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Renault / Standard & Poor's / Luca de Meo
Standard & Poor's attend les détails de la scission de Renault
Le redressement de Renault s’est révélé si rapide et spectaculaire que l’on pourrait penser le constructeur automobile revenu à une situation financière florissante.
A n’en pas douter, le groupe a retrouvé une bonne santé, illustrée par les résultats semestriels très supérieurs aux attentes publiés fin juillet. Le plan stratégique de la dernière chance Renaulution lancé par Luca de Meo, a produit des effets massifs. On ne parle plus de l’éventuelle faillite de Renault mais du formidable élan insufflé par cette feuille de route sur laquelle le constructeur a d’ailleurs pris de l’avance.
Aux yeux des agences de notation cependant, il reste du chemin à parcourir. Pour le moment, aucune n’a souhaité relever la note du constructeur, qu’elles avaient toutes reléguée en catégorie spéculative il y a un peu plus de deux ans.
Certes, "le désendettement s'est accéléré par rapport à nos prévisions précédentes", mais "il y a un manque de visibilité concernant les implications de crédit de la révision stratégique imminente de Renault en ce qui concerne la séparation de son activité de véhicules électrique de l'activité traditionnelle à moteurs thermiques et ses effets potentiels sur l'Alliance [avec Nissan et Mitsubishi]", pointe notamment Standard & Poor’s dans une récente note.
L’agence, dont la notation de long terme "BB+" sur Renault n’a pas bougé depuis qu’elle l’avait dégradée en avril 2020, attend davantage de détails sur l’opération de scission envisagée avant de l’intégrer dans son "scénario de base".
A ce sujet, le groupe avait annoncé en avril que "toutes les options étaient sur la table", dont une possible introduction en Bourse de ses véhicules à batterie au second semestre 2023. Tandis que le constructeur planche sur la création de ces deux entités et ses modalités, les yeux des observateurs sont donc tournés vers la journée investisseurs prévue à l'automne, le constructeur ayant indiqué qu'il donnerait plus de détails à cette occasion.
Autre point soulevé par Standard & Poor’s, la "plus grande incertitude quant à l'évolution des conditions du marché automobile en Europe en 2023" dans le contexte de détérioration de l’environnement macroéconomique, qui pourrait "pourrait empêcher de nouvelles améliorations des marges". Un point de vue d’ailleurs partagé par les analystes de Barclays, pour qui "les nuages qui s'amoncellent à l'horizon européen pourraient facilement faire dérailler son plan de redressement", menaçant les volumes et les prix.
A court terme en revanche, la dynamique est franchement positive, comme l’illustre le bond de 10,8% en juillet des ventes de la marque au losange sur un marché français pourtant en net repli. En matière de rentabilité, au vu des résultats semestriels meilleurs qu’attendu du premier semestre, Standard & Poor’s vient de relever ses estimations de l’année en cours pour le constructeur. L’agence prévoit désormais que Renault dégagera une marge opérationnelle d’environ 7%, contre 5% à 6% anticipé auparavant. Elle estime notamment que le surcroît d’inflation des coûts en 2022 "sera entièrement compensé par les effets de mix-prix favorables en cours, en raison des augmentations de prix introduites en début d'année combinées à l'impact des lancements de nouveaux modèles".
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