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Une French Tech verte qui fait de l’ombre aux voisins / Sa deuxième place européenne est à nouveau confirmée
Certes, la French Tech aurait pu rêver d’un meilleur dixième anniversaire que celui qu’elle a fêté en 2023. Les levées de fonds y ont sensiblement ralenti, les valorisations ont été revues à la baisse, le rapport de force entre investisseurs et entrepreneurs a changé, et certaines start-ups ont été contraintes de réduire la voilure pour garder la tête hors de l’eau et mettre le cap sur la profitabilité.
Pour autant, s’il reste tout d’abord à souligner que les années 2021 et 2022 avaient été anormalement propices aux levées de fonds et que, sur une base de comparaison plus longue, la French Tech n’a pas à rougir de son bilan de l’année 2023, l’écosystème des start-ups françaises a aussi prouvé sa capacité de résistance. Et notamment par rapport à ses voisins.
L’écart se réduit
Pour la deuxième année de suite, la France décroche en effet la seconde position du classement des montants récoltés lors des tours de table réalisés dans la Tech européenne. D’après le rapport annuel de KPMG sur les performances des levées de fonds, avec 8,3 milliards d’euros récoltés en 2023, pour un nombre de 281 opérations, la France est parvenue à réduire "considérablement" son écart avec le Royaume-Uni.
Il faut dire que la chute a été particulièrement marquée outre-Manche. Les 11,5 milliards d’euros levés en 2023 au travers de 427 opérations ont plongé de près de 60 % sur un an. Enfin, la Scandinavie (Suède, Norvège, Danemark et Finlande) ferme le podium, avec 6,4 milliards d’euros levés en 183 tours de table. Par ailleurs, le recul en valeur des levées de fonds françaises reste inférieur à la moyenne : elles ont diminué de 32 % sur un an, contre une baisse de 43 % sur l'ensemble du continent.
Une raison sectorielle pourrait être avancée à cette solidité française. Par exemple, les "MobilityTech", soit les entreprises qui innovent dans le secteur de la mobilité, ont représenté 31 % des levées de fonds françaises au titre de 2023. Soit la part la plus importante du mix sectoriel tricolore. Le secteur a logiquement le vent en poupe auprès des investisseurs, alors que l’urgence de la transition énergétique et environnementale ne fait plus de mystère et que l’essor des véhicules électriques se poursuit.
Verkor surclasse
En témoignent deux des trois levées de fonds les plus significatives sur le Vieux continent (et outre-Manche) de l’année 2023 : la première place revient au français Verkor (plus de deux milliards d’euros de financements en incluant la dette) et la seconde au suédois Northvolt (1,2 milliard d’euros de financement). Les deux opèrent dans les batteries à lithium-ion. Logiquement, elles sont aussi bien représentées dans le haut du panier des levées de fonds françaises. Verkor est en tête, évidemment, et Driveco, spécialiste des bornes de recharge électriques prend la quatrième place du classement des levées de fonds françaises.
Autre secteur au vernis vert s’attirant les faveurs des investisseurs, la "Sustainability Tech" représente quant à elle 25 % du mix sectoriel des tours de table français de 2023, juste derrière les "Mobility Tech". Celles-ci peuplent largement le classement des levées de fonds européennes, mais aussi celui de l’Hexagone. Le rapport de KPMG cite notamment Amarenco, Technique Solaire et TSE, qui ont respectivement levé 300 millions, 200 millions et 130 millions d’euros grâce à leurs projets photovoltaïques. Ou encore Ynsect, le spécialiste des insectes et sa levée de fonds de 160 millions d’euros.
Des investisseurs étrangers bien présents
Reste évidemment le secteur des applications et des logiciels d’entreprises. S’il ne correspond qu'à 15 % du mix sectoriel français, son représentant Mistral AI permet tout de même à la France d’avoir un second représentant dans le "top 10" des levées de fonds européennes en 2023 grâce à son tour de table de 385 millions d’euros.
A titre de comparaison, au Royaume-Uni, ce sont les fintech qui représentent la part la plus importante du mix sectoriel : logiquement, alors que le secteur a connu une correction particulièrement sévère de ses levées de fonds en 2023, cela n’aura pas joué en la faveur des levées de fonds britanniques.
Et preuve de l’attractivité de la French Tech et de son rayonnement international, les investisseurs étrangers ont encore plus apporté leur soutien à l’écosystème en 2023 que lors de l’année précédente. De fait, ils ont représenté une part de 47 % au titre des douze mois écoulés, contre 34 % en 2022. Et pas seulement sur les grandes opérations : "Si leur attrait pour les opérations de grande taille (plus de 50 millions d’euros) n’est que peu surprenant, leur participation élevée sur la tranche des 3 à 9,9 millions d’euros", l’est davantage, relève le rapport de KPMG.
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