Sur les marchés / Fonds norvégien / résultats annuels / Bourse
Sur les marchés
Fonds norvégien / résultats annuels / Bourse
Le Fonds norvégien signe sa pire performance depuis la crise financière mondiale /
Il subit de plein fouet la dégringolade concomitante des marchés actions et obligations
Le Fonds norvégien a réalisé une piètre performance en 2022. Le rendement affiché par ses différents placements (actions, obligations, immobilier, infrastructures) s’est élevé à -14,1 %, ce qui correspond à une fonte de valeur de 150,7 milliards d’euros, lit-on dans ses résultats annuels. Il s’agit de la pire performance depuis la crise financière mondiale en 2008, où le rendement généré s’était établi à -23,3 % (la valeur des actions détenues avait alors dégringolé de plus de 40 %).
En 2022, aux côtés de la chute de la valorisation des actions, le Fonds norvégien a dû faire face, une fois n’est pas coutume, à un effondrement concomitant de la valeur des obligations. La faute à des chocs inflationniste et monétaire inédits en plusieurs décennies ayant découlé du déclenchement de la guerre en Ukraine.
“Le marché a été affecté par la guerre en Europe, l’inflation élevée et la hausse des taux d’intérêt. Ces facteurs ont eu un impact négatif sur le marché des actions et le marché obligataire en même temps, ce qui est très inhabituel [la valeur de ces deux actifs est d’ordinaire corrélée négativement, ndlr]. Tous les secteurs du marché des actions ont enregistré des rendements négatifs, à l’exception de l’énergie”, a résumé Nicolai Tangen, directeur général du deuxième plus gros fonds souverain de la planète (derrière le fonds CIC de la Chine, d’après la plateforme spécialisée Global SWF) investi dans 69 pays.
Dans le détail, la performance des actions s’est affichée à -15,1 % contre -12,3 % pour les titres à revenu fixe, deux classes d’actifs qui représentaient fin 2021 97,4 % de la valeur du portefeuille du Fonds norvégien (les actions en représentent près des trois quarts). Par ailleurs, les investissements dans les biens immobiliers non cotés ont généré un rendement de 0,1 % contre 5,1 % pour les infrastructures d’énergie renouvelable non cotées.
Malgré ses contre-performances sur les marchés, le Fonds norvégien a vu sa valeur croître de 8,3 milliards d’euros en 2022 (elle atteint 1149,5 milliards d’euros). D’une part, en raison des mouvements de change (la couronne norvégienne s’est dépréciée renchérissant la valeur des actifs détenus puisqu’ils sont tous libellés en monnaie étrangère) qui ont rapporté 60 milliards d’euros, d’autre part grâce aux dotations en provenance du gouvernement (les revenus de la rente pétrogazière norvégienne sont reversés au fonds souverain) qui s’élèvent à 100 milliards d’euros.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

