Publications, Résultats / Arcelormittal / acier / CAC 40 / résultats semestriels
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Arcelormittal / acier / CAC 40 / résultats semestriels
Un semestre en demi-teinte chez ArcelorMittal / Freiné par la chute des prix de l'acier mais avec des avancées en matière de décarbonation
La chute des prix de l’acier, associée à une diminution des livraisons, a donné aux résultats semestriels d’ArcelorMittal publiés ce jeudi une coloration en demi-teinte. Si les comptes du sidérurgiste, au deuxième trimestre, sont globalement ressortis en meilleure santé que sur les trois premiers mois de l’année et supérieurs aux attentes des opérateurs de marché, le constat diffère quelque peu dans l’ensemble s’étalant de janvier à fin juin.
Au premier semestre de 2023, ArcelorMittal a en effet facturé 37,1 milliards de dollars, représentant un recul de 15,6 % sur un an. Ce qui tient essentiellement, a justifié le groupe, à la chute des prix de l’acier au niveau mondial : ils se sont affaissés de près de 15 % sur la période.
De ce fait, le revenu opérationnel par tonne ressort à 109 millions de dollars, contre 300 millions de dollars au premier semestre de 2022. Les expéditions d’acier ont elles aussi ralenti, pour atterrir à 28,7 millions de tonnes. Résultat : les bénéfices ont été divisés par près de trois au titre du premier semestre de l’exercice 2023. Alors que le résultat net s’affichait à 8,05 milliards de dollars l’année passée, il est retombé à 2,9 milliards de dollars à fin juin. L’excédent brut d’exploitation (Ebitda) s’est aligné, passant de 10,2 milliards de dollars à 4,4 milliards de dollars sur un an.
De moindres anticipations, région par région
Les bases de comparaison n’étaient cependant pas favorables. ArcelorMittal a bénéficié l’année passée de prix de l’acier plus élevés, notamment en raison de la guerre en Ukraine qui avait entraîné une demande de restockage. Mais la contraction du contexte macroéconomique et les perspectives de récession ont entraîné un recul de la demande, se reflétant sur les prix.
L’aciériste a donc choisi de revoir, à la baisse, ses anticipations de demande pour le reste de l’année. Elle pourrait par exemple rester atone aux Etats-Unis, voir y reculer de 2 %, en raison de l’impact décalé des taux d’intérêt, indique la direction. Elle était auparavant anticipée en croissance de 1,5 % à 3,5 %. En Europe, au sein des Vingt-Sept, les prévisions envisagent que la demande se situera dans une fourchette de – 0,5 % % à + 1,5 %.
Point positif pour l’Inde, où les anticipations d’ArcelorMittal prévoient que la demande pourrait s’y accroître de 6 % à 8 %. Au total, la demande mondiale d’acier devrait s’apprécier de 1 % à 2 % en 2023 et par rapport à 2022 (contre une prévision de 2 % à 3 % auparavant).
La composante du CAC 40 pourra néanmoins s’appuyer sur plusieurs piliers pour guider sa croissance future. Entre autres, l’accroissement de la population qui générera automatiquement davantage de demande, le développement de l’économie circulaire (l’acier est recyclable à l’infini), ou encore la transition énergétique, pour laquelle l’acier pourra être un outil. A ce sujet, ArcelorMittal compte également accélérer pour se décarboner.
Des aides, des partenarariats et la Torche
En effet, Bercy a reçu la semaine dernière l’approbation de la part de la Commission européenne d’accorder des aides au sidérurgiste pour l’aider à se verdir. En tout et pour tout, ArcelorMittal recevra ainsi 850 millions d’euros de la part du ministère de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique afin de décarboner, en partie, sa production d’acier.
Plus encore, au fil du mois de juin, ArcelorMittal et l’entreprise belge d’ingénierie et de maintenance John Cockerill ont annoncé leur intention de construire à échelle industrielle une usine d’électrolyse directe à basse température, l’une des trois voies technologiques sur laquelle le groupe mise pour se décarboner. Enfin, ArcelorMittal Amérique du Nord a annoncé un accord d’approvisionnement avec Général Motors pour de l’acier recyclé.
Le prochain exercice (durant lequel se dérouleront les Jeux Olympiques de Paris), donnera aussi l’occasion au groupe de voir la Torche olympique, produite à partir de son acier, en action. Alors que les visuels ont été dévoilés il y a quelques jours, ArcelorMittal en a également profité pour rappeler que l’acier utilisé pour la construire en était un à empreinte carbone réduite.
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