Private Equity / Private equity / Tikehau / Tikehau Capital / transition énergétique / rénovation / photovoltaique / transports / batiments / Hydrogène vert
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Private equity / Tikehau / Tikehau Capital / transition énergétique / rénovation / photovoltaique / transports / batiments / Hydrogène vert
Transition énergétique : rien ne sera possible sans le private equity / Pas de fonds propres, pas de projet
Arrêtons de viser 2050 et concentrons-nous déjà sur 2030. Le passage à une économie verte requerrait, en effet, des investissements à hauteur d’environ 8000 milliards d’euros d’ici 2030, selon une récente étude internationale du cabinet Roland Berger. Et pour y parvenir, le private equity aurait un rôle déterminant à jouer en permettant aux entreprises de se transformer, tout en restant profitables.
Un constat jugé simple et partagé par la société de gestion Tikehau capital qui déplore pourtant sa trop grande méconnaissance par les acteurs financiers. " Le Giec et l’Agence nationale de l’Energie (AIE) estiment aujourd’hui qu’entre 70 et 80 % de l’effort de financement nécessaire doit être assuré par du financement privé. Le public a déjà fait sa part à travers un cadre réglementaire fiscalement attractif et cohérent avec l’Accord de Paris. Le monde privé doit désormais prendre le relais d’autant que l’on estime à environ 1200 milliards d’euros le rythme moyen d’investissement dans la décarbonation aujourd’hui alors que l’AIE et le GIEC estiment que 4000 à 6000 milliards d’investissement par an sont nécessaires. Le gap à combler est donc énorme ", martèle Pierre Abadie, directeur climat et co-gérant du fonds de private equity T2 Energy Transition de Tikehau Capital dans un entretien accordé à WanSquare.
Manque de fonds propres
Si cette stratégie peut paraître évidente, plusieurs obstacles semblent pourtant l’empêcher de se mettre en place. D’abord, les fonds propres manquent. "L’enjeu est la transformation systémique de notre économie. Il va nous falloir investir des milliards d’euros pour réduire l’empreinte carbone de notre système par le biais de l’efficacité énergétique, c’est-à-dire en mettant de l’isolant, en changeant des portes, des fenêtres, en électrifiant (remplacement de chaudière par des pompes à chaleur et des moteurs à combustion par des moteurs électriques). Tout cela nécessite beaucoup de capex (dépenses d’investissement en capital). Or, les entreprises ont de plus en plus de mal à trouver des financements à moindre coût et l’accès à la dette est lui aussi devenu difficile. Elles évoluent aujourd’hui dans un environnement de resserrement monétaire complexe qui ne leur permet pas de faire de la décarbonation", constate Pierre Abadie.
Et c’est donc là que l’intervention du private equity est indispensable. "Dans ce contexte, il est devenu très important de recapitaliser les chaînes de valeurs. Le renforcement des fonds propres des entreprises qui décarbonent les autres est donc devenu critique si l’on veut accélérer la transition, le private equity est un outil très puissant et pragmatique pour le faire rapidement en fléchant l’épargne mondiale directement vers le capital des entreprises concernées. C’est ce qui amène des fonds propres aux entreprises et leur permet de continuer à croître quel que soit leur environnement économique. Les fonds propres sont la seule alternative possible car sans le private equity, pas de fonds propres et sans fonds propres pas de projet ", soutient le directeur climat de Tikehau Capital.
Pas d’effet de mode
Toutefois, encore faut-il que ces fonds propres, lorsqu’ils existent, servent aux bons projets. "Certains acteurs diront que l’argent est là mais qu’il n’y a pas assez de projets pour répondre aux enjeux climatiques. Selon moi, le sujet est ailleurs : il y a sans doute trop d’argent sur des projets qui n’ont pas encore d’impact à court terme. Par exemple, beaucoup d’investissements ont été faits dans le venture capital pour financer l’innovation mais l’innovation modifie le monde de demain qui n’a pas encore d’impact concret aujourd’hui. A l’inverse, trop peu de fonds propres sont mobilisés pour la rénovation thermique des bâtiments par exemple ", observe Pierre Abadie.
Dans son esprit, le private equity ne doit pas servir à des effets de mode. " On entend beaucoup parler de l’hydrogène vert mais aujourd’hui il n’existe pas de chaine de valeur liée à l’hydrogène vert. Cette technologie est intéressante à horizon 2050 mais elle ne répond pas immédiatement à l’urgence climatique que nous devons résoudre d’ici 2030 ", rappelle-t-il.
Et parmi les priorités à horizon 2030 identifiées par le Giec se trouvent justement l’électrification des secteurs et la rénovation thermique des bâtiments. Une action concrète que la société de gestion traduit dans ses actes avec le groupe Rougnon, spécialisé dans la rénovation énergétique des bâtiments à Paris et que Tikehau a depuis revendu. "Pour rappel, l’empreinte carbone du bâtiment à Paris réunit 46 % des émissions de CO2 de la capitale. Rénover Paris revient donc à rénover les bâtiments et à électrifier ses transports", souligne-t-il.
Modifier la base d’actifs existants
Mais ce n’est pas tout. "En 2018, nous avons apporté avec Bpifrance environ 150 millions d’euros de fonds à GreenYellow qui construit des équipements à faible consommation énergétique telles que des portes de réfrigérateurs. Même chose avec Amarenco, entreprise spécialisée dans le solaire et leader de l’agrivoltaisme. Sur les 18 derniers mois, nous avons investi environ 200 millions d’euros en fonds propres qui ont permis de créer un gigawatt de solaire, soit un milliard d’euros de projet. Aujourd’hui, Amarenco se fait prêter de l’argent par les banquiers. Cette entreprise est la preuve de la puissance du levier du private equity en tant qu’accélérateur des transformations de chaînes de valeur ", détaille Pierre Abadie.
Et les exemples chez Tikehau Capital sont légion. EuroGroup Laminations par exemple, que Tikehau Capital vient de lister à la Bourse de Milan, et qui a vu, compte tenu de l’explosion du marché de la voiture électrique, sa taille tripler depuis 2020, date à laquelle la société de gestion lui a fourni les fonds propres nécessaires au développement de ses moteurs électriques. "Ces projets sont certes moins séduisants que d’autres projets plus en vogue mais il est indispensable de flécher les fonds propres vers des entreprises de l’économie réelle capables de modifier la base d’actifs existants pour relever le défi du climat. L’on oublie trop souvent que si l’on ne modifie pas l’existant, l’on utilise quand même notre crédit carbone à horizon 2030. L’idée n’est donc pas de créer une technologie nouvelle qui va en remplacer une plus ancienne mais bien de réduire l’empreinte carbone de l’existant", explique le directeur Climat de Tikehau Capital.
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