Fusions, Acquisitions / Blablacar / Ouibus / SNCF
Fusions, Acquisitions
Blablacar / Ouibus / SNCF
L’incroyable machine à créer de la valeur de BlaBlaCar
SNCF Mobilités, l’une des filiales de la SNCF, a annoncé hier la vente de Ouibus, son activité de "cars Macron" à BlaBlaCar, qui est le numéro un européen du covoiturage regroupant une communauté de 65 millions d’utilisateurs. Cette opération donne naissance à la création d’un nouveau leader des nouveaux modes de transport. Puisque de son côté Ouibus transporte chaque année 12 millions de personnes, même si la société est déficitaire (35 millions d'euros de pertes) en 2017.
Afin de financer cette acquisition, BlaBlaCar a procédé à une levée de fonds réservée à la SNCF d’un montant de 101 millions d’euros. La dernière grosse levée de fonds de BlaBlaCar remonte au 17 septembre 2015, date à laquelle la société a récolté 200 millions de dollars auprès de cinq investisseurs menés par Insight Venture Partners et Lead Edge Capital avec la participation de Vostok New Ventures.
Au total depuis sa création en 2006 par Frédéric Mazzella, Nicolas Brusson et Francis Nappez, BlaBlaCar a levé 400 millions d’euros en six épisodes différents. Et si la société a privilégié la croissance externe et la multiplication des implantations géographiques sur les contraintes financières, elle devrait afficher ses premiers bénéfices cette année selon les informations de WanSquare. Avec un modèle économique simple qui consiste à prélever une commission de 20 % sur chaque course opérée par deux passagers que la plate-forme a mis en relation.
Ce n’est un secret pour personne que le lancement des cars Macron en 2016, puis 2017 a porté un coup à l’activité de BlaBlaCar qui opère donc aujourd’hui sa revanche en rachetant le leader du secteur. C’est ce qui a fait qu’en 2016 cette "licorne" était valorisée 1,4 milliard d’euros, alors qu’aujourd’hui elle n’en vaudrait plus que 1,2 milliard. Le fonds suédois Vostok New Ventures - entré en 2015 avec 9,3 % des parts - a décidé, en août dernier de déprécier la valeur de ses 7 %, à 110,5 millions d'euros.
De fait BlaBlaCar a beaucoup retravaillé son algorithme, qui est désormais capable de définir de nouveaux points de contact entre chauffeurs et passagers, plus proches des domiciles, en prenant en compte l'adresse de chacun, afin que les utilisateurs n'aient plus besoin de se retrouver sur un nœud routier. BlaBlaCar a aussi lancé le service BlaBlaLines, une application dédiée au covoiturage domicile-travail. Les conducteurs indiquent leur trajet quotidien, puis l'algorithme leur trouve des passagers partageant la même destination, organise le rendez-vous et calcule le tarif en fonction d'un barème au kilomètre. Le partenariat signé avec Google permet aussi d'intégrer directement une solution BlaBlaCar parmi d'autres propositions d'itinéraires sur Google Maps.
Et même si l’entreprise est repartie sur un nouveau modèle de croissance, et affiche enfin des bénéfices, il n’est pas question pour elle de viser la cotation à moyen terme. Elle n’a pas eu besoin de la bourse pour créer de la valeur et pour multiplier par trois sa valorisation en l’espace de huit ans.
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