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Macro-économie / Taux / Gaz naturel / Russie / sécurité énergétique

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Gaz naturel / Russie / sécurité énergétique

ukraine Le marché du gaz naturel doit faire sa révolution / La sécurité énergétique pourrait y trouver son salut

UKRAINE. Des économistes du Fonds monétaire international s’inquiètent de la fragmentation actuelle du marché du gaz, les spécificités de distribution de cet hydrocarbure n’étant pas sans conséquence sur la fluctuation des prix. La diminution des flux de gazoducs de la Russie vers l’Europe de près de 80 % en quelques années, a certes drastiquement augmenté les prix du gaz pour le Vieux continent mais pourrait être un mal pour un bien. Les efforts pour diversifier les approvisionnements contribuant à l’intégration du marché.
Cargaison de GNL arrivant en France. Sebastien SALOM-GOMIS / AFP
Cargaison de GNL arrivant en France. Sebastien SALOM-GOMIS / AFP

Cruel voir incompréhensible. Des économistes du Fonds monétaire international (FMI) rappellent dans un billet très récent à quel point le marché du gaz naturel est complexe. Il est en effet bien question d’une "même marchandise partout dans le monde, [dont] les prix peuvent varier de façon spectaculaire en raison du réseau complexe d’infrastructures nécessaires à son transport". De quoi faire dire aux équipes de Kristalina Georgieva, que nous sommes actuellement face à "un marché mondial partiellement fragmenté, principalement parce que la majeure partie du gaz naturel est transportée par gazoduc, contrairement au marché du pétrole brut, qui est plus intégré et tend à se négocier à un prix unique dans la plupart des endroits".

Une situation qui conduit également à ce que "des prix élevés dans une partie du monde ne se répercutent pas nécessairement sur les acheteurs dans d’autres régions ". Le choc majeur que fut la rupture progressive des livraisons de gaz russe à destination de l’Europe a cependant ouvert la voie au changement. Notamment en ce qui concerne le gaz naturel liquefié (GNL), moins dépendant d’infrastructures physiques inamovibles. Le papier publié sur le blog de l’institution estime que "d’importants projets d’expansion déjà en cours de construction aux États-Unis, en Afrique, au Moyen-Orient et ailleurs sont susceptibles d’augmenter la capacité mondiale d’exportation de GNL de 14 % d’ici à 2025 ". La capacité d’exportation pourrait être portée à "1 000 milliards de mètres cubes, soit environ un quart de la consommation mondiale de gaz de l’année dernière ".

 

Un monde idéal

 

Une intégration totale du marché n’est cependant pas prévue pour sitôt, plusieurs obstacles majeurs se dressent que ce soit "l’obtention du financement nécessaire à la construction de nouveaux terminaux ", puisque les entreprises auraient "besoin de contrats de 15 à 20 ans pour obtenir un financement bancaire pour la construction" d’une seule infrastructure. Ce qui s’explique aisément puisque le GNL nécessite des terminaux au prix tournant entre 10 et 15 milliards de dollars avec une construction qui prend entre deux et quatre ans.

C’est pourtant de la réussite ou non de ces projets et notamment aux États-Unis, que dépendant la création de "marchés gaziers véritablement mondiaux et équilibrés entre les régions". Les auteurs de la note jugent qu’avec "des économies avancées [qui] dépendent de plus en plus des énergies renouvelables dépendantes des conditions météorologiques (éolienne et solaire), elles connaîtront probablement des périodes critiques d’augmentation de la demande de gaz naturel supplémentaire pour répondre aux besoins de la production d’électricité". Sans une amélioration drastique des marchés, les chocs d’offre seraient amenés à se répéter. La dynamique est cependant en marche depuis quelques années déjà et Washington est depuis plus d’une décennie (2012), le premier producteur mondial de gaz et a su se doter de terminaux d’exportation.

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