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Fnac Darty / Enrique Martinez / Jean-Brieux le Tinier / BFR
FnacDarty n’est pas immunisé contre la crise / La génération de flux de trésorerie sera finalement négative en 2022
Fnac Darty a vécu une année 2022 "singulière en termes de cash-flow libre". Enrique Martinez, le directeur général du groupe de distribution, a manié l’euphémisme en commentant l’avertissement lancé mardi par l’entreprise. Celle-ci n’atteindra probablement pas son objectif de cash-flow opérationnel cumulé d’environ 500 millions d’euros sur la période 2021-2023, qui sera par conséquent étendu d’un an, englobant désormais l’exercice 2024.
Cet indicateur, qui correspond au flux net d’impôt généré par l'actif économique après couverture des besoins d'investissement et des variations de besoin en fonds de roulement (BFR), devrait ressortir "légèrement négatif aux alentours de -30 millions d’euros" pour l’année 2022, estime désormais l’enseigne. Loin donc des 170 millions d’euros que le groupe avait su dégager en 2021.
Plus de décaissements, moins d’encaissements
Pourquoi cette déconvenue ? "Tout d’abord, la capacité d’autofinancement est logiquement en baisse compte tenu principalement d’un Ebitda (excédent brut d’exploitation) en retrait par rapport à l’année dernière, ceci explique environ un tiers de l’écart total", a expliqué Jean-Brieux le Tinier lors d’un webcast.
La différence s’explique deuxièmement par une évolution défavorable du BFR. "Le groupe a fait face à une variation de sa dette fournisseur plus élevée compte tenu de décaissements plus importants réalisées en 2022 pour des achats de marchandises liés à une activité soutenue fin 2021", a également indiqué le dirigeant.
Mais, plus inquiétant, le groupe a aussi subi une diminution de ses encaissements, en lien avec un niveau de ventes sur le mois de décembre en retrait par rapport au même mois de 2021. Une baisse des ventes qui porte principalement sur le petit électroménager et l’équipement informatique, a-t-il précisé. Même s'il est vrai que ces deux catégories s’étaient particulièrement bien comportées l’an dernier dans le contexte d’un recours accru au télétravail.
Un BFR volatil
Au regard des prévisions des analystes, les répercussions sur le cash-flow libre de ces différents facteurs sont loin d'être anodines. Par comparaison, le cabinet Oddo BHF tablait sur une génération de flux de trésorerie disponible de 104 millions d’euros, tandis que Bryan, Garnier & Co attendait 127 millions d’euros. Ce dernier fait certes remarquer que "le BFR a toujours été une mesure très volatile pour les distributeurs". Ainsi, une variation, même d'une ampleur de 100 à 150 millions d'euros sur le cash-flow libre "n'est pas nécessairement inquiétante tant que les ventes se maintiennent", selon lui. Or, les éléments qui permettraient de rassurer sur ce point manquent pour l'instant. La direction de Fnac Darty refuse à ce stade de commenter la tendance des ventes observée jusqu'à présent en janvier, "nous laissant dans l'incertitude", déplore Bryan, Garnier & Co.
Et ce, alors que le premier trimestre s’annonce risqué pour la consommation française avec une inflation alimentaire en hausse constante, qui risque indirectement de nuire aux dépenses discrétionnaires. Ces dépenses pourraient pâtir également des mouvements sociaux contre la réforme française des retraites. De quoi inciter les investisseurs à la prudence avant la publication des résultats annuels définitifs du groupe, programmée le 23 février prochain. L’action Fnac Darty a chuté de 6,8% mercredi, à 34,1 euros, soit la plus forte baisse du SBF 120.
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