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Eutelsat / OneWeb / Satellites / LEO / GEO / Géostationnaires / Elon Musk / Starlink

Eutelsat vise 1,5 milliard d’euros de synergies avec OneWeb / Et 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2027

Le rapprochement d’Eutelsat avec le britannique OneWeb et sa constellation en basse orbite va générer de nombreuses synergies. Celles-ci ne seront pas de trop pour financer la deuxième génération de satellites qui permettront de rester dans la course face à la constellation Starlink de SpaceX.
Eva Berneke, directrice generale d'Eutelsat - Sophie PALMIER/REA
Eva Berneke, directrice generale d'Eutelsat - Sophie PALMIER/REA

Une présentation placée sous le signe des synergies. Deux mois et demi après la signature fin juillet du protocole d’accord sur son projet de rapprochement avec le britannique OneWeb, l’opérateur de satellites Eutelsat a procédé mercredi à une mise à jour stratégique sur cette opération dont l’ambition est de rivaliser avec la constellation Starlink d’Elon Musk.

Avec Starlink, OneWeb est l’une des deux seules constellations en basse orbite (low earth orbit ou LEO) avec des droits de spectre prioritaires sécurisés. Dans un marché de la connectivité en plein essor, l’orbite basse fait l’objet d’une course à l’espace accélérée, prisée pour sa faible latence adaptée à l’internet haut débit, quand l’orbite géostationnaire (GEO) traditionnelle sert principalement à la diffusion de la télévision par satellite.

Depuis le départ, le projet suscite tout autant l’enthousiasme pour les opportunités de croissance qu’il implique que certaines interrogations sur le financement de OneWeb, encore déficitaire et en phase d’investissement. Sur le premier point, si le chiffre d’affaires de OneWeb devrait seulement atteindre 50 millions d’euros l’an prochain, le montant est appelé à croître rapidement. De 150 à 250 millions en 2024, les revenus de OneWeb grimperont à 300 à 500 millions d'euros en 2025 pour dépasser 600 millions d'euros au cours de l'exercice 2027, prévoit Eutelsat.

 

Triplement du marché

 

D’ores et déjà, OneWeb dispose déjà d’un total de plus de 600 millions de dollars de revenus "contractualisés", y compris 275 millions de dollars liés aux partenariats commerciaux avec Eutelsat. Et l’entreprise évoque un "pipeline pondéré", soit des opportunités d’affaires, "de près de 1,9 milliard de dollars répartis sur […] les Entreprises, les gouvernements, l’aviation et le maritime, étayés par des accords de distribution avec des acteurs majeurs du secteur".

Des perspectives de revenus futurs loin d’être utopiques sur marché de la connectivité par satellite qui devrait plus que tripler en valeur d’ici 2030, passant de 4,3 milliards de dollars à 16 milliards de dollars, grâce à la diminution des obstacles à l’entrée, liés à la bande passante, la latence, au prix et aux terminaux. La contribution des satellites non géostationnaires devrait croître environ 2,5 fois plus vite, pour représenter près de 50 % du marché d'ici 2030, part captée en majorité par les constellations LEO. Des perspectives sur lesquelles reposent justement la fusion.

 

Croissance à deux chiffres

 

Pour son entité combinée avec OneWeb, Eutelsat projette ainsi un chiffre d’affaires d'environ 1,2 milliards d'euros pour l'exercice 2023, avec une croissance annuelle à deux chiffres permettant d’atteindre entre 1,35 et 1,45 milliards d'euros en 2024, puis entre 1,55 et 1,75 milliards d'euros en 2025, et "environ 2 milliards d'euros au cours de l'exercice 2027".

Ce chemin bien balisé s’appuie sur des synergies annuelles de chiffre d’affaires évaluée à environ 150 millions d’euros en moyenne d’ici la quatrième année (après le rapprochement), grâce notamment "à la montée en puissance commerciale de OneWeb" et "à l’accélération de la mise en service des produits OneWeb avec des offres combinées GEO/LEO".

Des synergies de coûts sont chiffrées également. Elles devraient atteindre (avant impôts) plus de 80 millions d’euros en moyenne d’ici cinq ans, par "l'optimisation des charges opérationnelles et un travail sur les doublons de coûts entre les deux entités".

Les synergies d’investissement s’annoncent beaucoup plus immédiates : 80 millions d’euros par an dès la première année. Elles s’obtiennent notamment grâce au redimensionnement de la constellation Gen 2 de OneWeb "en tirant parti de l'infrastructure satellite hybride GEO/LEO par rapport à un déploiement standalone, avec une infrastructure hybride nécessitant moins de satellites et/ou des satellites plus petits".

Ensemble, "ces sources de création de valeur supplémentaires correspondent à une valeur actualisée nette de plus de 1,5 milliard d'euros après impôts et hors coûts de mise en œuvre", indique Eutelsat.

 

Gen 2

 

En incluant ces synergies, les investissements du groupe devraient se situer en moyenne entre 725 à 875 millions d'euros par an sur la période de 2024 à 2030 avec une part plus importante les premières années, pour diminuer ensuite au-delà de 2030. Ils seront consacrés essentiellement au déploiement de la constellation de deuxième génération de OneWeb (Gen 2) qui ne devrait entrer en service qu’en 2028. Et dont le financement sera assuré par la génération de trésorerie des activités historiques d’Eutelsat à forte rentabilité.

En sens inverse, l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) devrait passer d’environ 700 millions d'euros l’année prochaine 2023 à une fourchette comprise entre 750 millions d'euros et 850 millions d'euros en 2024, puis entre 900 millions d'euros et 1,1 milliard d'euros en 2025, pour atteindre 1,4 milliard d’euros en 2027. Les deux courbes devraient donc se croiser d’ici 2025 ou 2026, à la satisfaction des actionnaires qui retrouveront un dividende.

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