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Renault subit les craintes liées la stratégie agressive de Tesla / Une guerre des prix à relativiser

La guerre des prix dans laquelle semble s'être engagé l'américain Tesla inquiète les investisseurs au moment où Renault est en pleins préparatifs pour lancer sa nouvelle entité électrique Ampère . Le risque pourrait s'avérer exagéré cependant, notamment du fait d'un marché où l'offre reste de toute façon inférieure à la demande.
L'introduction en bourse de l'entité électrique Ampere de Renault reste prévue au second semestre 2023 - Laurent GRANDGUILLOT/REA
L'introduction en bourse de l'entité électrique Ampere de Renault reste prévue au second semestre 2023 - Laurent GRANDGUILLOT/REA

Quelle sera la rentabilité d'équilibre des véhicules électriques pour les constructeurs ? L'inquiétude est palpable alors que l'américain Tesla, numéro un mondial des ventes de véhicules électriques, ne cesse de baisser ses prix depuis la fin de l'année dernière ce qui fait pression sur ses marges .

L'enjeu est d'importance pour Renault qui s'apprête à ouvrir une nouvelle page de son histoire avec la scission à venir de son entité transformée à l'électrique, Ampère. Celle-ci doit rassembler 10  000 salariés en France pour produire un million de véhicules à horizon 2031. Or, l' inquiétude est palpable. En Bourse, l'action du constructeur français vient de perdre près de 10  % en deux jours, et sa capitalisation est repassée sous les 10  milliards d'euros.

Les affaires du groupe vont pourtant bien. Sur la prise de son redressement qui s'est traduit par une reprise de ses marges plus rapide que prévu l'an dernier , son chiffre d'affaires publié jeudi s'est élevé à 11,5  milliards d' euros contre 8,9  milliards d' euros pour la période correspondante de 2022, soit une hausse de près de 30  %, supérieure aux anticipations. Le consensus des analystes interrogés par FactSet se situait à 10,49  milliards d'euros.

 

Registre des carnets de commandes

 

Pour la suite, le groupe a aussi indiqué que son carnet de commandes en Europe restait à un niveau record en valeur absolue. Il représentait 3,3 mois de ventes à fin mars 2023. Quant à la rentabilité, l’entreprise dirigée par Luca de Meo vise toujours cette année une marge opérationnelle supérieure ou égal à 6%, supérieure à celle de 5,6% de 2022.

Cependant, encore convalescent, Renault est le plus petit et le plus faible des constructeurs automobiles européens grand public, ce qui en fait le plus vulnérable si la guerre des prix dans l'électrique vient à s'intensifier. Ce que les investisseurs ont bien compris. En comparaison, l'action Stellantis, groupe aux 14 marques, ne perd "que" 7  % depuis jeudi, tandis que le géant allemand Volkswagen cède un peu plus de 3  %.

Face à cette situation, Renault se veut néanmoins rassurant. Le directeur financier de Renault, Thierry Piéton, a indiqué jeudi que le groupe n'avait pas l'intention de baisser le prix de son produit phare, la Mégane E-Tech, pour imiter Tesla. " Si cela se traduit à court terme par des volumes légèrement inférieurs, tant pis ", at-il déclaré. Un point de vue conforté par le déséquilibre persistant du marché automobile, ou l' offre de véhicules demeure pour l' instant toujours inférieur à la demande.

 

Risque exagéré ?

 

Parmi les analystes, Oddo BHF considère ainsi que le risque pour Renault de la stratégie agressive de Tesla "semble exagéré ". Le cabinet juge en effet la future gamme d’Ampere "compétitive face à celle de tous les nouveaux entrants (dont Tesla) en Europe d’ici 2025 ". De fait, si la Megane E-Tech est un modèle essentiel, Ampere reposera aussi sur cinq autres véhicules d’ici la fin de la décennie. En outre, le pure player électrique de Renault va disposer d’un un outil industriel d’emblée efficient. Il ne s’agit pas d’une start-up. "Ampere est prête à démarrer avec une configuration complète : ingénierie, logiciels, sites de production, une marque établie ainsi qu’une société de financement efficace et rentable", souligne de son côté UBS.

Il reste que " ces arguments risquent d’être peu audibles à court terme, dans l’attente de perspectives plus concrètes pour Ampere", concède Oddo BHF. En attendant, le projet est toujours sur les bons rails. Le processus de "carve-out", c'est-à-dire l'isolement des états financiers d'Ampère, est " en bonne voie " et devrait être achevé au second semestre de cette année, a confirmé jeudi Thierry Piéton. L'introduction en Bourse pourrait être introduite " vers la fin de l' année " au plus tôt, a-t-il ajouté. Selon Bloomberg, le groupe a commencé à choisir ses conseils financiers pour piloter l'opération, parmi lesquels figureraient BNP Paribas, Goldman Sachs et JPMorgan.

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