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Banques / Sfil / Banque publique de développement / Philippe Mills

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Sfil / Banque publique de développement / Philippe Mills

La Sfil a confirmé la solidité de son modèle en 2022 / Le financement de la transition écologique et sociale prend de plus en plus de poids

L’ex-Société de financement local a enregistré de solides résultats en 2022. La banque publique de développement a su maintenir une activité dynamique en dépit de la grande volatilité des taux et des contraintes liées au taux d’usure. Un nouveau partenariat avec la Banque des Territoires et de nouveaux prêts sociaux avec La Banque Postale sont venus renforcer son modèle économique pour le financement des transitions écologique et sociale.
Philippe Mills, président de la SFIL - Gilles ROLLE/REA
Philippe Mills, président de la SFIL - Gilles ROLLE/REA

Continuité, solidité et innovation. Pour caractériser l’année 2022 de Sfil, Philippe Mills, le directeur général de la banque publique de développement, filiale de la Caisse des Dépôts, souligne d’abord à WanSquare "la continuité dans la très bonne tenue de nos résultats". Créée en 2013, la banque, qui intervient dans le financement des collectivités locales, le financement des hôpitaux publics et – depuis 2015 - celui des grands contrats à l’exportation, a réalisé l’an dernier un produit net bancaire de 243 millions d’euros, le plus élevé de son histoire.

De même pour le résultat net qui, à 86 millions d’euros, dépasse le précédent record de 76 millions d’euros de 2021. Des résultats qui ne constituent pas un objectif en soi pour la banque du fait de son statut particulier, mais qui témoignent justement de la résilience de son activité au service de la politique publique, en dépit de forts vents contraires.

Ses performances ont été réalisées dans le contexte très perturbé de l’année 2022, marquée par la guerre en Ukraine, l’accélération de l’inflation et une hausse rapide et forte des taux d’intérêt. Un environnement difficile dans lequel Sfil a "conservé de très bonnes conditions de financement, quasiment au même niveau que celles de 2021 qui étaient les meilleures que l’on ait jamais connues", souligne Philippe Mills.

 

Un nouvel allié : La Banque des Territoires

 

Au delà des chiffres, Sfil a innové pour mieux servir sa mission. D’abord en faisant évoluer le cadre de ses émissions durables et soutenables. Ce premier cadre élaboré en 2019 prévoyait des émissions vertes pour les collectivités locales et sociales pour les hôpitaux. "Nous avons élargi le champ", explique le directeur général de Sfil. "Il nous est désormais possible de faire des émissions sociales pour les collectivités ainsi que des émissions vertes pour certains contrats à l’export", détaille-t-il. De plus, une nouvelle offre de prêts sociaux est proposée depuis octobre 2022 aux collectivités locales par la Sfil en partenariat avec La Banque Postale. Elle vise à soutenir les investissements des collectivités locales sur des thématiques telles que la santé, l’éducation, le sport, la culture, le développement et la cohésion des territoires.

Outre La Banque Postale, "nous avons conclu un nouveau partenariat avec la Banque des Territoires afin d’élargir son offre, notamment avec prêts à taux fixe jusqu’à 40 ans venant financier les enveloppes thématiques de la Banque des Territoires en matière d’infrastructures, de performance énergétique des bâtiments et pour la mobilité douce", indique Philippe Mills. Un nouvel allié qui a ainsi contribué au bon comportement de l’activité de financement du secteur public local de Sfil l’an dernier.

Avec une particularité importante : en adéquation avec la raison d’être de l’établissement de "financer un avenir durable", la proportion des financements thématiques a augmenté. Alors qu’en 2021, 27 % des prêts étaient soit des prêts verts aux collectivités locales, soit des prêts sociaux aux hôpitaux, le taux est monté à 37 % en 2022, incluant les nouveaux prêts sociaux aux collectivités.

 

Le frein de l’usure

 

Sans surprise, la production de prêts aux collectivités locales et aux hôpitaux a toutefois diminué l’an dernier à 4,1 milliards d’euros, au lieu de 4,9 milliards d’euros en 2021, ce qui s’explique par la contrainte du taux d’usure dans un contexte d’une hausse forte et rapide des taux d’intérêt directeurs des banques centrales. "Pendant la majorité de l’année, 33 semaines sur 52 précisément, nous n’avons pas été en capacité de faire des prêts à taux fixe à cause de marges négatives, mais seulement des taux variables aux clients qui le souhaitaient", explique Philippe Mills. Sans cela, la banque aurait très certainement atteint le budget de 5 milliards de prêts qu’elle s’était fixé.

Malgré cette contrainte, 2022 a été une année forte, en particulier dans le financement des établissements publics de santé, auprès de qui la SFIL a prêté 622 millions d’euros l’an dernier, soit le deuxième montant le plus élevé après les plus de 650 millions d’euros de 2021. L’explication réside dans le plan Ségur de la santé, qui a entraîné une reprise partielle de la dette des hôpitaux par l’Etat. De loin le premier financeur des hôpitaux, Sfil leur a prêté à 77 % à taux fixe l’an dernier pour une part de marché de 43 % en binôme avec La Banque Postale.

 

Demande record à l’export

 

Dans le domaine des crédits à l’exportation, l’activité a été relativement faible en 2022 avec seulement trois contrats pour 700 millions d’euros, au lieu d’une moyenne de quatre contrats pour 2 milliards d’euros habituellement. "Mais, en sens inverse, nous recevons des demandes records avec 165 dossiers en cours d’études actuellement pour un montant total de 62 milliards d’euros selon les derniers chiffres", indique Philippe Mills.

Si bien sûr, certains dossiers n’aboutiront pas, "six d’entre eux sont bien engagés pour pouvoir se conclure dans les prochains mois alors que nous ne sommes qu’au début de l’année", précise le dirigeant. Un engouement lié au contexte de durcissement des conditions de financement par les banques centrales. "Avec une situation géopolitique aussi tendue qu’elle l’est aujourd’hui et des conditions de financement qui se durcissent, il devient encore plus intéressant qu’à l’accoutumée de faire appel aux conditions de financement et à la garantie d’une banque publique de développement", fait valoir Philippe Mills.

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