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Macro-économie / Taux / France / balance courante / transports

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France / balance courante / transports

Les comptes extérieurs de la France se redressent

Pour la seconde fois en quinze ans, la balance des transactions courantes de l’Hexagone a enregistré un excédent. Une performance que l’économie française doit à son secteur des services et à la très bonne forme de ses multinationales.
Sameer Al-DOUMY / AFP
Sameer Al-DOUMY / AFP

C’est un évènement qui ne s’est produit que deux fois depuis l’année 2007. La balance des transactions courantes de la France (ses échanges avec le reste du monde) a enregistré un excédent de 9 milliards d’euros en 2021, soit 0,4 % du Produit intérieur brut (PIB), d’après les données publiées par la Banque de France, après avoir affiché un déficit de 41,5 milliards d’euros en 2020. Ces quinze dernières années, l’Hexagone n’avait présenté des comptes extérieurs excédentaires qu’en 2019. Deux phénomènes expliquent cette jolie performance.

 

CMA CGM et les IDE brillent

 

D’une part, les services ont connu un doublement de leur excédent (il est passé de 18,7 milliards d’euros à 36,4 milliards d’euros). Et une seule branche est responsable de ce bond : le secteur des transports. Quasiment à l’équilibre en 2020, les exportations des services de transports ont surpassé de très loin les importations en 2021, de sorte qu’un excédent est observé, ce pour la première fois depuis plus de vingt ans.

Il a atteint 16,5 milliards d’euros et peut remercier sa composante maritime, dont l’excédent a quadruplé par rapport à 2020 (21,4 milliards d’euros). Cela résulte de "la conjonction de la présence sur le territoire national d’un leader mondial du transport maritime de conteneurs [CMA CGM, ndlr] – qui a bénéficié de la très forte hausse du tarif du fret maritime à la suite de la crise sanitaire et de la désorganisation du marché – et d’un coût de transport des importations en moindre progression", analyse la Banque de France.

D’autre part, la forme étincelante dans laquelle se trouvent les comptes extérieurs de la France sont d'une force considérable grâce aux revenus d’investissements directs. Ces derniers représentent la rémunération des activités des multinationales françaises à l’étranger (ils sont donc composés des dividendes, de bénéfices non distribués - sous forme de dividendes - des filiales et succursales, et des intérêts sur les emprunts intragroupes).

Ainsi, le solde (différence entre les revenus tirés des investissements directs français à l’étranger et les revenus issus des investissements directs étrangers en France) a crû de 35,6 milliards d’euros pour s’établir à 59,5 milliards d’euros. C’est là le résultat direct de l’explosion des bénéfices des multinationales françaises au cours de la reprise économique qui a suivi les confinements. "L’excellente performance relative du CAC 40 en 2021 (+ 28%), meilleure que celle de la plupart des autres places boursières (+ 14 % pour le Footsie, + 16 % pour le DAX, + 22% pour le Stoxx ou + 18% pour le Dow Jones), témoigne du meilleur rendement apparent des investissements français à l’étranger, qui reste supérieur à celui des investissements étrangers en France", indique la Banque de France.

 

Le commerce de biens gâche la fête

 

Pour autant, tout n'est pas rose. "L’excédent du solde des transactions courantes en 2021 est une satisfaction. La compétitivité de la France doit cependant encore être améliorée pour favoriser le redressement de nos exportations de biens et pérenniser le redressement de nos comptes extérieurs", a déclaré François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France. Le déficit des échanges de biens s'est encore dégradé (il s'affiche à 67,4 milliards d'euros, soit une hausse de 8,3 milliards d'euros) sous l'effet de l'envolée du prix de la facture énergétique (déficit en augmentation de 18 milliards d'euros). Hors énergie, le déficit se résorbe, donc. Reste que, "les points forts de la France se redressent modérément. Ainsi l’excédent de l’aéronautique et spatial n’est que de 19,7 milliards alors qu’il dépassait 30 milliards en 2019, celui de la pharmacie est de 2,6 milliards (6,2 milliards d'euros en 2019)", explique la Banque de France.

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