WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / Nicolas Dufourcq / Bpifrance / politiques publiques / France 2030 / Entreprise

Entreprises / Actions
Nicolas Dufourcq / Bpifrance / politiques publiques / France 2030 / Entreprise

Les entrepreneurs, la clé d’un déploiement efficace des politiques publiques ? / Quelques noeuds dans l'alliance entre les entreprises et l'Etat

Les plans d’investissement dans l’économie sont bien conçus mais peinent à être correctement déployés. Pour que le partenariat public-privé se trouve renforcé, l’efficacité et la vitesse doivent primer.
France 2030 (©Stephane AUDRAS/REA)
France 2030 (©Stephane AUDRAS/REA)

"La capacité à déployer les choix [des politiques publiques] pose question". A l’occasion d’une table ronde organisée par Bpifrance au sujet de l’alliance entre les entreprises et l’Etat, Denis Ferrand, directeur de l’institut Rexecode, illustre ainsi la problématique évoquée en données. S’il est encore trop tôt pour mesurer les impacts du plan d’investissement France 2030 - doté de 54 milliards d’euros et destiné à venir soutenir l’innovation et la compétitivité des entreprises françaises -, il est aujourd’hui possible de tirer les conclusions du soutien offert à l’économie française de son ancêtre : le Programme d’investissement d’avenir (PIA). Et "sur les 56 milliards d’euros engagés dans ce PIA, seuls 26 milliards d’euros avaient été déployés au lancement de France 2030, à la fin de l’année 2021", rappelle ainsi Denis Ferrand.

Alors pour mieux allouer ces capitaux publics, Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, aime à rappeler que si la banque publique d’investissement qu’il dirige peut se targuer de représenter le "miracle public-privé", c’est avant tout parce qu’elle met l’entrepreneur au cœur de son action.

 

Méthode ascendante

 

Tout d’abord grâce à sa méthode de gestion de portefeuille. "Le bottom-up est une religion intime chez Bpifrance", souligne-t-il. En clair, cette méthode dite "ascendante" consiste pour l’investisseur à analyser les caractéristiques spécifiques des fondamentaux d’une entreprise ou d’un secteur. Alors que les stratégies d’investissement "descendantes" visent, elles, à saisir les opportunités d’investissement en accord avec les cycles de marchés, l’approche "bottom-up" se focalise quant à elle sur l’idée qu’une entreprise innovante et bien gérée obtiendra, de fait, de bons résultats financiers à l’avenir.

En déployant de la sorte des capitaux publics, Bpifrance entend de plus rester fidèle à un autre de ses principes : celui de créer un effet de levier sur le secteur privé. Ce faisant, la banque d’investissement prend généralement des prises de participations minoritaires dans les levées de fonds auxquelles elle participe. A Marina Niforos, professeure à HEC et fondatrice-présidente du think tank Initiative sur la Gouvernance Climatique de la Grèce de souligner : "L’argent public doit créer un effet de levier, pas de substitution. Il faut de l’argent intelligent. Puisque les entreprises sont bénéficiaires de certains plans de politiques publiques, elles doivent aussi apporter leurs projets".

 

Simplification, vitesse et constance

 

Si l’économiste souligne évidemment l’importance du partenariat entre l’Etat et les entreprises, elle met néanmoins en garde contre certaines lignes de défense, sur lesquelles l’intervention publique peut devenir contre-productive. Entre autres, en matière d’efficacité : "Les politiques publiques sont souvent mieux conçues que déployées. Si nous nous plaçons du côté des entreprises, il est nécessaire de privilégier la simplification, la vitesse et la constance. Car elles n’ont pas le temps d’attendre".

L’imbrication entre la puissance publique et les entreprises reste pourtant essentielle : l’Inflation Reduction Act (IRA), aux Etats-Unis, l’aura bien prouvé. En mettant près de 400 milliards de dollars sur la table pour venir soutenir les entreprises industrielles américaines et en opérant auprès de celles-ci au travers de crédits d’impôts, le plan porte déjà ses fruits. "Début 2022, il était 8 % plus cher de fabriquer une batterie électrique en Europe qu’aux Etats-Unis. Après l’Inflation Reduction Act (IRA), ce différentiel est de 40 %", rappelle ainsi Denis Ferrand.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article