Banques / BPCE / Nicolas Namias / Résultats trimestriels / Banque-assurance / Banque Populaire / Caisse d'Epargne / Natixis
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BPCE / Nicolas Namias / Résultats trimestriels / Banque-assurance / Banque Populaire / Caisse d'Epargne / Natixis
Un phénomène bilanciel a pesé sur les revenus de BPCE / La prudence amorcée l'année passée contient le coût du risque
Hausses des taux d’intérêt, inflation et baisse des valorisations d’actifs : trois facteurs qui, conjugués, produisent un contexte économique bien défavorable à l’activité bancaire. Ce contexte devait se matérialiser à l’aube de l’exercice 2023, avançait Nicolas Namias, président du directoire de BPCE, en présentant les résultats annuels de 2022 du groupe bancaire il y a trois mois. Et de fait, les revenus de la maison-mère des réseaux Banque Populaire et Caisse d’Epargne ainsi que de Natixis ont marqué le pas sur les trois premiers mois de l’année.
Le produit net bancaire (PNB, équivalent du chiffre d’affaires dans le secteur) s’affiche en recul de 5 % sur un an, à 5,8 milliards d’euros. "Fondamentalement, l’idée est simple : nos performances financières sont le résultat de ce qu’est aujourd’hui le financement de l’économie française. Notre groupe y occupe une place très importante. Nous avons par exemple 27 % de parts de marché sur l'épargne réglementée", a expliqué le président du directoire ce mercredi, à l’occasion d’une conférence de presse. En effet, avec un taux passé à 3 % depuis le début du mois février, la charge du Livert A augmente plus rapidement au passif du groupe mutualiste que la hausse des taux de crédit qui figure à son actif. "Ce phénomène bilanciel impacte évidemment nos résultats", a admis Nicolas Namias. Une fois l'effet Livret A (estimé à 380 millions d'euros) retiré, le PNB de BPCE enregistre une croissance de 1 % par rapport au premier trimestre 2022.
Par précaution
Les charges sont quant à elles restées stable sur la période, tandis que le coût du risque a reculé de 21 %. "Ce qui témoigne de la prudence des trimestres derniers, qui nous ont conduit à provisionner", a soutenu le président du directoire de BPCE. En effet, au titre de l’exercice passé, le coût du risque s’était apprécié de 12 %. Une manière d’anticiper d’éventuels risques de défaut des clients, qui avait ainsi poussé la direction à doubler les dotations du groupe (concernant le risque prospectif). Enfin, le résultat net a atteint 533 millions d’euros. Il accuse une baisse de 29 % sur un an. A nouveau, hors effets d’épargne réglementée, le bénéfice s’affiche en hausse de 8 %.
Mais pour Nicolas Namias, "le message principal" du premier trimestre de 2023 est à trouver du côté de la performance commerciale. "Il s’agit du reflet de la confiance de nos clients", s’est félicité le président. Les encours de crédit du premier métier du groupe, la Banque de Proximité et Assurance (BPA), se sont accrus de 6 % sur un an pour atteindre 706 milliards d’euros, portés par la conquête de nouveaux clients. Du fait de la hausse des taux de l’épargne réglementée, les revenus de la BPA ont enregistré quant à eux une baisse de 7 %.
Une inflexion
Le second métier de BPCE, soit les Global Financial Services (GFS), a vu son PNB progresser de 2 % sur un an. C’est la Banque de Grande Clientèle qui a enregistré la meilleure performance (+ 7 % sur le PNB). "Cela conforte notre stratégie de diversification de revenus", a souligné Nicolas Namias. La gestion d’actifs affiche elle aussi une belle dynamique : "La collecte nette positive trimestrielle marque une inflexion. Nous passons la barre des 1 100 milliards d’actifs sous gestion au 31 mars 2023", a ajouté le président.
Sans se prononcer davantage sur les anticipations du groupe pour l’année à venir, Nicolas Namias a conclu : "Ce trimestre illustre la dilatation du temps. Il nous faut à la fois gérer un temps court dans un environnement de marché très volatil et un temps long, qui est celui de nos perspectives de croissance. Nous gérons tout cela en étant attentifs à nos charges opérationnelles. Et puis, cette gestion du temps court nous permet aussi d’investir sur le temps long".
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