Banques / Banques / Fitch Ratings / Société Générale / Crédit Agricole / BNP Paribas / la banque postale / BPCE
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Banques / Fitch Ratings / Société Générale / Crédit Agricole / BNP Paribas / la banque postale / BPCE
Les banques françaises élèvent leurs ambitions climatiques / Elle doivent encore réduire leur exposition aux secteurs à forte intensité de carbone
Les objectifs financiers et extra-financiers des banques françaises vont-ils de pair ? Si les performances financières sont logiquement mises en avant à l’occasion de la saison des résultats, les critères extra-financiers prennent de plus en plus d’importance sous la pression croissante des régulateurs, des investisseurs et du public.
Sur le plan financier, qu’il s’agisse de BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, de Crédit Mutuel ou encore de BPCE – La Banque Postale doit encore publier ses résultats le 27 février –, elles ont toutes fait preuve de solidité et dégagé d’importants bénéfices en 2022, tout en affichant des ratios de solvabilité très au-dessus des exigences réglementaires.
Dans le même temps, "les grandes banques françaises, à l'instar d'autres grandes banques européennes, ont récemment annoncé des objectifs ESG plus stricts", soulignent dans une note les analystes de Fitch Ratings. C’est le cas de la plus importante d’entre elles, BNP Paribas, qui a annoncé fin janvier qu’elle souhaitait atteindre un objectif de 40 milliards d’euros d'encours de financement de la production d’énergies bas carbone, essentiellement renouvelables, d’ici 2030. Sur la même période, la banque de la rue d’Antin veut réduire son encours de financement à l'extraction et à la production de gaz de plus de 30%. Il représentait 10,3 milliards d’euros au 30 septembre 2022.
Mais aussi, rappelle Fitch Ratings, "plus tôt cette année, Crédit Mutuel Alliance Fédérale s'est engagé à consacrer 15 % de son revenu net annuel au financement de projets de transformation environnementale et de solidarité". La banque mutualiste a lancé un concept de "dividende sociétal" qui mobilisera de l’ordre de 500 millions d’euros par an, dont la moitié seront investis dans un fonds à impact pour amplifier la transformation des modèles de production.
La Banque Postale sort du lot
L'agence de notation évoque aussi l'engagement pris l'an dernier par le Crédit Agricole de "réduire son exposition aux secteurs intensifs en carbone". La banque verte a effectivement précisé en décembre des objectifs intermédiaire d’émission de CO2 pour ses clients des secteurs du pétrole et du gaz, de l’électricité, de l’automobile, de l’immobilier commercial et du ciment pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Elle compte le faire pour cinq autres secteurs (le transport maritime, l’aviation, l’acier, l’immobilier résidentiel et l’agriculture) cette année.
Ajoutons que Société Générale a renforcé en octobre dernier ses objectifs climatiques pour 2025 et 2030. La banque rouge et noire s’est fixée pour objectif de réduire son exposition à la production de ces énergies fossiles de 20% à horizon 2025, comparée à 2019, au lieu d’une baisse de 10% envisagée précédemment.
Pour sa part, le groupe BPCE, conformément à ses engagements d’aligner la trajectoire de ses portefeuilles avec l’objectif de neutralité carbone en 2050, s’est, lui, engagé à la fin de l’année dernière à réduire de 30 % les émissions carbone liées à l’utilisation finale de la production financée de pétrole et de gaz entre 2020 et 2030.
Et parmi ses consœurs, la Banque Postale se distingue toujours par son exposition très faible au financement des secteurs du pétrole et du gaz dont elle s’est d'ailleurs engagée à sortir totalement d’ici à 2030. Elle a ainsi obtenu début février, pour la deuxième année consécutive, la notation A du CDP, l’organisation internationale de référence à but non lucratif en matière d’évaluation des stratégies climat des entreprises. En s’engageant à devenir zéro émission nette à horizon 2040 sur ses activités bancaires, elle est la seule banque française à obtenir cette reconnaissance du CDP en 2022 pour son engagement en faveur du climat.
La crédibilité en jeu
On ne peut ainsi reprocher aux banques françaises de manquer de volontarisme. "De tels engagements obligeront les grandes banques françaises à adapter leurs modèles économiques à la transition énergétique, ce que nous considérons comme une chose positive à moyen terme", souligne Fitch Ratings. L’agence met en garde cependant vis-à-vis de la tentation de fixer des objectifs qui seraient trop ambitieux ou trop vagues, ce qui "pourrait saper leur crédibilité" et donner lieu à ses accusations de greenwashing.
Pour l’heure, dans leur ensemble, "les banques françaises ont toujours une exposition importante aux prêts aux secteurs à forte intensité de carbone, tels que le pétrole et le gaz ou l'aviation et la construction aéronautique", observe-t-elle.
Elles ont ainsi tout intérêt à tenir leurs promesses, à la fois pour leur réputation, mais, aussi dans leur intérêt financier. En effet, explique Fitch Ratings, si jamais elles venaient à échouer à bien gérer leur risque de réputation environnementale sur des engagements non tenus, les banques françaises pourraient voir "augmenter [leurs] coûts de financement par rapport à leurs pairs davantage proactifs dans leur transition énergétique".
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