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Evenements / Rencontres du Climat / climat / transports / Train / Alstom / Getlink / Air France / Eurostar / transition énergétique / Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires

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Rencontres du Climat / climat / transports / Train / Alstom / Getlink / Air France / Eurostar / transition énergétique / Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires

Restreindre les transports ne résoudra pas le problème du changement climatique / Alléger les contraintes pour favoriser le trafic passager

Pour sa troisième édition de ses "Rencontres du Climat", Getlink a souhaité s’intéresser au sujet de la transition énergétique du secteur du transport, le plus en retard en la matière. Et selon le panel invité à s’exprimer, pour décarboner la planète mieux vaut au contraire favoriser l’augmentation du trafic passager avec des offres attractives que d’imposer des restrictions de voyage. À condition toutefois que les pouvoirs publics permettent aux professionnels du secteur de disposer d’infrastructures mieux adaptées.
Rencontres du Climat (DR)
Rencontres du Climat (DR)

Pour fêter (avec quelques jours d’avance) les 30 ans de la mise en service du Tunnel sous la Manche, Getlink avait vu les choses en grand. Le groupe dirigé par Yann Leriche avait en effet décidé d’organiser la troisième édition de ses "Rencontres du Climat" de façon un peu particulière. C’est au ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, boulevard Saint-Germain à Paris, que l’entreprise recevait ses invités, sous le haut patronage et la présence du ministre, Christophe Bechu.

 

Le secteur le plus émetteur en France

 

Si le cadre était donc prestigieux, les discussions y furent aussi très sérieuses. Thème de cette édition : "Transport bas carbone, transport pour tous : le grand défi !". De fait, pour Yann Leriche, l’enjeu est immense. "Le transport bas carbone représente un défi pour deux raisons : d’abord le secteur du transport est le seul qui ne soit pas décarboné depuis 1990. Par ailleurs, le transport pour tous signifie avoir la capacité à passer d’une énergie disponible et peu chère comme le pétrole à d’autres solutions énergétiques qui sont en train de se développer", a-t-il expliqué en introduction de la table-ronde qui réunissait également Anne Rigail, directrice générale d’Air France, Gwendoline Cazenave, directrice générale d’Eurostar, et Henri Poupart-Lafarge, président-directeur général d’Alstom.

Selon le ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, 30 % des émissions carbone en France seraient en effet attribuables au seul secteur des transports.

 

L’écologie punitive ne sert à rien

 

Aussi, pour répondre à l’urgence climatique, la solution à court terme serait-elle, comme certains le conseillent, de les restreindre ? Pour le directeur général de Getlink, la réponse est non. Cette méthode serait même une erreur et inefficace. "Cela priverait des libertés inutilement. La réduction des émissions carbone doit concerner tous les domaines. Réguler le transport serait se mettre en risque car cela n’empêchera pas les populations d’émettre des émissions autrement. Il est par exemple intéressant de constater que la puce Nvidia consomme plus par an qu’un ménage américain. Autrement dit, être devant son ordinateur consomme plus que le transport", a-t-il fait remarquer.

Une indispensable transition globale que la directrice générale d’Air France appelle aussi de ses vœux. "Alors que 80 % des vols sont du long courrier, mettre des contraintes sur l’aérien en Europe ne ferait que déplacer le problème ailleurs ", a alerté Anne Rigail dont le groupe s’est fixé un objectif de diminution de 30 % de ses émissions par passager/kilomètre à horizon 2030 par rapport à 2019, et ce grâce notamment à l’achat d’avions de nouvelle génération et au recours aux carburants durables.

Une contrainte d’autant plus inutile que "les gens ont compris qu’il fallait faire attention", a estimé la directrice générale d’Eurostar. De fait, comme l’a expliqué Frédéric Dabi, directeur général de l’IFOP, invité à participer à l’évènement, l’urgence climatique fait consensus entre les différentes générations. "L’écologie punitive n’est donc pas la bonne méthode. Il faut au contraire redonner de la liberté tout en respectant la planète. Chez Eurostar, nous venons, par exemple, de rendre flexible la totalité de nos classes de voyage, l’échange étant désormais possible jusqu’au dernier moment ", a poursuivi Gwendoline Cazenave.

 

Un sujet d’infrastructures

 

Une initiative jugée intéressante par Henri Poupart-Lafarge qui juge le levier "prix" très important dans la réussite de la transition énergétique. "En tant que constructeur, nous devons rendre le coût d’exploitation de nos systèmes attractifs. Une attractivité qui concerne aussi les passagers avec le confort, la connectivité, et l’accessibilité des trains", a détaillé le patron d’Alstom.

Mais à cet engagement des industriels et des professionnels du secteur doit aussi s’ajouter selon lui le rôle clé des pouvoirs publics dans le domaine des infrastructures. " Pour les industriels du transport, l’enjeu se situe dans le volume du trafic passager. Pour cela, ils doivent être en capacité de fournir des trains adaptés à l’augmentation du trafic passager ", a-t-il poursuivi. Dans son esprit, le TGV du futur, qui devrait arriver d’ici un an, et qui proposera 15 % de places supplémentaires tout en consommant 15 % d’énergie en moins.

Chez Eurostar, l’ambition du trafic passager est elle aussi annoncée : "30 millions en 2030, nous en étions à 19 millions en 2023 ", a chiffré Gwendoline Cazenave. Pour y parvenir, le groupe mise sur le haut débit, c’est-à-dire l’hyperfréquence à la demi-heure entre les différentes capitales européennes desservies. Eurostar développe aussi des "Open-Hub". "L’idée est d’élargir les destinations accessibles par l’Eurostar. À ce titre, nous travaillons actuellement sur des connexions de Bruxelles vers l’Est de l’Europe ", a indiqué la directrice générale qui, comme Henri Poupart-Lafarge, pense que la croissance de l’offre passera nécessairement par les infrastructures. "Les gares sont aujourd’hui le goulot d’étranglement. Pour pousser les murs d’une gare, nous devons discuter avec ses gestionnaires, les douanes, les pouvoirs publics, l’Union européenne, etc. Des démarches complexes que nous devons pourtant mener si l’on veut favoriser le recours au train ", a-t-elle fait savoir. "La reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris en 5 ans (la réouverture est prévue pour la fin de l’année, ndlr) a été rendue possible grâce à une exonération des règles classiques comme les appels d’offres, etc. Pour la transition énergétique du transport, il faudrait aussi avoir le courage d’alléger les règles administratives classiques ", a lancé le patron d’Alstom.

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