WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Macro-économie / Taux / balance courante / Zone euro / Déficit / Gaz naturel / Russie

Macro-économie / Taux
balance courante / Zone euro / Déficit / Gaz naturel / Russie

ukraine Comptes extérieurs : grandeur et décadence de la zone euro / Elle a enregistré un déficit courant record en 2022

UKRAINE. Alors que l'excédent de la balance courante (solde des échanges de biens, services, revenus avec le reste du monde) atteignait 285 milliards d’euros en 2021, l’explosion des prix de l’énergie l’a transformé en déficit historique de 137 milliards d’euros.
Paul Langrock/LAIF-REA
Paul Langrock/LAIF-REA

Les temps sont durs pour les comptes extérieurs de la zone euro. Le solde de la balance courante (solde des échanges de biens, services et revenus avec le reste du monde) des pays partageant la monnaie unique a affiché un déficit historique, tant en valeur absolue que relative, de 137 milliards d’euros en 2022 (soit 1 point de Produit intérieur brut), d’après les données publiées par la Banque centrale européenne (BCE). Pour mémoire, en 2021, la zone euro avait vu, à l’image des années précédentes puisque portée par les appareils industriels allemand et néerlandais, son solde courant s’établir à 285 milliards d’euros (2,3 points de PIB).

 

Balance commerciale à l’agonie

 

Sans surprise, c’est du côté de la balance commerciale que l’essentiel s’est joué. Ce solde qui représente la différence entre les biens exportés par la zone euro et ceux qu’elle importe en provenance du reste du monde a atteint un déficit de 85 milliards d’euros, contre un excédent de 279 milliards d’euros en 2021. En cause ? L’énergie.

De fait, les prix énergétiques se sont envolés l’an passé (pétrole, gaz) sous l’effet de l’invasion de l’Ukraine par la Russie ; cette dernière a peu à peu diminué le volume de son approvisionnement en gaz naturel à destination du Vieux continent.

A l’aune de ce prisme énergétique, l’évolution des soldes commerciaux bilatéraux n’a rien d’étonnant. De fait, le déficit avec la Russie s’est creusé de 57 milliards d’euros pour atteindre 79 milliards d’euros.

Par ailleurs, les données publiées par la BCE font état d’un agrégat "autres pays" avec lesquels le solde est passé d’un excédent de 38 milliards d’euros à un déficit de 188 milliards d’euros. "Cette évolution s’explique en partie par un déficit de biens plus important avec la Norvège (passé de 14 milliards d’euros à 75 milliards d’euros) [elle est devenue le premier fournisseur de gaz naturel de l’Union européenne, ndlr] et par une augmentation des importations en provenance des pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, dans les deux cas sous l’effet d’une hausse des importations de produits énergétiques", explique l’institution de Francfort.

Dès cette année, les comptes extérieurs de la zone euro devraient présenter un meilleur visage. Les économistes de la BCE avancent qu’ils généreront à nouveau un excédent. Ils anticipent qu’il atteindra 1,3 point de PIB en 2023, 2 points de PIB en 2024 et 2,5 points de PIB en 2025.

"Les hypothèses de prix des matières premières énergétiques nettement plus bas impliquent une baisse des prix des importations d’énergie à partir de la fin de 2022, ce qui entraînera une amélioration des termes de l’échange et de la balance courante de la zone euro", justifient-ils.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article