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Saint-Gobain / Standard & Poor's / S&P / Benoit Bazin

Saint-Gobain récompensé par Standard & Poor's / La stratégie durable et rentable du géant des matériaux confortée

Standard & Poor’s vient de relever sa note à long terme sur Saint-Gobain à "BBB+". Un premier mouvement depuis longtemps qui vient attester du bien fondé de la stratégie menée par le fabricant de matériaux de construction, largement repositionné sur les marchés structurellement en croissance de la construction durable.
Benoit Bazin, le directeur général de Saint-Gobain - Bruno LEVY/CHALLENGES-REA
Benoit Bazin, le directeur général de Saint-Gobain - Bruno LEVY/CHALLENGES-REA

Une longue parenthèse. Près de quatorze ans après avoir vu sa note à long terme dégradée à "BBB" par Standard & Poor’s (S&P) à l’été 2009, à la suite de la grande récession de 2008, Saint-Gobain vient de récupérer son "BBB+", se voyant recompensé après des exercices 2021 et 2022 records.

Le groupe français de matériaux de construction dirigé par Benoit Bazin a dépassé l’an dernier le cap des 50 milliards d’euros de chiffre d’affaires, la barre des 7 milliards d’euros d’excédent brut d’exploitation (Ebitda), ainsi que celles des 5 milliards d’euros de résultat d’exploitation et des 3 milliards d’euros de résultat net courant.

Les solides performances enregistrées au cours des deux dernières années par l'entreprise ont été soutenues par "une solide gestion des prix et des coûts" souligne d'une part S&P. Mais pas seulement. D'autre part, Saint-Gobain n'aurait pas atteint de tels niveaux de résultats sans la "demande résiliente à long terme" dont il bénéficie "grâce à la réussite des réalignements de son portefeuille, notamment vers les besoins de décarbonisation des bâtiments", salue aussi l'agence.

 

Croissance et impact

 

Depuis 2018, le groupe a rééquilibré son empreinte géographique au profit de l’Amérique du Nord et des pays émergents, qui représentent désormais 62% de ses résultats. Il a aussi dans le même temps largement remanié son portefeuille d’activité. Il s’est renforcé sur le segment de la rénovation, qui représente désormais 50% de son chiffre d'affaires, en mettant l’accent en particulier sur la rénovation énergétiquement efficace. Une tendance qui s’est accélérée avec le plan stratégique "Grow & Impact" lancé à l’automne 2021, visant à faire de Saint-Gobain le leader mondial de la construction durable tout en accélérant sa croissance rentable.

Ce plan a amplifié les rotations stratégiques du portefeuille afin de mieux positionner Saint-Gobain sur les segments les plus à même de contribuer aux objectifs d'économies d'énergie et de décarbonation du secteur du bâtiment. Que ce soit au travers de l’offre de produits pour l'isolation des bâtiments par l’intérieur (laine de verre, les systèmes de plaques de plâtre) ou l’extérieur (double vitrage et bardage), ou pour la réduction de la teneur en ciment grâce à la chimie du bâtiment.

Et ce grâce à une stratégie active d'acquisitions tout autant que de cessions. En tout, le groupe a réalisé une rotation d'environ un tiers de ses ventes depuis 2018.

 

Une stratégie d’acquisitions disciplinée

 

L’an dernier, Saint-Gobain a acquis l'entreprise familiale canadienne Kaycan spécialisée dans les revêtements de façade, pour 1 milliard de dollars. Avec le rachat en septembre de l’américain GCP Applied Technologies, il a aussi mis la main sur un leader mondial de la chimie de la construction aux activités très complémentaires de celles de Chryso, autre spécialiste de la chimie de la construction acquis lui en 2021. Les deux ont offert " à la fois un potentiel de synergies et un accès important au marché final des infrastructures, qui fait preuve d'une relative résilience face aux vents contraires économiques", souligne S&P.

Par ailleurs, les multiples payés par Saint-Gobain lors de ces transactions ont été "assez raisonnables, reflétant l'approche disciplinée de la direction en matière d'acquisitions", observe l’agence. Dans le même temps, le groupe a cédé des actifs importants, principalement des activités sous-performantes, à faible marge ou à forte consommation d'énergie, y compris pour certains actifs de distribution, de transformation du verre ou d'activités céramiques. 

Mais, si le groupe a su "redéployer favorablement son capital en termes d'exposition géographique et aux marchés finaux ", il n'en demeure pas moins qu’une partie importante de son activité "reste exposée aux marchés finaux plus volatils de la construction neuve et de l’industrie", note S&P. Après l’Ebitda record de 7,1 milliards d’euros de 2022, l’agence de notation anticipe cette année une contraction. Pour tenter d'anticiper la tendance, les investisseurs guetteront d’éventuelles indications sur les perspectives à l'occasion de la publication prévue ce jeudi du chiffre d’affaires du premier trimestre 2023 de l'entreprise.

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