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Taux - Dette Souveraine / Italie / S&P

Taux - Dette Souveraine
Italie / S&P

L'Italie a passé le test des agences de notation, pour l'instant

S&P n'a pas dégradé la note italienne vendredi soir mais revu à la baisse la perspective du pays. Le risque de voir les titres relégués en catégorie junk bonds est donc écarté, du moins à court terme. Reste à attendre le verdict de Bruxelles, qui pourrait être plus sévère que ce qu'anticipe le gouvernement populiste.
Rome - Italie - Colisée
Rome - Italie - Colisée

L'Italie tirée d'affaire ? Ce serait aller un peu vite en besogne, même si certains analystes recommandent déjà de retourner sur les titres du pays, maintenant que les trois principales agences de notation ont rendu leur verdict. S&P était en effet la dernière des agences à donner son avis sur la qualité de la dette du pays vendredi soir : et si elle a maintenu la note italienne à BBB, elle a en revanche abaissé sa perspective de stable à négative, estimant que la politique économique et budgétaire du gouvernement pesait sur "les perspectives de croissance du pays".

Un avis moins sévère que Moody's qui, une semaine plus tôt et pour les mêmes raisons, avait dégradé d'un cran la note du pays, de Baa2 à Baa3, la situant au dernier cran de la catégorie "investment grade" et à un cran seulement de la catégorie spéculative. Fitch avait entamé le bal fin août en abaissant également la perspective du pays de stable à négative. 

Le risque de voir le pays passer en catégorie "junk bonds", redouté par de nombreux investisseurs, est donc écarté, du moins pour quelques mois. Un tel cas de figure aurait effectivement automatiquement contraint nombre d'entre eux de se débarrasser de leurs titres italiens et amplifié le mouvement de hausse des taux italiens. Ce matin donc, le rendement des obligations du pays à dix ans était en baisse de 3,11% et les titres s'échangeaient autour de 3,33% contre 3,58% le 14 octobre dernier, au lendemain de la décision de Moody's. Rappelons qu'en avril dernier, avant que le mouvement Cinq Étoiles et La Ligue du Nord n'arrivent en tête des élections, le taux du dix ans italien était encore de 1,73 % seulement. 

ll serait cependant prématuré pour un investisseur de miser sur une hausse du prix des obligations (et donc une baisse des taux) à court et moyen terme. D'une part parce que lorsqu'une agence abaisse la perspective d'un pays, cela signifie qu'elle se garde le droit de réajuster sa note dans les six mois suivants, en fonction de l'évolution budgétaire et politique de l'État. Fitch et S&P pourraient donc de nouveau sévir d'ici le printemps.

D'autre part, le gouvernement populiste attend encore la décision de la Commission concernant son budget, que Bruxelles a rejeté la semaine dernière et que les autorités du pays ont pour l'instant refusé de réajuster. L'Italie a jusqu'au 13 novembre pour présenter une nouvelle version de son budget. Certes, la Commission a déclaré qu'elle favoriserait le dialogue avec le pays. Mais elle ne pourra cependant pas laisser passer un tel budget (le déficit va augmenter à 2,4% du PIB cette année contre 0,8% initialement annoncé), sous peine de se décrédibiliser en tant que gardienne du sérieux budgétaire en Europe. Dans ce cas, elle pourrait décider d'enclencher la procédure de déficit excessif. Et punir le pays d'une amende allant jusque 0,5% de son PIB. La décision de Bruxelles d'enclencher la procédure aura donc un impact important sur les taux du pays. 

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