WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / Renault / Renaulution / Luca de Meo / effet prix / Alexis Zajdenweber / APE / Agence des participations de l'Etat / Nissan

Entreprises / Actions
Renault / Renaulution / Luca de Meo / effet prix / Alexis Zajdenweber / APE / Agence des participations de l'Etat / Nissan

Renault fin prêt pour le chapitre 2 de sa Renaulution / Le constructeur est porté par l’accélération de l’effet prix

Trimestre après trimestre, la stratégie de valeur tracée pour Renault par Luca De Meo confirme son bien-fondé. C’est avec une compétitivité restaurée que le groupe s’apprête à "mettre à jour" sa stratégie, notamment au sujet de la scission de ses activités thermiques et électriques.    
Luca De Meo, directeur général de Renault - Bruno LEVY/CHALLENGES-REA
Luca De Meo, directeur général de Renault - Bruno LEVY/CHALLENGES-REA

En attendant de connaître d’ici peu les contours précis de la future organisation en deux entités distinctes de Renault, l’entreprise poursuit à vive allure son redressement dans sa configuration actuelle. A quelques jours de la présentation le 8 novembre du chapitre 2 du plan Renaulution lors d’une journée investisseurs (capital market day) qui s’annonce très suivie, le groupe piloté par Luca de Meo vient de boucler le chapitre 1 en avance sur les temps de passages programmés.

Outre le fait que le chiffre d’affaires de 9,8 milliards d’euros annoncé vendredi par le groupe pour son troisième trimestre, en hausse de 20,5% par rapport à la même période de l’an dernier, était totalement conforme aux attentes des analystes, il apporte une importante confirmation : celle que Renault dispose d’une réelle capacité à fixer ses prix. C’était l’une des priorités de Renaulution, faire passer l’entreprise d’une stratégie de volume à une stratégie de valeur.

 

Pricing power

 

Or cette stratégie fonctionne, vu l’ampleur de la hausse du chiffre d’affaires enregistrée alors que les volumes, eux, reculent. Renault a vendu 481 000 véhicules au cours du troisième trimestre, soit 2,4% de moins qu’il y a un an à périmètre constant (ajusté pour refléter la cession de de la filiale russe Avitovaz et de Renault Russia, activités déconsolidées depuis le 1er janvier 2022).

L’ "effet prix" positif de 12,8 points enregistré par Renault sur le trimestre constitue même sa meilleure performance jamais atteinte dans ce domaine. Celle-ci reflète "notre politique commerciale centrée sur la valeur mise en place depuis deux ans : amélioration de la politique de prix, optimisation des remises commerciales et priorité aux canaux de distribution les plus rentables", a souligné Thierry Piéton, le directeur financier du constructeur automobile.

En matière de canaux de ventes, Renault a en effet délaissé – à raison - quelque peu le marché des flottes d’entreprises pour privilégier celui des particuliers, plus rentable : 70% des ventes du troisième trimestre l’ont été aux particuliers, en hausse de 6 points par rapport au troisième trimestre 2021, sur les cinq principaux marchés européens (France, Allemagne, Espagne, Italie, Royaume-Uni).

En parallèle, tout en gardant son caractère de constructeur généraliste, le groupe réalise une montée en gamme progressive. La part du segment C et des segments supérieurs augmente : elle atteint 41%, en hausse de cinq points sur le trimestre. Ce n’est pas rien, sachant que le segment C, celui des berlines compactes, est d’autant plus rémunérateur par rapport au marché des citadines qu’il est dominé en Europe par les déclinaisons de SUV. Dans le même temps, les ventes de véhicules électrifiées continuent de progresser, à 38% des ventes de la marque Renault.

 

Une marge opérationnelle de plus de 5%

 

Voilà qui explique la confirmation de l’objectif d’une marge opérationnelle de plus de 5% sur l’ensemble de l’année 2022, qui avait été relevé en juillet - après avoir été abaissé en pleine crise ukrainienne. Ce niveau de rentabilité place Renault au milieu du guet : en avance de trois ans sur son objectif initial, mais encore loin de ses concurrents Stellantis ou Volkswagen, qui évoluent plusieurs classes au-dessus (avec des marges de 14,1% et 9,7% respectivement au premier semestre).

Poursuivre son redressement s’appuiera bien évidemment sur l’alliance avec son partenaire japonais Nissan, dont la structure capitalistique pourrait prochainement évoluer, sous l’œil attentif de l’Etat français. Actionnaire de Renault à hauteur de 15%, celui-ci "soutiendra tout mouvement, toute évolution qui est de nature à renforcer" le constructeur automobile "et à donner un nouvel élan à l'alliance", a déclaré vendredi Alexis Zajdenweber, directeur général de l'Agence des participations de l'Etat (APE), lors d'une conférence de presse.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article