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Les banques françaises ne devraient pas beaucoup souffrir du déclassement de la France / Un risque jugé limité sur les ratios de capital
En abaissant fin avril d’un cran la note de la France de AA à AA-, l’agence Fitch Ratings a-t-elle fragilisé les ratios de capital des banques françaises ? La question peut se poser alors que les principaux établissements bancaires de l’Hexagone possèdent évidemment de la dette souveraine française dans leur bilan. L’exposition à la dette souveraine française des six plus grands groupes bancaires représentait en moyenne 30 % de leurs fonds propres de catégorie 1 (Common Equity Tier 1, CET1) à la fin de 2022.
Parmi ces établissements, c’est la Banque Postale dont l’exposition proportionnelle était la plus élevée, "principalement en raison de son large excédent de dépôts de détail par rapport à son portefeuille de prêts, ce qui a conduit à un portefeuille de titres proportionnellement plus important", explique d’ailleurs Fitch Ratings dans une note publiée cette semaine.
Et l’agence de rappeler que "les grandes banques détiennent également une exposition significative au risque souverain national par le biais de leurs portefeuilles d’assurance". Si l’on tient compte de cette exposition, le risque souverain moyen atteint même environ 80 % des fonds propres CET1, ce qui est considérable tout en restant en deçà de ce qui s’observe dans les banques d’Europe méridionale.
De fait, une augmentation des spreads souverains pourrait donc faire grimper les coûts de financement du marché pour les banques françaises. Heureusement, ces grandes banques " ont un accès solide et bien diversifié au financement de gros " et " la plupart d’entre elles ont déjà réalisé plus de la moitié de leurs plans de financement pour 2023", rassure Fitch. De plus, elles " pourraient adapter leurs plans, si nécessaire, pour atténuer les pressions sur les coûts de financement ", ajoute l’agence, pour qui l’exposition des banques françaises à l’État français pose donc "un risque limité pour leurs ratios de capital sains ".
Des marges de manœuvre importantes
S’agissant de l’impact du déclassement de la France sur la propre notation des banques françaises et leurs perspectives, Fitch Ratings est plus catégorique encore. "Les notes et les perspectives des banques françaises ne sont pas affectées par l’abaissement d’un cran de la note de la France", affirme l’agence. Ce qui a le mérite d’être clair.
La raison est que "dans la plupart des cas, les notes de viabilité (VR) des banques, qui reflètent leur solidité autonome et déterminent généralement les notes de défaut des émetteurs (IDR), disposent d’une marge de manœuvre importante". Dans ces conditions, Fitch Ratings ne pense donc pas que "l’abaissement de la note souveraine exacerbera les pressions sur la rentabilité auxquelles les banques sont déjà confrontées ou affaiblira de manière significative la qualité de leurs actifs".
De plus, l’abaissement de la note souveraine est essentiellement dicté par des considérations liées à la politique budgétaire, à des pressions sur les dépenses et à une dette publique élevée dans un contexte de hausse des coûts d’intérêt. Des facteurs qui ont un impact limité sur l’évaluation par Fitch de l’environnement opérationnel des banques françaises, qui dépend davantage des caractéristiques structurelles du système bancaire et des conditions macroéconomiques.
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