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Macro-économie / Taux / Fitch Ratings / Notation

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Fitch Ratings / Notation

France : Fitch Ratings ne croit pas au désendettement public d’ici à 2027 / Le gouvernement serait trop optimiste sur la croissance

Si l’agence de notation américaine s’est abstenue de dégrader à nouveau la note de la France, elle n’en demeure pas moins assez critique dans sa dernière analyse de la solvabilité de la puissance publique. À l’inverse du gouvernement, elle juge que le ratio d’endettement ne diminuera pas au cours des quatre prochaines années.
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances - Vincent Feuray / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances - Vincent Feuray / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

La passe de deux pour la France. Après Moody’s, c’est l’agence de notation Fitch Ratings qui n’a pas souhaité modifier la note souveraine de l’Hexagone (reflet de l’opinion de l’agence de notation quant à la capacité de la France d’honorer ses engagements financiers), alors qu’elle l’avait dégradée d’un cran (AA à AA-) au printemps dernier. La France est une économie "riche et diversifiée" qui peut s’appuyer "sur des institutions solides et efficaces et sur une stabilité macrofinancière reconnue", justifie Fitch Ratings, qui a assorti la note AA- d’une perspective stable.

Reste que, tout n’est pas rose dans le document publié par l’agence de notation américaine. "Les finances publiques, et en particulier le niveau élevé de la dette publique, constituent une faiblesse. L’impact de la pandémie et de la crise énergétique a laissé la dette publique nettement plus élevée que les années précédentes. Cette situation s’inscrit dans un contexte de niveaux d’endettement déjà élevés par rapport aux pays pairs et de progrès limités en matière d’assainissement budgétaire au cours des années qui ont précédé la pandémie", pointe Fitch Ratings.

Alors que Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, a fait du désendettement de la sphère publique un de ses objectifs prioritaires, Fitch Ratings estime que, rapportée au Produit intérieur brut (PIB), la dette publique hexagonale ne reculera pas d’ici 2027. Pour mémoire, tandis qu’elle s’établissait à 111,8 % fin 2022, l’exécutif prévoit de la faire décroître de 3,7 points d’ici à 2027, est-il inscrit dans la loi de programmation des finances publiques.

Fitch Ratings ne voit pas les mêmes choses du même œil, puisqu’elle anticipe que "la dette des administrations publiques augmentera à nouveau progressivement pour atteindre 111,9 % du PIB à la fin de 2027, soit environ 14,5 points de pourcentage de plus que le niveau d’avant la pandémie et près de 4 points de pourcentage de plus que les dernières projections du gouvernement". En cause ? Les prévisions de déficit public.

L’agence de notation américaine avance qu’en pourcentage du PIB, il atteindra 4,6 % en 2024 puis 4,2 % en 2025 quand le gouvernement attend respectivement les chiffres de 4,4 % et 3,7 %. "Notre prévision de déficit plus élevé reflète notre prévision de croissance plus faible et le risque que des économies non spécifiées ne soient pas réalisées", explique Fitch Ratings. Ce scepticisme quant à la trajectoire de désendettement public était déjà partagé par le Haut Conseil des finances publiques fin septembre, également pour des raisons afférentes à la progression de l’activité économique.

A noter que deux facteurs pourraient individuellement ou collectivement conduire Fitch Ratings à dégrader encore la France. D’une part, si étaient observées des "perspectives de croissance économique nettement plus faibles" et une "compétitivité affaiblie", d’autre part si se faisait jour "une augmentation importante et persistante de l’endettement public résultant de déficits publics plus élevés que prévu et d’une augmentation des rigidités budgétaires".

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