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Le mauvais geste d'adieu de Pépy à la SNCF

Evenements / SNCF / Alstom / Guillaume Pépy / Jean-Pierre Farandou

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Le mauvais geste d’adieu de Pépy à la SNCF

Guillaume Pépy a désormais un successeur en la personne de Jean-Pierre Farandou, un véritable homme du rail. Juste avant la nomination de son successeur il a signé une commande de 28 trains intercités à l’espagnol CAF, alors qu’Alstom était le mieux-disant.
Guillaume Pepy - SNCF
Guillaume Pepy - SNCF

Quelques heures avant que l’Élysée annonce la nomination de Jean-Pierre Farandou, l’actuel patron de Keolis, à la tête de la SNCF, en remplacement de Guillaume Pépy, ce dernier s’est autorisé un geste à la fois discourtois à l’égard de son successeur et contestable sur le plan industriel. Puisqu’il a signé hier après-midi le bon de commande de vingt-huit rames automotrices Intercités au constructeur espagnol CAF. Ces trains de moyenne et longue distance sont destinés à remplacer les vieux trains Corail, sur des lignes Paris-Clermont-Ferrand et Paris-Limoges-Toulouse, qui enregistrent des retards permanents à cause de problèmes de matériel.

Cette commande pose trois problèmes. D’abord, elle est plus que discourtoise pour son successeur qui avait peut-être, voire même sans doute, une autre analyse de la situation et qui, devant gérer la réception de ces trains, avait de toute façon son mot à dire.

Ensuite, cette commande devait revenir tout naturellement à Alstom qui présentait la meilleure offre à la fois financière et technique, selon les spécialistes. Au moment où le pays entier se bat pour que les bassins d’emplois de l’Est de la France ne subissent pas trop de dégâts, dans le sillage du plan de réduction d’effectifs de General Electric, il aurait été naturel de confier à notre champion national cette commande de trains. D’autant que la SNCF, n’est qu’un bras armé de la puissance publique.

Enfin, dans un univers concurrentiel accru récemment par le rachat incompréhensible de l’allemand Vossloh par le chinois CRRC qui a mis hors de lui Bruno Le Maire, le ministre de l’ Economie, la décision de Guillaume Pépy de désavantager Alstom au profit d’un groupe espagnol dont le savoir-faire n’est pas reconnu par tous est incompréhensible. Le contribuable français, via la SNCF, n’a pas à subventionner un petit constructeur espagnol alors que nous avons la chance de bénéficier des technologies et des avantages du français Alstom.

Alors bien sûr, à la SNCF on explique qu’une partie de ces trains seront construits sur le site de CAF, à Bagnères-de-Bigorre, dont les effectifs passeraient de 100 à 350 salariés. Mais au moment où l’on ne cesse de parler de concurrence déloyale, de protection de nos intérêts et de vivacité de notre industrie, la décision de Guillaume Pépy, prise dans le secret de son cabinet est insupportable. Ni les usagers de la SNCF, ni les fournisseurs ne regretteront ce patron qui avait oublié qu’il était au service de la France et des Français.

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