoute une diminution des recettes liées à l'énergie hydraulique, de l’ordre de 1,4 milliard. Au total, c’est presque 5 milliards qui s’évaporent de l’EBITDA pour les seules activités de production et de commercialisation en France, par rapport au premier semestre 2021.
Il existe tout de même quelques motifs de satisfaction. Les résultats du premier semestre bénéficient effectivement de la bonne dynamique de la branche renouvelable du groupe, en hausse de 64,6 % par rapport à l'année précédente, avec un EBITDA de 500 millions d’euros.
Au Royaume-Uni, les performances sont légèrement supérieures aux prévisions et engrangent 860 millions d'euros, grâce à "une meilleure production et optimisation du parc nucléaire", indique l’énergéticien. De manière générale, les activités du groupe à l'étranger (Italie, Belgique, Brésil) contribuent aussi à redresser les comptes.
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