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Eutelsat / OneWeb

Eutelsat négocie le carve-out de ses infrastructures terrestres avec EQT / Un deal gagnant-gagnant

Eutelsat est entré en discussions exclusives avec EQT pour lui vendre 80 % de ses infrastructures de stations terrestres, valorisées à 790 millions d’euros. Une opération gagnant-gagnant, qui permettra à l’opérateur de satellites de renforcer sa situation financière, ce dont il a bien besoin, tandis qu’EQT saisit l’opportunité d’investir dans des infrastructures numériques essentielles.
Eva Berneke, la directrice générale d’Eutelsat - Photo by MIGUEL MEDINA / AFP
Eva Berneke, la directrice générale d’Eutelsat - Photo by MIGUEL MEDINA / AFP

Voilà qui devrait contribuer à sécuriser le profil financier d’Eutelsat tout en enrichissant le portefeuille d’infrastructures du fonds d’investissement suédois EQT. Celui-ci, à travers son véhicule Infrastructure VI, vient en effet d’entrer en négociations exclusives avec l’opérateur satellites en vue d’acquérir une participation majoritaire dans son activité d’infrastructure de stations terrestres.

Le schéma envisagé dans le cadre de ces discussions prévoit qu’EQT détiendrait 80 % du capital de la société, tandis qu’Eutelsat resterait un actionnaire de long-terme avec 20 % du capital et le client principal de la nouvelle société. Ce qui suppose que l’opération détacherait d’Eutelsat les actifs "passifs" dont les terrains, les bâtiments, les infrastructures de support, les antennes et les circuits de connectivité pour constituer une nouvelle entreprise qui deviendrait une entité légale autonome.

 

Eutelsat pourrait récupérer 475 millions d’euros

 

Point important : la valorisation. L’opération envisagée valorise la nouvelle entité à 790 millions d’euros. En en cédant les quatre cinquièmes, Eutelsat renforcerait donc sa situation financière. Après impôts, Eutelsat pourrait recevoir environ 475 millions d’euros à la clôture de l’opération, prévue pour le premier trimestre 2026, estiment les analystes de Deutsche Bank. "Toutes choses égales par ailleurs, nous estimons que l’opération pourrait entraîner un désendettement d’environ 0,2 fois au cours de l’exercice fiscal 2026", calculent-ils. Sachant que le groupe affichait au 30 juin une dette nette de 2,5 milliards d’euros et son ratio d’endettement net (par rapport à l’excédent brut d’exploitation ou Ebitda ajusté) s’établissait à 3,79 fois, un niveau qu’il compte ramener à environ 3 fois à moyen terme, comme il l’a rappelé vendredi à l’occasion de la publication des résultats de son exercice 2023-2024.

Depuis le rachat il y a deux ans de l’opérateur de satellites britannique OneWeb, spécialisé dans l’orbite basse (Low Earth Orbit, ou LEO) avec une constellation de plus de 600 satellites, l’équilibre des finances d’Eutelsat est scruté attentivement, le déploiement opérationnel des services de OneWeb nécessitant d’importants investissements, qui vont croissant. Le groupe prévoit que ses dépenses d’investissement brutes pour l’exercice 2024-2025 devraient se situer dans une fourchette comprise entre 700 et 800 millions d’euros, après 517,1 millions d’euros à l’exercice 2023-2024. En particulier, les investissements dans la constellation OneWeb de deuxième génération, qui devrait entrer en service début 2028, vont absorber une partie importante de la génération de trésorerie.

 

Un secteur d’infrastructure numérique intéressant

 

Dans ce contexte, pouvoir déléguer l’infrastructure de stations terrestre à une entité autonome permettrait d’alléger ce fardeau, cette activité nécessitant des investissements continus dans la modernisation de sites existants et la construction de nouveaux sites. On se souvient d’ailleurs que c’est un retard dans le déploiement des infrastructures au sol pour l’actuelle constellation de première génération de OneWeb, qui avait conduit le groupe a émettre un avertissement sur ses résultats en janvier dernier.

Pour cette activité, bénéficier du soutien d’un acteur du private equity de la taille d’EQT, qui en est au sixième millésime de son véhicule d’infrastructures, constituerait un atout de poids. Et cet investissement cadre totalement avec les objectifs du fonds suédois pour son véhicule EQT Infrastructure VI. "Nous avons identifié il y a plusieurs années les stations terrestres de satellites comme un secteur d’infrastructure numérique intéressant", explique, à cet égard, Carl Sjölund, associé au sein de l’équipe de conseil en infrastructures à valeur ajoutée d’EQT. Les stations terrestres de satellites permettent la transmission de données entre la Terre et les satellites en orbite. "Elles jouent un rôle important pour assurer la connectivité mondiale, en particulier pour les pays non couverts par des solutions de connectivité fixe et mobile ", souligne-t-il.

De fait, l’opération "représenterait une situation gagnant-gagnant pour toutes les parties et permettrait à Eutelsat de renforcer son profil financier, tout en continuant de s’appuyer sur la qualité et la fiabilité inégalées de ses infrastructures terrestres", a commenté pour sa part Eva Berneke, la directrice générale d’Eutelsat.

Il s’agirait de la dernière transaction en date d’EQT Infrastructure en France, qui a également acquis au cours des 24 derniers mois la société de services de métrologie Trescal, ainsi qu’Ocea, l’un des principaux fournisseurs français de compteurs d’eau et de chauffage.

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