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Eutelsat projeté dans la guerre des étoiles avec OneWeb

Numéro trois mondial des opérateurs satellites, le français Eutelsat veut s’attaquer au marché de la couverture internet à basse orbite en fusionnant avec le britannique OneWeb.
Eutelsat souhaite fusionner avec OneWeb dans une opération par échange d’actions - DENIS/REA
Eutelsat souhaite fusionner avec OneWeb dans une opération par échange d’actions - DENIS/REA

La création du concurrent européen de Starlink appelée des vœux d’Emmanuel Macron semble en bonne voie. La rumeur surgie durant le week-end de prise de contrôle imminente de l’opérateur satellites britannique OneWeb par le groupe français Eutelsat n’a pas tardé à être confirmée. Le protocole d’accord annoncé mardi par Eutelsat en vue d'une fusion des deux acteurs, marque le franchissement d'une étape importante dans la course à l'internet spatial à haut débit.

L’ambition est de "créer un acteur mondial unique et de premier plan dans le domaine de la connectivité", a indiqué Eutelsat, l’opération devant permettre de regrouper la flotte de 36 satellites géostationnaires (GEO) du Français et la constellation de 648 satellites en basse orbite (LEO) de OneWeb, dont 428 sont actuellement opérationnels.

Pour Eutelsat, ce rapprochement représente une suite logique au partenariat débuté avec la prise de participation dans OneWeb opérée l’an dernier, suivi par l'accord de distribution mondiale annoncé en mars 2022. "Notre investissement initial dans OneWeb reposait sur notre conviction profonde que la croissance future de la connectivité serait tirée par les capacités GEO et les constellations LEO. Cette conviction s'est renforcée au fur et à mesure que nous avons approfondi notre relation avec OneWeb", a expliqué Eva Berneke, la directrice générale d’Eutelsat.

 

Enjeu stratégique et de souveraineté

 

Le groupe français détient actuellement 23% du capital de OneWeb aux côtés d’un consortium d'investisseurs publics et privés, parmi lesquels le gouvernement britannique, actionnaire à 17,6%. Le Royaume-Uni conservera d’ailleurs des "actions privilégiées" de OneWeb, dont le siège social restera à Londres.

De même que l’Etat français est présent au capital d’Eutelsat, détenu à 20% par Bpifrance, la banque publique d'investissement, ces participations étatiques soulignant l’enjeu stratégique de la connectivité en orbite basse, plus rapide que celle des satellites géostationnaires situés à 36 000 kilomètres. Un marché à 16 milliards de dollars selon Eutelsat, tiré "par les besoins croissants des clients sur les segments B2B et B2C à la recherche d'une connectivité permanente et fiable". 

Un enjeu de souveraineté également, comme souligné en février dernier par Emmanuel Macron, lorsqu’il avait défendu le projet européen de constellation de satellites à basse altitude. "Sans maîtrise de l’espace, pas de souveraineté industrielle et économique…", expliquait le président de la République, qui s'exprimait à l'occasion de la présidence française de l'Union européenne.

Les grappes de satellites de la constellation Starlink du milliardaire américain Elon Musk ont pris une large avance dans cette forme de guerre économique. Starlink possède déjà plus de 2 800 machines actives en orbites basses sur les 12 000 visés d’ici 2025. Mais avec les deux tiers de sa flotte spatiale déployée, OneWeb fait figure de plus sérieux concurrent de Starlink à ce stade.

 

Prise de contrôle

 

Alors que sa pertinence stratégique ne fait pas de doute, l’accord soulève des questions financières. Sauvé de la faillite en 2020, OneWeb est encore déficitaire et en phase d’investissement. "Il reste un certain nombre d'inconnues", notent les analystes de Deutsche Bank. "Alors que la constellation actuelle [de OneWeb] ne générera pas ses premiers revenus avant un an", le financement d'une future constellation entraînera nécessairement une dilution importante du cash-flow libre d’Eutelsat, qui se situe autour de 450 millions d’euros, préviennent-ils.

La structure de l’opération fait aussi l’effet d’une douche froide aux actionnaires d’Eutelsat, dont le titre chute de plus de 15% mardi après-midi. Les actionnaires d’Eutelsat et de OneWeb détiendront chacun 50% du capital social d’Eutelsat. Payée en titres, la transaction, qui valorise OneWeb à 3,4 milliards de dollars (3,3 milliards d'euros), va mécaniquement diluer les actionnaires d'Eutelsat.

Si les actionnaires britanniques et français se répartiront équitablement le capital, et bien que OneWeb conservera sa marque propre, l'opération traduira bien une prise de contrôle par Eutelsat. Le président d'Eutelsat, Dominique D'Hinnin, sera proposé comme président de l'entité combinée, son homologue de OneWeb, Sunil Bharti Mittal, devenant vice-président. Tandis que la directrice générale d'Eutelsat, Eva Berneke, dirigera le nouveau groupe. 

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