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Olaf Scholz / industrie / plan énergétique / bouclier énergétique / Thierry Breton / Nicolas Dufourcq

Derrière le plan énergétique allemand, la menace industrielle

Le bouclier énergétique de 200 milliards d’euros que l’Allemagne souhaite mettre en oeuvre risque de fragiliser la compétitivité des entreprises industrielles de ses voisins.
Le chancelier allemand Olaf Scholz - Bernd Von Jutrczenka/ZUMA Press/
Le chancelier allemand Olaf Scholz - Bernd Von Jutrczenka/ZUMA Press/

Berlin peut-il faire machine arrière dans son cavalier seul pour protéger son économie face à la crise énergétique ? La colossale enveloppe de 200 milliards d’euros que le chancelier allemand Olaf Scholz a décidé de débloquer pour atténuer les effets de la hausse des prix du gaz sur les consommateurs inquiète quant à ses conséquences sur la cohésion européenne.

Ce plan d’aide massif décidé en solo par l’Allemagne pour compenser la hausse des prix du gaz pour ses entreprises pose problème. Certes, il répond à la nécessité de soutenir l'économie. Mais "comment les Etats membres qui ne disposent pas des mêmes marges budgétaires pourront-ils, eux aussi, soutenir les entreprises et les ménages ?", s’interrogent Thierry Breton, le commissaire européen responsable du marché intérieur, et son homologue italien Paolo Gentiloni, commissaire européen chargé des Affaires économiques, dans une récente tribune publiée dans Les Echos.

"Plus que jamais, nous devons éviter de fragmenter le marché intérieur, d'installer une course aux subventions et de remettre en question les principes de solidarité et d'unité qui fondent notre projet européen", soulignent-ils. Selon Thierry Breton et Paolo Gentiloni, "seule une réponse budgétaire européenne nous permettra, en épaulant l'action de la BCE, de répondre efficacement à cette crise et d'apaiser des marchés financiers volatils".

La question promet donc de continuer à animer les débats. Elle devrait être en arrière-plan de la première grand-messe de la toute nouvelle Communauté politique européenne (CPE) lancée à l’initiative d’Emmanuel Macron, qui se tient ce jeudi à Prague, où doivent se réunir plus de quarante chefs d’Etat et de gouvernement. Et au premier plan de celle vendredi, toujours à Prague des 27 dirigeants de l’Union Européenne, lors d’une séance informelle du Conseil européen pour discuter de la guerre en Ukraine, de l’énergie et de la situation économique en Europe.

L’enjeu est celui de la forte distorsion de concurrence que la mesure allemande introduit entre son industrie et celle de ses voisins. Ce "quoi qu’il en coûte" version allemande doit agir comme bouclier défensif contre une inflation qui s’est envolée de 10,9% en septembre outre Rhin, tandis que les prix de l’énergie y ont flambé de 43,9%. Conséquence directe de la fermeture du robinet du gaz russe que l'Allemagne subit de plein fouet du fait de la prépondérance dudit gaz russe dans son mix énergétique.

Mais le plan allemand, qui prévoit entre autres un mécanisme de "frein d'urgence" pour les tarifs du gaz, par des subventions de la consommation de gaz jusqu’à un certain seuil, fait totalement fi de toute solidarité européenne, alors que Berlin s’oppose justement à la mise en place d’un plafond sur le prix du gaz au niveau communautaire, que réclament quinze Etats membres.

De plus, si d’autres pays, comme la France, soutiennent aussi les ménages et les entreprises touchés par l’inflation, l’ampleur du soutien allemand est hors concours. Pour les entreprises industrielles italienne ou française, par exemple, le handicap s’annonce difficile à surmonter face à leurs homologues allemandes. L’Allemagne est engagée "dans une guerre de l’énergie pour la prospérité et la liberté", a déclaré le ministre des Finances Christian Lindner, au risque que cette guerre soit menée aussi contre les intérêts des autres pays membres.

Une vérité que ne manquera pas de rappeler Nicolas Dufourcq, le président de Bpifrance, à Emmanuel Macron, qui sera présent, à l’occasion de BIG, le rassemblement annuel des entrepreneurs organisé par Bpifrance, dont la huitième édition a lieu ce jeudi à l'Accor Arena à Paris.

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