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Les finances de la SNCF en voie d’amélioration ?
Avec la fin de la crise pandémique, le gouffre financier de la SNCF inspire-t-il moins d’inquiétude ? Une certitude : les voyages en train semblent sur le chemin du retour à la normale. Alors qu’en 2021, la crise avait eu impact de 4,1 milliards d’euros sur le chiffre d’affaires dont plus de 80 % sur l’activité TGV, Standard & Poor’s (S&P) prévoit "une solide reprise des volumes de trafic voyageurs longue distance et grande vitesse en 2022 pour la SNCF". Sur ce segment, l’agence de notation anticipe "un rebond du chiffre d'affaires à environ 85%-90% des niveaux de 2019, contre 60% en 2021, et à près de 100 % en 2023".
Une tendance qui permet d'envisager le profil de crédit de l'entreprise sous un oeil moins défavorable. S&P a relevé jeudi sa perspective sur la note de crédit de la SNCF de "négative" à "stable". Bien sûr, cette perspective stable reflète en partie la propre perspective de la France, l’Etat actionnaire détenant 100% de l’opérateur ferroviaire historique. Mais elle découle aussi d’une situation financière qui tend à s’améliorer.
Plan d’économies et faible temps de travail
Selon S&P, le regain d’activité dans le trafic de voyageurs, combiné à la croissance attendue des activités de logistique, aux couvertures partielles mises en place contre les augmentations de coûts et au plan d'économies, "devraient atténuer les effets de l'environnement inflationniste actuel et maintenir le ratio des fonds provenant de l'exploitation (FFO) sur la dette au-dessus de 9% en moyenne en 2022-2024, contre environ 6% en 2021".
Le groupe mène depuis 2016 un plan de performance et d'économies visant l’adaptation de ses frais de structure et de fonctionnement, la réduction des charges industrielles et des coûts projets, ainsi que le report des projets non essentiels. La SNCF estime que ces mesures lui ont assuré des gains de performance de 1,9 milliard d’euros en 2021, après 2,5 milliards d’euros en 2020. Un effort significatif, bien que probablement en deçà des besoins, selon le diagnostic peu amène que la Cour des comptes avait dressé dans un rapport publié fin 2021. Celle-ci pointait "une organisation source de surcoût", "la rigidité de [l’]organisation, la faiblesse du temps de travail pour certains métiers et l’insuffisante polyvalence des agents", le tout "conduis[ant] à une productivité bien inférieure à celle des principales entreprises du secteur des travaux publics".
35 milliards de reprise de dette
La viabilité de l’entreprise, qui - outre son déficit de productivité - fait face à d'importantes dépenses de modernisation et de régénération du réseau, ne s'imagine pas sans le soutien des pouvoirs publics de toute façon. En 2018, la réforme ferroviaire avait prévu la reprise de 35 milliards d’euros de dette de SNCF Réseau par l’Etat. La loi de finance pour 2020 avait entériné la reprise d’une première tranche de dette à hauteur de 25 milliards d’euros au 1er janvier 2020. La reprise de la seconde tranche est intervenue début 2022. Ce soutien, ainsi qu’une injection de capital de 4,1 milliards d'euros reçue en réponse à la pandémie de Covid-19, "permettront le désendettement attendu", estime ainsi S&P.
La cession de la société de location de wagons et de citernes Ermewa en octobre 2021, avait par ailleurs permis une réduction de 3,2 milliards d'euros de la dette nette. "Tous ces facteurs, auxquels s'ajoute l'engagement financier de la SNCF d’atteindre l’équilibre de son free cash-flow positif en 2022, soutiennent notre trajectoire de désendettement", ajoute l’agence de notation. S&P prévoit que le levier financier (ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation ou Ebitda) de la SNCF pourrait revenir autour de 6,5 à 7 fois sur la période 2022-2024, contre 10,2 fois en 2021. Un chiffre pas très éloigné de l'objectif de l'entreprise d’un levier inférieur à 6 fois d'ici 2023.
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