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Entreprises / Actions / Saint-Gobain / effet prix / écart prix-coûts / construction / rénovation / construction neuve / Benoit Bazin

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Saint-Gobain / effet prix / écart prix-coûts / construction / rénovation / construction neuve / Benoit Bazin

Saint-Gobain se joue de l’inflation galopante / La hausse de ses coûts dépassera 3 milliards d’euros cette année

Saint-Gobain continue de viser une nouvelle progression de son résultat d’exploitation cette année en dépit de l’envolée de ses coûts d’énergie et de matières premières.  
Benoit Bazin, directeur général de Saint Gobain - Bruno LEVY/CHALLENGES-REA
Benoit Bazin, directeur général de Saint Gobain - Bruno LEVY/CHALLENGES-REA

Augmenter ses prix sans faire fuir les clients, afin de compenser une poussée inflationniste des coûts qui s’inscrit dans la durée et préserver ses marges. C’est le défi auquel Saint-Gobain continue pour le moment de répondre, comme en atteste la croissance organique de ses ventes 13,4% au troisième trimestre, décomposée entre un effet prix de 15%, et une légère érosion des volumes de -1,6%. Le chiffre d’affaires de l'entreprise s'est établi à 12,9 milliards d’euros sur le trimestre écoulé, contre 10,8 milliards d’euros un an plus tôt.

En tant que premier fabricant mondial de matériaux de construction et grand consommateur de matières premières et d’énergie, Saint-Gobain subit logiquement la crise inflationniste. Et la une facture est de plus en plus salée : le groupe dirigé par Benoît Bazin estime désormais que la hausse de ces deux grands postes de dépenses sera "légèrement supérieure à trois milliards d’euros" en 2022 par rapport à 2021, a-t-il indiqué jeudi. Il y a trois mois, en juillet, Saint-Gobain avait évalué cette augmentation à "près de trois milliards d’euros".

 

Couvertures

 

A elle-seule, la facture énergétique de Saint-Gobain devrait s’élever à près de 2,5 milliards d’euros en 2022. Pour se prémunir en partie de l’évolution des prix de l’énergie, le groupe dispose de couvertures pour le gaz naturel et l’électricité, à hauteur d’environ 80% de ses besoins pour l’année 2022 et de 60% pour l’année 2023. Pour ses principales activités manufacturières qui utilisent du gaz en Europe, le groupe travaille aussi à diminuer sa consommation d’énergie ou à fonctionner avec une énergie alternative : fioul ou diesel dans le vitrage, électricité dans l’isolation.

Mais surtout, l’entreprise s’efforce de négocier intelligemment avec ses clients. "Le groupe continue, partout où il le peut, à mettre en place de façon proactive des mesures d’accompagnement de ses clients, en termes d’information anticipée, de compréhension et de visibilité sur l’évolution des tarifs, d’extension de durée de validité des devis, d’octroi des meilleures conditions de crédits, et de niveaux de stocks nécessaires pour assurer une bonne qualité de services et d’approvisionnement", explique-t-il.

La stratégie paye visiblement. La baisse des volumes de ventes de 1,6% "montre une plus grande résistance par rapport à nos estimations", note le bureau d’analystes Stifel, qui anticipait un recul des volumes de 2,5%, tandis que le consensus des analystes prévoyait que la baisse atteindrait 2,7%. "Le Royaume-Uni a été le marché le plus faible, avec le Brésil et la Chine" mais "la bonne nouvelle est que le marché de la rénovation, en particulier en France, semble se maintenir", poursuit le courtier.

 

Renégociations clients

 

Par ailleurs, le chiffre d’affaires des solutions de haute performance (SHP), en hausse de 19,4%, "a largement dépassé nos attentes" ajoute Stifel. Un domaine qui concerne non seulement la construction mais aussi la mobilité, Saint-Gobain étant un acteur clé de la transition du marché automobile. En particulier, le groupe est numéro un du marché des vitrages pour les véhicules électriques. L’activité mobilité a ainsi bondi de 27,8% au troisième trimestre, notamment portée par un rattrapage des prix de vente "grâce à la forte priorité donnée aux renégociations avec les clients", a indiqué le groupe.

L’écart prix-coûts est le nerf de la guerre. Et l’attention portée par la direction de l’entreprise à ce qu’il demeure positif augure favorablement de la rentabilité. Saint-Gobain a ainsi confirmé viser une nouvelle progression du résultat d’exploitation en 2022 par rapport à 2021 à taux de change comparables. Le groupe s’est montré plus précis auprès des analystes, indiquant continuer à s’attendre à "une marge à deux chiffres". De quoi "rassurer à court terme sans pour autant répondre au manque de visibilité sur 2023", remarque Oddo-BHF.

Le groupe a donné peu d'indications pour l’année prochaine. Si la rénovation devrait rester résiliente, le ralentissement du marché de la construction neuve, auquel le groupe est exposé à hauteur d’environ 30% de son activité, est appelé à se poursuivre.

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