Macro-économie / Taux / balance courante / Allemagne / Chine
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balance courante / Allemagne / Chine
L’Allemagne perd sa couronne
La Chine n’est décidément pas une économie comme les autres. Berceau de la pandémie, seul pays majeur à avoir vu croître son Produit intérieur brut l’an passé, elle s’est également emparée de la première place mondiale concernant l’excédent de la balance courante, ce au détriment de l’Allemagne qui occupait la première place depuis plusieurs années. Selon l’institut Ifo, l'excédent extérieur de la Chine a plus que doublé l'an dernier pour atteindre 310 milliards de dollars (254 milliards d'euros). Quant à l'Allemagne, il s'est établi à 261 milliards de dollars (214 milliards d'euros), et s’affiche en baisse pour la cinquième année consécutive.
C’est la dynamique des balances commerciales (une des composantes de la balance courante) des deux économies qui explique cet état de fait. En effet, les données publiées par l’institut Ifo montrent qu’une redistribution des cartes a eu lieu au sein des grands exportateurs mondiaux du fait de la crise pandémique. Alors que les exportations chinoises ont été portées par une demande mondiale accrue pour le matériel médical de protection et les produits électroniques, l’Allemagne a pris de plein fouet la chute de la demande d'automobiles, de machines et d'équipements en provenance du reste du monde (baisse de 34 milliards de dollars et dont l’Europe est à 60% responsable).
Par ailleurs, le traditionnel déficit commercial qu’enregistrait la Chine en matière de services s'est réduit de près de 110 milliards de dollars l'année dernière, ce qui a influé à la hausse sur l’excédent du compte courant. De fait, en raison des restrictions touristiques dans de nombreux pays du monde, les voyages des Chinois à l'étranger ont été considérablement réduits, de sorte que les dépenses nettes dans ce secteur ont largement diminué - donc les importations de la Chine. Un phénomène que l’on peut également observer en Allemagne dont le déficit concernant le commerce de services a atteint un plus bas historique pour les mêmes raisons (diminution de 22 milliards de dollars). "Comme la crise pandémique persiste, les voyages resteront probablement très limités dans les mois à venir, de sorte que pour l'instant, les soldes de services ne devraient pas revenir dans la direction observée avant l'apparition du virus", anticipe Christian Grimme, auteur de la note de l’Ifo.
À noter d’autre part que le Japon se classe à la troisième place des excédents courants mondiaux avec 158 milliards de dollars (129 milliards d'euros) et que les États-Unis demeurent le pays au monde avec le plus important déficit, lequel a augmenté de près d'un tiers en 2020 pour s'établir à 635 milliards de dollars (521 milliards d'euros) soit 3,1% du PIB.
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