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Legrand poursuit sur sa lancée / Mais fait face à une concurrence plus dynamique
Pour Legrand, dépasser les attentes est une habitude, même si l’argument peut perdre de sa force quand la concurrence en fait autant, ou fait mieux. Les atouts qui ont permis au spécialiste des infrastructures électriques et numériques du bâtiment de traverser une année 2022 mouvementée sont toujours bien là en tout cas.
Le bénéfice net du groupe a bondi de 28% sur les trois premiers mois de l’année, s’élevant à 330,5 millions d'euros, contre 258,3 millions d'euros à la même période de 2022. Le résultat opérationnel ajusté a atteint 477,2 millions d'euros, en augmentation de 19% sur un an, quand le chiffre d'affaires s’est accru de 9%, à 2,15 milliards d'euros, dont 7,4% de croissance organique. La marge opérationnelle ajustée se hisse ainsi à 22,2%, contre 20,3% au premier trimestre 2022.
Par comparaison, les analystes sondés par FactSet anticipaient en moyenne un résultat net de 272,9 millions d'euros, un résultat opérationnel ajusté de 425,7 millions d'euros et un chiffre d'affaires de 2,09 milliards d'euros. La croissance organique est ainsi de plus du double de celle de 3,6% anticipée par le consensus. Et la marge opérationnelle ajustée de 20,4% que celui-ci anticipait est de même allègrement dépassée.
Ce premier trimestre montre ainsi que le fort pricing power de l’entreprise allié à sa capacité à adapter ses coûts peut lui permettre de faire progresser sa marge et non plus seulement de la maintenir, nonobstant la stabilité de ses ventes en volumes.
Il reste que cette atonie persistante des volumes peut finir par apparaître comme un point faible. Notamment vis-à-vis de la concurrence. "En comparaison, ABB a affiché une croissance en volume de 16%", remarque notamment le courtier Jefferies.
Une concurrence très dynamique
Le groupe n’a pas précisé comment sa croissance organique de 7,4% était constituée, entre volumes et effet prix. Mais "nous supposons que l’effet prix au premier trimestre a été d'environ 7 à 8%, après 6% au cours des trimestres précédents", ce qui "impliquerait une fois de plus une croissance nulle des volumes", ajoute Jefferies. La cause ? La faiblesse des marchés de la rénovation résidentielle sur plusieurs géographies. Aux Etats-Unis en particulier, qui représentent 37,7% du groupe, où l’activité résidentielle a enregistré une baisse à deux chiffres.
Heureusement, celle-ci est compensée notamment "par une croissance marquée des ventes auprès des datacenters", a indiqué Legrand. Ce qui démontre une fois encore, le bien fondé de la stratégie d’acquisitions ciblées menée depuis plusieurs années dans les segments à plus forte croissance comme l’efficacité énergétique, les datacenters, et les produits connectés dans la gestion active des bâtiments. Mais le résultat peut néanmoins sembler faible quand le concurrent américain Eaton annonce une croissance organique de 22% de ses ventes dans la région sur la même période.
Sans surprise, Legrand a maintenu jeudi ses objectifs pour 2023. Le groupe vise toujours une croissance de ses ventes, hors effet de change, comprise entre 2 % et 6 %, avec une marge ajustée d'environ 20 % des ventes. Des prévisions qui souffrent là aussi un peu de la comparaison avec la concurrence. L’américain Eaton vient en effet tout juste de relever ses prévisions, tablant désormais sur une croissance 6 à 8% pour sa division électrique. De son côté, Schneider Electric, autre grand acteur français des infrastructures électriques, a relevé sa prévision de croissance organique désormais attendue entre 10 et 13%. Sans oublier ABB, qui vise une croissance organique de plus de 10% cette année.
A la Bourse de Paris, l’action Legrand perdait 1,8% jeudi après-midi, à 84,3 euros.
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