Professions financières / Bpifrance / Nicolas Dufourcq / Banque publique d'investissement / France 2030 / relocalisation / industrie / décarbonation / Innovation
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Bpifrance / Nicolas Dufourcq / Banque publique d'investissement / France 2030 / relocalisation / industrie / décarbonation / Innovation
Nicolas Dufourcq présente le nouveau plan stratégique de Bpifrance / Décarbonation et réindustrialisation au programme
Au lendemain de l’audition d’Eric Lombard, directeur général de la Caisse des dépôts et consignation, dans le cadre de sa reconduction à la tête de l’institution financière publique, ce fut au tour de Nicolas Dufourcq, avec qui il collabore souvent, de présenter, ce mercredi, aux députés de la Commission des finances de l’Assemblée nationale le nouveau plan stratégique à horizon 2023-2025 de la maison qu’il dirige, Bpifrance.
Hussard de la décarbonation
Et celui se compose de plusieurs "chapitres". Après un bref rappel des missions de Bpifrance et des quelques chiffres-clés qui ont marqué l’année passée - "Bpifrance termine 2022 avec des volumes très importants : 9 milliards d’euros de crédit à long terme, plus de 6 milliards d’euros de crédits à court terme et 17 milliards d’euros en garantie export. Le résultat net (non encore officiel, ndlr) sera très bon, pas loin de 1,5 milliard d’euros", a-t-il souligné -, Nicolas Dufourcq a donc détaillé ses ambitions. "Notre plan stratégique est constitué d’un gros bloc décarbonation et réindustrialisation de l’économie française et le tout se fera par l’innovation ", a-t-il expliqué.
S’agissant de la décarbonation, Bpifrance veut rendre le tissu productif français plus vert. "Nous visons 20 000 PME-ETI décarbonées. Par ailleurs, concernant les grands groupes cotés dans lesquels nous sommes présents, nous avons des collaborateurs au sein des conseils d’administration qui sont là pour être des "hussards" de la transformation et imposé des comités climat", a chiffré Nicolas Dufourcq.
Une réindustrialisation coûteuse mais possible
Une "pré-condition " indispensable à la réindustrialisation de la France, selon lui. "Je ne vous cache pas qu’il faudra beaucoup de temps, de capitaux et d’énergie pour y parvenir. Il faudra une dizaine d’années minimum pour gagner deux points de PIB ", a cependant prévenu le directeur général de la banque publique d’investissement.
Interrogé d’ailleurs à cette occasion par un député sur l’enjeu de relocalisation des entreprises françaises alors que ces dernières subissent de plein fouet la crise énergétique et pourraient être tentées, au contraire, de délocaliser, Nicolas Dufourcq a tenu à rassurer les parlementaires : "Le risque de délocalisation est très faible. Bpifrance finance beaucoup de projets de relocalisation à l’heure actuelle et continuera de le faire. L’engouement pour le fonds d’investissement SPI (Sociétés de Projets Industriels, ndlr) est enthousiasmant".
Incontournable innovation
Côté innovation, pour rappel, Bpifrance est l’opérateur de 80% du plan France 2030, plan d’investissement du gouvernement, doté de 54 milliards d’euros et qui vise à développer la compétitivité industrielle et les technologies innovantes. "L’idée est de réinventer l’économie, qu’elle soit plus verte, plus innovante ", a déclaré le directeur général qui a également profité de son audition pour rappeler les objectifs du plan Deeptech de 3 milliards d’euros sur cinq ans, déployé depuis 2019 par Bpifrance et dont l’objectif est d’atteindre la création de 500 startups industrielles. "Nous en sommes à 250. Les centres scientifiques français doivent engendrer beaucoup plus de startups. Pour cela, nous allons redéployer notre méthode du porte à porte de masse. Désormais Bpifrance financera la pré-maturation des projets des laboratoires de sorte que le nombre de start-up passant de l’étape de l’innovation à celle de l’industrialisation soit favorisé ", a-t-il précisé.
Un engagement complémentaire à la stratégie "Startups industrielles et deeptech" de 2,3 milliards d’euros annoncée par le gouvernement en janvier 2022 et visant à créer 100 sites industriels par an. " Il faut placer l’innovation au cœur des PME industrielles. Notre rôle est de pousser l’innovation en allant voir les entrepreneurs pour les pousser à sortir des projets ", a soutenu Nicolas Dufourcq.
Démocratisation du private equity
Deux autres chapitres figurent au menu de ce nouveau plan stratégique : d’abord, celui du développement de la culture de l’entrepreneuriat en France, avec pour objectif "de doubler le nombre d’entrepreneurs d’ici 2025 ", a indiqué Nicolas Dufourcq.
Enfin, Bpifrance poursuivra son action de démocratisation de l’investissement en fonds propres (private equity) dans les startups françaises, un sujet cher au patron de la banque publique d’investissement. "Je souhaite que tous les Français puissent investir dans cette classe d’actifs. Ces dernières années, 12000 d’entre eux sont devenus prescripteurs, nous allons donc baisser le ticket d’accès de 5000 à 3000 euros pour favoriser cette tendance", a ajouté Nicolas Dufourcq.
Pour rappel, son mandat de directeur général arrivera à échéance au mois de février prochain. Nommé il y a dix ans par François Hollande, alors président de la République, il avait été reconduit en 2018 par Emmanuel Macron. Candidat lui aussi à sa propre succession, Nicolas Dufourcq pourrait bien se voir renouvelé une nouvelle fois dans ses fonctions, à l’instar d’Eric Lombard le mois dernier.
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