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La Sfil franchit les 50 milliards d’euros de prêts au secteur public local / Un rôle croissant dans la transition écologique des collectivités

Depuis sa création en 2013, la Sfil a désormais accordé pour plus de 50 milliards d’euros de prêts au secteur public local. Un cap qui vient souligner son rôle central d’intermédiaire entre les marchés financiers et les acteurs publics locaux, conformément à son mandat de banque publique de développement. L’avenir est tout aussi porteur, sinon plus, au vu de l’essor des prêts thématiques pour la transition écologique, portés par les investissements croissants des collectivités locales en la matière.
Philippe Mills, le directeur général de la Sfil
Philippe Mills, le directeur général de la Sfil

Un deuxième cap symbolique pour la SFIL. Après avoir connu une année 2023 record pour son dixième anniversaire, la banque publique de développement française vient de franchir le cap des 50 milliards d’euros de prêts au secteur public local.

Un chiffre important pour ce qui constitue la première mission historique de l’établissement (à laquelle s’est ajoutée en 2015 une deuxième mission, celle du refinancement des contrats de crédit à l’export). Et qui reflète donc, onze ans après la création de la Sfil en 2013, son rôle privilégié d’intermédiaire entre les investisseurs engagés sur les marchés financiers et les acteurs publics locaux. "Cela fait maintenant neuf années consécutives que nous sommes le premier financeur du secteur public local, avec une position de leader qui représente entre 20 et 25 % de part de marché", souligne à cet égard à WanSquare Philippe Mills, le directeur général de la banque publique de développement.

D’ailleurs, "le chiffre exact se situe au-delà des 50 milliards d’euros. Il est de 51,1 milliards d’euros, dont un peu plus de 45 milliards d’euros de prêts accordés aux collectivités locales auprès de 11 000 clients, et environ 6 milliards d’euros auprès de 800 clients du côté des hôpitaux publics", précise le dirigeant.

Le portefeuille est très diversifié, allant de prêts de quelques milliers d’euros pour financer les projets de petites collectivités, à des contrats de prêts de plus de 100 millions d’euros auprès de métropoles.

Après ces plus de 50 milliards d’euros, l’avenir de la Sfil s’ouvre sur des auspices tout aussi bons, avec une activité de financement du secteur public local soutenue par un besoin de financement durable qui prend de l’ampleur. "Au-delà des financements ordinaires, la SFIL propose depuis plusieurs années des prêts thématiques pour accompagner les défis de la transition écologique des collectivités locales", rappelle en effet Philippe Mills.

La gamme des prêts verts et prêts sociaux respectivement lancés en 2019 et 2022, occupe une place croissante dans le portefeuille de la banque publique. En 2023 notamment, les prêts thématiques, qui regroupent donc les prêts verts et sociaux aux collectivités locales, mais aussi les prêts santé financés par des émissions sociales, ont représenté 43 % de la production.

Dans le détail, ces prêts verts répondent en majorité (pour 40 %) à des enjeux de gestion de l’eau et assainissement, mais aussi à des enjeux de mobilité douce et transports propre (pour 27 %), d’efficacité énergétique (pour 17 %), de gestion et de valorisation des déchets (pour 14 %) et de production d’énergie renouvelable (pour 2 %).

Et "l’importance des objectifs des collectivités locales en matière d’investissement durable augure des besoins de financements de plus en plus importants", souligne le dirigeant. D’ici 2030, les collectivités locales devront investir jusqu’à 21 milliards d’euros par an pour s’adapter au changement climatique et réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Des perspectives porteuses que le changement de gouvernement ne devrait pas remettre en cause. A très court terme, alors que le premier semestre 2024 a encore une fois été très actif, les conditions de financement ont été légèrement pénalisées par la dissolution de l’assemblée nationale, du fait de l’incertitude liée aux élections. "Mais l’écart demeure faible à ce stade. Nous venons d’ailleurs tout juste de réaliser notre plus grosse émission verte à ce jour, d’un montant de 1,25 milliard d’euros, pour laquelle la demande a atteint 4,3 milliards d’euros, et l’émission s’est faite à un niveau inférieur à notre courbe secondaire, ce qui est très rare ", indique Philippe Mills.

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