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Arcelormittal / acier
ArcelorMittal provoque l’enthousiasme malgré des résultats en baisse / Les exportations des sidérurgistes chinois sont de plus en plus menaçantes
La reprise n’est pas encore amorcée. ArcelorMittal a publié jeudi les résultats de son troisième trimestre de l’année 2024 : force est de constater que le marché de l’acier reste sous tension et que cet environnement pèse sur le compte de résultat du groupe dirigé par Aditya Mittal. Au titre des mois de juillet à septembre, il a vu ses ventes reculer d'environ 5 %, à 15,2 milliards de dollars tandis que sur les neuf premiers mois de l’année, la baisse est davantage marquée, atteignant 11 % sur un an, à 47,7 milliards de dollars.
Depuis janvier, le résultat d’exploitation a aussi nettement marqué le pas, passant de 4,3 à 2,8 milliards de dollars. Ses bénéfices nets ont quant à eux été divisés par deux, en atterrissant à 1,9 milliard de dollars contre 3,8 milliards sur les neuf premiers mois de 2023. Les opérateurs de marché semblent néanmoins avoir décelé quelques bonnes surprises dans cette publication, puisque le groupe fait la course en tête du CAC 40 depuis l'ouverture de la séance. Cet après-midi, son titre grimpe toujours de plus de 6 % à la Bourse de Paris. En cause, un Ebitda trimestriel ressorti supérieur aux attentes. À 1,6 milliard de dollars (à comparer à 2,1 milliards de dollars un an auparavant), il dépasse ainsi la prévision du consensus des analystes fourni par l’entreprise, qui s’attendait à ce qu’il se fixe à un niveau de 1,48 milliard de dollars.
Le poids des exportations chinoises
Mieux que prévu donc, même si la baisse des prix et des volumes enregistrée par ArcelorMittal, principalement en Amérique du Nord et en Europe, ont pénalisé l’indicateur. À l’inverse, le Brésil se porte bien : le groupe y a même fait grimper son Ebitda d’un trimestre à l’autre, grâce à une augmentation des livraisons d’acier et à une baisse des coûts ayant permis de compenser celle des prix de vente.
Il faut dire qu’au-delà d’une demande globale toujours atone, le marché fait aussi face à une concurrence chinoise grandissante. La chute de l’immobilier dans le pays, comme dans le reste du monde, place les sidérurgistes chinois en position de surproduction face à une demande qui s’essouffle. Tout ceci se "traduit par des écarts de prix de l'acier intérieur très faibles (la majorité des producteurs étant déficitaires) et des exportations agressives", souligne ArcelorMittal..
"L’augmentation du niveau des importations en Europe est préoccupante et des mesures commerciales plus strictes sont nécessaires de toute urgence pour y remédier. De même, le CBAM [mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, ndlr] doit encore être renforcé pour garantir qu’il remplit son objectif [de permettre] que les sidérurgistes européens puissent rester compétitifs face aux importations à plus fortes émissions", a de plus alerté Aditya Mittal à l’occasion de cette publication.
Portefeuille stratégique
D’autant que l'entreprise investit effectivement afin de se décarboner, comme en témoignent les 700 millions de dollars injectés dans un projet d’énergies renouvelables (combinant solaire et éolien) en Inde, visant à en fournir au groupe, dans le pays, à un coût plus compétitif que celui proposé par le réseau. Les autres projets stratégiques d’ArcelorMittal récemment achevés (comme son projet Vega CMC au Brésil qui a produit sa première bobine en septembre) fonctionnent bien, assure le groupe. Dans l’ensemble, ce portefeuille de projets devrait contribuer à augmenter le potentiel d’Ebitda de 1,8 milliard de dollars. Les dépenses d’investissement de l’exercice devraient se situer dans la fourchette de prévisions déjà communiquée, soit de 4,5 à 5 milliards de dollars.
"Notre génération de trésorerie disponible nous permet de continuer à investir dans l’entreprise pour une croissance stratégique et un retour sur investissement aux actionnaires", a poursuivi le président-directeur général d’ArcelorMittal. Le groupe prévoit en tout cas que la demande apparente devrait être plus forte au second semestre de cette année, en comparaison à l’année 2023, tandis que les niveaux faibles de stocks indiquent que le réapprovisionnement aura lien lieu lorsque la demande réelle se reprendra. Si les conditions actuelles de marché "ne sont pas tenables", pointe le groupe, à moyen et long termes, il reste campé sur ses perspectives positives. "Grâce à son portefeuille d’actifs mondial, ArcelorMittal est particulièrement bien placé pour capter la croissance anticipée de la demande d’acier [à cet horizon]", assure l’entreprise.
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