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Saint-Gobain / CAC 40 / Résultats / Benoit Bazin
Une année historique pour Saint-Gobain
La crise sanitaire et l'urgence climatique, qui ont fait s'envoler les rénovations de logements, notamment énergétiques, ont également été un moteur pour Saint-Gobain, qui a fait état jeudi d'un résultat d'exploitation record en 2021. Le groupe français de matériaux de construction a enregistré l'an dernier des ventes en progression de 14 % par rapport à leur niveau avant la pandémie en 2019 : elles atteignent 44,16 milliards d'euros, un record dans son histoire. Son résultat net courant a atteint 2,8 milliards, en hausse de 98 % sur un an et de 50 % sur deux ans. “Nous avons battu les records financiers historiques du groupe”, s’est félicité le directeur général du groupe, Benoît Bazin.
Ces résultats, Saint-Gobain les doit à sa stratégie de transformation lancée en 2018, avec notamment l’optimisation de son portefeuille d’activités : cession d’actifs réalisant 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, acquisitions de nouvelles activités pesant autant. Le groupe s’est également félicité d’avoir su compenser l'impact de l'inflation en augmentant ses prix. Vendre des produits indispensables sur un marché en forte croissance a constitué un véritable avantage et une opportunité pour le groupe de pouvoir augmenter les prix. Le propriétaire des marques Celotex et Lapeyre a bénéficié fortement du dynamisme du secteur de la construction aux États-Unis et en Asie et de son exposition au marché européen de la rénovation. Avec ces résultats, Saint-Gobain confirme son pouvoir d’augmenter ses prix à la hauteur de l’inflation subie sur ses achats de matières premières.
La Commission européenne a appelé les pays de l'UE à utiliser le fond de relance économique de 750 milliards d'euros pour rénover les bâtiments afin de réduire la consommation d'énergie, alors que la flambée des prix a ralenti la production industrielle en Europe et fait grimper les factures des ménages. "Si aujourd'hui, on avait bien rénové tous les bâtiments en Europe, on ne serait pas dépendant du gaz russe et on ne serait pas dépendant d'un baril de pétrole à 100 dollars", a déclaré à la presse le directeur général Benoit Bazin, faisant allusion à l'invasion de l'Ukraine par la Russie. "D'une certaine façon, à moyen terme, je pense que ça va forcer tous les gouvernements à aller vers l'énergie verte et à décarboner, isoler les bâtiments publics et privés à toute vitesse", a-t-il ajouté. Benoit Bazin a également indiqué que l'UE avait estimé que 35 millions de bâtiments devaient être rénovés d'ici 2030 pour atteindre l'objectif européen de neutralité carbone à l'horizon 2050.
"Dans un contexte de marchés structurellement porteurs, le groupe vise une nouvelle progression du résultat d'exploitation en 2022 par rapport à 2021 à taux de change comparables", a indiqué Benoit Bazin, sans donner de cible chiffrée. Par ailleurs, Saint-Gobain a annoncé vouloir verser un dividende de 1,63 euro (+23 %) au titre de 2021 et engager un programme de rachat d'actions d'au moins 400 millions d'euros en 2022.
Les investisseurs ont salué l'ensemble de ces éléments. Le titre a terminé en hausse de 6,3% vendredi.
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