Macro-économie / Taux / Hydrogène vert / Monde / Emploi
Macro-économie / Taux
Hydrogène vert / Monde / Emploi
Le phénoménal nombre d’emplois potentiels de l’hydrogène vert / Les prochaines décennies pourraient récolter les fruits d’un investissement révolutionnaire
"Si les décideurs politiques et les chefs d’entreprise apportent un soutien décisif au marché, l’hydrogène vert peut surpasser la production d’hydrogène à forte intensité de carbone en moins de 10 ans". Jennifer Steinmann, Deloitte Global Sustainability & Climate practice leader, est très claire dans ses conclusions quant à l’impact potentiel des investissements dans le secteur. Elle estime par ailleurs qu’il "s’agit d’une voie essentielle pour les pays en développement afin d’établir leur sécurité et leur indépendance énergétiques, de soutenir la croissance économique grâce aux investissements qui devront être réalisés, et de renforcer collectivement la croissance et la résilience mondiales."
Les chiffres évoqués par la dernière publication de Deloitte sur le sujet vont dans le sens de ses propos ; il est ainsi avancé que moins de dix ans suffiraient à renverse le paradigme actuel. Une fois la compétitivité des technologies véritablement atteinte, elles pourraient bénéficier des immenses besoins en décarbonation de secteurs "tels que la sidérurgie, la chimie, l’aviation et le transport maritime". La transition de ces derniers "nécessitera probablement une multiplication par six de la consommation mondiale d’hydrogène, pour atteindre près de 600 millions de tonnes d’ici à 2050". Pour y arriver le chiffre de "9 000 milliards de dollars d’investissements cumulés dans la chaîne d’approvisionnement mondiale en hydrogène propre" est évoqué et ce afin d’atteindre les objectifs mondiaux de zéro émission nette d’ici 2050.
Potentiel immense
La résultante de la transition de ces secteurs serait alors immédiate pour le marché de l’hydrogène vert. Les données communiquées par Deloitte parlent de dépasser "la valeur du commerce du gaz naturel liquéfié d’ici 2030 et continuer à croître pour atteindre 1.400 milliards de dollars par an d’ici 2050". Une somme qui pourrait ne pas profiter aux seuls pays avancés puisque près de 70 % de ce marché pourraient bénéficier aux pays en développement, à la condition expressément cité de réaliser des " investissements ciblés et significatifs". Le potentiel de 2 millions d'emplois par an leur bénéficierait également.
Le sujet des échanges de cette source d’énergie est aussi mis sur la table avec un "commerce mondial de l’hydrogène [qui] devrait générer plus de 280 milliards de dollars de recettes d’exportation annuelles d’ici 2050". Un gâteau dans lequel l’Afrique du Nord devrait "tirer le plus grand profit (110 milliards de dollars par an) en raison de son fort potentiel d’exportation".
Au tour des décideurs
Ce bien bel horizon décrit par Deloitte pourrait cependant ne rester qu’une utopie, la plus grande interrogation étant de savoir si oui ou non les autorités publiques et privées embrasseront la cause de l’hydrogène vert. Le professeur Bernhard Lorentz, président fondateur du DCSP et responsable de la stratégie en matière de développement durable et de climat chez Deloitte Global Consulting, juge que "l’argent n’est pas le problème, même si l’investissement annuel moyen sur la période considérée est nettement inférieur aux 417 milliards de dollars dépensés pour la production de pétrole et de gaz en 2022 dans le monde ". Il est selon lui davantage question de "simplement de réorienter les investissements vers des sources d’énergie propres".
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