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Le premier opérateur mondial de satellites stresse ses actionnaires / SES devra respecter son programme de mises sur orbite
L’opérateur satellitaire luxembourgeois SES, concurrent du Français Eutelsat, anime la cote parisienne de ce début de semaine. Son action, membre de l’indice SBF 120, a chuté jusqu’à plus de 14 % lundi en début de séance, avant de progressivement regagner une partie du terrain perdu et de finir la journée en repli de 3,5 %, à 6,99 euros.
La raison ? D’une part, les résultats du quatrième trimestre du groupe se sont révélés mitigés. Le chiffre d’affaires de 544 millions d’euros a légèrement dépassé (de 2 %) les attentes, mais la marge d’excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 50,7 % "se situe 200 points de base en dessous du consensus", note le bureau d’études Bryan, Garnier & Co.
D’autre part, et surtout, le groupe inquiète les investisseurs avec ses perspectives pour 2023. SES vise entre 1,95 et 2 milliards d’euros d’Ebitda de chiffre d’affaires cette année avec un excédent brut d’exploitation compris dans une fourchette de 1,01 à 1,05 milliard d’euros. Précision importante : ces objectifs sont formulés sur la base d’un taux de change de 1 euro valant 1,09 dollar, une hypothèse beaucoup moins favorable que la quasi-parité retenue par les analystes pour établir leurs propres prévisions. Et ce, sachant que pour cette année, le consensus visait 2,09 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 1,1 milliard d’euros d’Ebitda. Ainsi, selon Bryan, Garnier & Co, il est très probable que ledit consensus "modère ses prévisions dans une fourchette de 5 % à 7 %".
De plus, si les chiffres déçoivent, ils sont également entourés d’une certaine incertitude liée au déploiement du système de seconde génération de SES en orbite moyenne terrestre baptisé "O3b mPOWER". Un système devant "ouvrir une nouvelle ère de la connectivité mondiale" selon SES, et par là même constituer un important relais de croissance. Ainsi, "les prévisions sous-jacentes du groupe dépendent beaucoup du lancement commercial et de la montée en puissance d’O3b mPOWER au cours du second semestre 2023", souligne la banque Citi. Or, après le succès du lancement des deux premiers satellites O3b mPOWer en décembre dernier, les lancements suivants ont été reportés à quatre reprises. Si bien que le lancement commercial est désormais anticipé au cours du troisième trimestre, l’essentiel de la montée en puissance étant désormais repoussé à 2024.
Libérer la bande C
L’autre élément d’incertitude concerne la vitesse d’encaissement des revenus de compensation pour la libération de la fameuse "bande C". Le régulateur américain des télécommunications, la Federal Communications Commission (FCC) a en effet imposé aux opérateurs satellites un calendrier accéléré contre rémunération pour libérer la partie basse de cette bande de fréquence afin de permettre aux opérateurs de réseau mobile de déployer les services 5G aux Etats-Unis.
Pour s’y conformer, SES devait lancer cinq satellites de remplacement en 2022 afin de reconditionner ses services pour les faire passer des 300 mégahertz (MHz) inférieurs de la bande C aux 200 MHz supérieurs et ainsi libérer de l’espace pour la 5G. Sur ces cinq satellites, trois ont pu être lancés l’an dernier, et deux autres doivent l’être au premier trimestre de cette année. Les lancements prévus - avec des fusées SpaceX - sont programmés en mars, à Cap Canaveral en Floride.
SES qui a déjà reçu 1 milliard de dollars de compensation de la part de la FCC en 2021, puis 170 millions de dollars l’an dernier, se dit "impatient d’achever le travail en 2023", ce qui lui permettrait de percevoir 3 milliards de dollars supplémentaires. Mais vu l’importance de la somme, la perspective d’un éventuel nouveau retard "demeure un risque majeur", souligne Citi.
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