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Renault / Standard & Poor's / Moody's / Fitch Ratings / Ampère / Luca de Meo

Renault améliore sensiblement son profil de crédit / Le défi électrique sera déterminant pour quitter la catégorie spéculative

Les progrès accomplis par Renault pour redresser sa rentabilité et les mouvements capitalistiques liés à sa stratégie et à l’évolution de son alliance avec Nissan sont bien perçus par les agences de notation. Même si Fitch et Standard & Poor’s n’en sont pas encore à remonter la note du constructeur en catégorie investissement. Le pari de la filiale électrique Ampere reste à réussir.
Fitch Ratings a relevé sa note sur Renault - James LEYNSE/REA
Fitch Ratings a relevé sa note sur Renault - James LEYNSE/REA

Le redressement au pas de charge de Renault mené par Luca de Meo ne réjouit pas que les actionnaires. Les agences de notations mesurent également le chemin parcouru depuis la crise sanitaire 2020, lorsque le soutien de l’Etat via un PGE (prêt garanti par l’État) de 5 milliards d’euros s’était avéré "indispensable" selon la Cour des comptes à la continuité de l’activité du groupe.

Fitch Ratings a ainsi relevé vendredi la note du constructeur automobile de "BB" à "BB + ". Ce que l’agence justifie tout à la fois par le renforcement de la rentabilité de l’entreprise et la plus grande flexibilité de son bilan après la récente mise à jour de son plan stratégique.

 

Meilleure perspective

 

Ce faisant, Fitch rejoint ainsi la note assignée à Renault par son homologue Standard & Poor’s, qui a lui relevé il y a quelques jours sa perspective, de "négative" à "stable". Meilleurs qu’attendu, les résultats 2022 du groupe profitent des "mesures prises par Renault pour réduire son seuil de rentabilité, ainsi que d’autres réductions de coûts et d’une gestion proactive de son mix-produits et de ses prix", note S & P. Ce qui devrait permettre au constructeur de "maintenir une rentabilité et un cash-flow améliorés dans des conditions industrielles plus difficiles en 2023", estime l’agence..

En termes de rentabilité, Renault a fait remonter la marge opérationnelle de ses activités automobiles à 3,3 % l’an dernier, et même à 4,2 % au second semestre. Selon Fitch, Renault peut désormais maintenir cette marge autour de 4 % en moyenne au cours des quatre prochaines années. Un avenir proche au cours duquel le groupe a l’ambition de changer de dimension sur le marché de la voiture électrique avec sa future filiale dédiée baptisée Ampere.

 

Transition électrique expresse

 

L’introduction en Bourse d’Ampere, prévue au second semestre 2023, est censée financer une partie des développements. Et si la réduction à venir de la participation de Renault dans Nissan peut alimenter quelques doutes sur le leadership de l’alliance et la volonté des deux partenaires, bientôt égaux, de la faire vivre efficacement sur la durée, elle comporte elle aussi un intérêt.

"L’introduction en Bourse d’Ampere et la vente potentielle d’actions Nissan fournissent une réserve de trésorerie, qui à vocation selon nous, à être affectée principalement aux investissements pour une transition électrique rapide", souligne Fitch, saluant la prudence de cette approche

C’est important car "la stratégie de Renault en matière de véhicules électriques devra être mise en œuvre rapidement afin de construire une position solide sur le marché dans un contexte de concurrence acharnée", prévient de son côté S & P. À l’échelle mondiale, Renault se positionne pour l’instant derrière Volkswagen, Stellantis et Volvo Cars dans la transition vers la mobilité électrique.

 

Catégorie spéculative

 

Or, poursuit S & P, "la capacité d’Ampère à établir une position solide sur le marché européen compétitif et hautement réglementé des véhicules électriques est essentielle pour son profil de crédit".

Renault doit ainsi encore franchir des obstacles pour prétendre à revenir dans la catégorie "investissement", alors que sa note actuelle de "BB + " le situe toujours dans la catégorie spéculative chez Fitch et S & P. Outre le défi Ampere, la notation de Renault est encore freinée à ce stade par la relative faiblesse de son cash-flow libre. Celui-ci risque d’être limité à moyen terme "par l’augmentation des dépenses d’investissement et des paiements de dividendes minoritaires, ainsi que par l’augmentation des coûts de financement en raison de l’environnement macroéconomique", prévoit Fitch.

De son côté, Moody’s avait relevé dès novembre la perspective de la note de crédit "Ba2" du constructeur automobile de "négative" à "stable".

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