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Publications, Résultats
lhyfe / Hydrogène vert

Lhyfe fait monter ses revenus en flèche et réduit ses pertes / Le renforcement amorcé de son modèle d'affaires devrait bien profiter à la rentabilité

Le producteur et fournisseur nantais d’hydrogène vert, pour l’industrie et la mobilité, débute 2024 sur une bonne note. Avec des revenus quadruplés, un site industriel dans le Pays de la Loire fonctionnant à pleine capacité, un portefeuille de clients consolidé et une hausse du montant sécurisé de subventions, Lhyfe s’offre une visibilité accrue sur le reste de l’année. À plus long terme, les ajustements insufflés à son modèle d’affaires devraient aussi venir soutenir ses objectifs de profitabilité, réitérés à l’occasion d’une publication semestrielle bien accueillie par les marchés.
Crédits : site internet de Lhyfe
Crédits : site internet de Lhyfe

Un chiffre d’affaires multiplié par quatre, de nouveaux contrats et l’octroi de plusieurs subventions valaient bien à Lhyfe de susciter de l’élan à la Bourse de Paris. La pépite nantaise de la production et de la fourniture d’hydrogène vert et renouvelable grimpait de près de 5 % à l’ouverture de la séance et poursuit son évolution en territoire positif cet après-midi.

Effectivement, malgré le fait que l’entreprise fondée en 2017 par Matthieu Guesné évolue dans un secteur en plein agencement, le groupe prouve qu’il est capable de générer de la croissance. À 1,7 million d’euros au premier semestre de 2024, Lhyfe a vu ses revenus quadrupler sur un an. Le reflet, notamment, de la montée en puissance de son unité de production de Bouin en Vendée, explique l’entreprise, premier site européen à produire de l’hydrogène renouvelable à l’échelle industrielle et même premier au monde à le faire à partir d'énergie éolienne. Fonctionnant à pleine capacité, son taux de succès des livraisons s'affiche à 100 %, tandis que le groupe a procédé, dans l'ensemble, à 209 livraisons auprès de clients français et allemands depuis le début de l'année.

Des clients, dont l'élargissement du portefeuille, aura aussi soutenu la hausse des revenus. Parmi les nouveaux venus, on y retrouve notamment une société de taxis, le spécialiste des transports Hyliko ou encore le groupe de projets routiers Karp Kneit. Plus récemment, au cours de l’été, Lhyfe s’est aussi attiré les faveurs de H2 Mobility Deutschland, le plus grand opérateur européen des stations publiques d’hydrogène. 

 

De la vision de long terme

 

Ce contrat de fourniture d’hydrogène vert s’étalera sur une durée de cinq ans et visera à en fournir 1 200 tonnes à H2 Mobility Deutschland sur la période. Il "s’inscrit dans la continuité de [celui] de long terme signé avec HYmpulsion au second semestre de 2023 pour approvisionner sept de ses stations-service en France", rappelle Lhyfe. Et venant s’ajouter à d’autres remportés depuis le début de l’année, cela devrait offrir davantage de visibilité à Lhyfe sur le volume de ses ventes au fil des mois à venir.

Autre moyen de voir plus loin : celui des subventions. Au premier semestre de 2024, le montant de celles qui avaient été sécurisées par l’entreprise a triplé sur un an, à 243 millions d’euros. Une enveloppe qui servira à financer les sites de production en cours de construction ou de développement de Lhyfe, détaille le groupe, et qui a été enrichie dans le cadre d’appels à projets nationaux et européens.

Ce montant intègre notamment une subvention de 5,5 millions d’euros, obtenue auprès de la Région Auvergne Rhône-Alpes, relative à la construction d’une unité de production au Cheylas dans l’Hexagone ; une autre de 11 millions d’euros décrochée en juin auprès de Klimatklivet, un programme soutenu par l’Agence suédoise de protection de l’environnement, pour construire une unité de production d’hydrogène vert dans le pays ; et enfin une dernière pouvant aller jusqu’à 149 millions d’euros, confirmée au premier trimestre de 2024 par l’État français, pour le projet Green Horizon prévoyant la construction d’une unité de production d’hydrogène vert près du Havre. À la fin du premier semestre de 2024, le pipeline de Lhyfe représentait 9,5 GW de capacités d’électrolyse installée.

 

Cap sur la rentabilité

 

Une hausse de l’activité conjuguée à une maîtrise des coûts, qui aura notamment permis au groupe de résorber ses pertes. Alors que son Ebitda ajusté est dans le rouge à hauteur de 13,1 millions d’euros, il reste à comparer à une perte de 14,3 millions d’euros enregistrée l’an passé. La perte d’exploitation courante atterrit quant à elle à -13 millions d’euros, contre -16,2 millions au 30 juin 2023. Des résultats qui auront conduit le groupe à réitérer ses objectifs annuels ou à plus long terme. Tout d’abord, pour l’année en cours, Lhyfe entend bien quadrupler, comme au premier semestre, son chiffre d’affaires. Le producteur s’attend à ce qu’il atteigne environ 5 millions d’euros à fin 2024. D’ici à 2026, Lhyfe prévoit aussi que sa marge d’Ebitda ajusté se fixe à 10 % du chiffre d’affaires, pour des revenus consolidés correspondant à environ 100 millions d’euros.

"La mise en place [du] nouveau business model devrait favoriser une reconnaissance anticipée de la profitabilité", commente le cabinet Oddo BHF. Il est vrai qu’à l’occasion de la publication de ses résultats de 2023, Lhyfe avait annoncé quelques ajustements stratégiques. Afin d’accélérer la rentabilité de son modèle "d’hydrogène en tant que service", l’entreprise faisait notamment savoir qu’elle allait s’octroyer une nouvelle source de revenus, basée sur le développement et la gestion d’actifs. Au programme : des projets financés avec un ou plusieurs partenaires, ce qui permettra de générer plus rapidement des revenus de développement et de créer une rentabilité résiliente et de plus long terme.

"Cette évolution s’explique par l’explosion des coûts de financement et l’impossibilité de financer l’objectif de 3 GW attendu d’ici à 2030. Dès lors, les projets seront financés avec des partenaires financiers et/ou industriels qui pourraient détenir jusqu’à 100 % du projet. La rémunération de Lhyfe proviendra ainsi des frais de développement ainsi que de la gestion du site en exploitation. Ce business model repose sur un développement moins capitalistique", explique Oddo BHF. À l’occasion de cette publication semestrielle, Lhyfe estime en tout cas que d’ici à 2030, le groupe disposera d’une capacité installée de 3 GW d’actifs sous gestion, tandis que la part nette des actifs détenue par Lhyfe devrait s’élever à environ 20 %. La marge d’Ebitda ajusté sera, elle, attendue à 30 %.

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