Entreprises / Actions / Fnac Darty / Enrique Martinez / Gros électroménager / Inflation / consommation discrétionnaire
Entreprises / Actions
Fnac Darty / Enrique Martinez / Gros électroménager / Inflation / consommation discrétionnaire
Fnac Darty s'accommode de l’inflation / Les ventes du distributeur se sont stabilisées au troisième trimestre
Fnac Darty déjoue les scénarios pessimistes. Ses ventes ont été stables au troisième trimestre, à 1,85 milliard d’euros, et en léger retrait de 1,3% en données comparables excluant les effets de change et les variations de périmètre. Une vraie performance vu le contexte économique.
A première vue, Fnac Darty n’a pas le modèle économique le plus résilient pour faire face à l’inflation, qu’elle soit salariale ou énergétique. Spécialisé dans la distribution de produits techniques et d’électroménager, le groupe dirigé par Enrique Martinez se positionne de facto sur le créneau de la consommation discrétionnaire, c’est-à-dire sur l’ensemble des biens et services considérés comme non essentiels, par opposition à la consommation de base.
Par nature, les pressions inflationnistes persistantes tendent à modifier les pratiques de consommation vers une réduction significative de ces dépenses discrétionnaires pour compenser la hausse d’autres dépenses. Et face à cela, il est en théorie difficile d’augmenter les prix pour compenser l’inflation sans subir de répercussion négative sur les volumes.
Répercussion des coûts
Cependant, "les acteurs de la distribution aujourd’hui cherchent probablement davantage à préserver leurs marges en répercutant au client final les hausses de leurs coûts plutôt que de se battre dans une guerre des prix stérile pour tout le monde", a mis en avant Jean-Brieuc Le Tinier, le directeur financier du groupe, lors d’une conférence téléphonique avec les analystes pour présenter les chiffres du trimestre écoulé.
Après un premier semestre en baisse de 1,7%, le troisième trimestre a ainsi démontré une résilience qui permet au groupe d’afficher sur neuf mois des ventes de 5,3 milliards d’euros, en léger recul de -0,8% en données publiées et -1,6% en données comparables, éloignant un scénario catastrophe.
L'explication réside en partie dans le pouvoir d'achat relativement préservé des consommateurs des marchés clés du groupe. Le directeur financier rappelle notamment que "la France est le pays dans lequel le taux d’inflation est le plus faible et où les consommateurs sont probablement les mieux protégés des hausses du coût de l’énergie". La situation n’est pas si mauvaise en Belgique non plus, où les hausses de salaires obligatoires compensent une inflation pour le coup très élevée. Le contexte est moins facile en Espagne, un marché traditionnellement très concurrentiel, tandis que les choses se passent à l'inverse "extrêmement bien" au Portugal.
Premium
En termes de stratégie, Fnac Darty a su aussi adapter sa politique commerciale. Afin de répondre aux besoins des consommateurs sensibles à l’inflation, le groupe a mis des produits du quotidien labellisée "petits prix".
A l’autre extrémité tarifaire, sur un segment de clientèle davantage immunisé, la part des produits techniques premium "reste extrêmement forte", a remarqué Jean-Brieuc Le Tinier, une tendance illustrée par le bon démarrage des ventes d’iPhone 4, preuve que la demande pour des produits à forte valeur ajoutée demeure solide. Sur le gros électroménager, il est observé "une stabilisation de la part des produits premium", les clients suivant l’augmentation du prix de vente moyen et s’orientant vers des produits plus durables.
Le profil défensif de Fnac Darty réside également dans son parti pris de développement des services. Et ceux-ci se portent bien, tirés notamment par le développement du nombre d’abonnés à Darty Max, son service pour faire réparer et prolonger la durée de vie des appareils.
Et si le groupe ne s’avance pas sur des perspectives d’activité pour un quatrième trimestre traditionnellement très "promotionnel" en raison du fameux "Black Friday", la coupe du monde de football pourrait générer un effet positif bienvenu sur les ventes de matériel audio et vidéo. "Historiquement, les coupes du monde se traduisent toujours une augmentation des ventes de téléviseurs dans les quinze jours-trois semaines avant l’événement", a rappelé Jean-Brieuc Le Tinier.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

