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Legrand a mis un tigre dans son moteur de croissance
Legrand s’y connaît en croissance rentable. La marge opérationnelle de 20% visée cette année par le spécialiste des infrastructures électriques et numériques du bâtiment dont il est l’un des leaders mondiaux "constitue à la fois notre cible pour cette année et notre standard depuis douze ans", rappelle à WanSquare Benoît Coquart, le directeur général de l’entreprise.
Le groupe vient de publier des résultats meilleurs qu’attendus pour son premier semestre. Son chiffre d’affaires a progressé de 18,5% sur les six premiers mois de l’année par rapport à la même période de 2021, atteignant 4,1 milliards d’euros. La croissance organique, à périmètre et taux de change constants, s’est établie à 10,9%, contre 8,8% estimé par le consensus des analystes. De même, le résultat opérationnel ajusté de 837,8 millions d’euros, en hausse de 10%, a dépassé de 3% les attentes et le résultat net de 548,1 millions d’euros les surpasse de 9%.
Fort de ce très bon premier semestre, Legrand a décidé de relever ses objectifs d’activité pour 2022. L’entreprise prévoit désormais une croissance de ses ventes hors effet de change, comprise entre 9% et 12%, au lieu d’une précédente fourchette entre 5% et 11%, et la croissance organique est maintenant visée entre 6% et 9% (contre 3% à 7% précédemment). Un optimisme qui pourrait surprendre étant donné la dégradation de l’environnement macroéconomique, et ce même si Legrand appartient à la catégorie "late cyclical" des entreprises dont l’activité n’est touchée que tardivement par les retournements de cycles économiques.
Pricing power et boosters de croissance
La capacité du groupe à relever ses prix explique une large part du relèvement de prévisions. Le nouvel objectif annuel de croissance organique de 6 à 9% "implique au deuxième semestre une croissance organique grosso modo comprise entre 1 et 7% dans laquelle la composante prix sera très importante dans un environnement où nous entendons bien maintenir intact notre pricing power", détaille ainsi Benoît Coquart. S'agissant des volumes, "Cela implique en haut de fourchette une stabilité des volumes, et en bas de fourchette une baisse à un chiffre", ajoute le dirigeant. Ainsi, même si cela semble contre-intuitif de prime abord, "nos nouvelles prévisions à la hausse prennent en compte le fait que le deuxième semestre sera plus compliqué que le premier en termes de volumes".
Dans cet environnement plus difficile qui s’annonce, le groupe va néanmoins pouvoir compter sur un certain nombre de "boosters de croissance qui doivent nous permettre de faire mieux que le marché", poursuit Benoît Coquart. Cela fait de nombreuses années que Legrand met l’accent sur ce que le groupe appelle ses produits à fortes croissance, qui regroupent trois catégories de services et solutions : l'efficacité énergétiques, les datacenters, et les produits connectés dans la gestion active des bâtiments.
Dans le domaine de l’efficacité énergétique par exemple, les bornes pour véhicules électriques connaissent une croissance très forte, appelée à s’amplifier avec le plan européen de suppression des voitures thermiques à l’horizon 2035. L’entreprise propose de plus en plus de solutions également autour du "bâtiment vert". "L’impératif environnemental est en train de devenir un impératif stratégique et économique. Ce domaine représente une fenêtre stratégique incroyable pour les cinq à dix prochaines années", souligne Benoït Coquart.
"Le groupe nous semble mieux armé que lors des crises passées, avec un tiers de son chiffre d’affaires exposé à des thématiques dont la demande devrait se maintenir même en cas de récession", abonde un analyste.
Ensemble, l’efficacité énergétique, les datacenters et les produits connectés dans la gestion active des bâtiments ont en effet représenté 33% du chiffre d’affaires de Legrand l’an dernier, alors qu’ils n’en constituaient encore que 18% en 2015. Une croissance réalisée à la fois en organique et au travers d’acquisitions, pour représenter maintenant une partie assez significative de l’activité.
Acquisitions ciblées
D’ailleurs, après l’acquisition d’Emos en début d’année, Legrand a profité de la publication de ses comptes semestriels pour annoncer deux nouvelles acquisitions dans le domaine des datacenters, avec Usystems, un spécialiste des solutions de refroidissement et d’armoires, et Voltadis, acteur français proposant des services allant de la conception à la mise en service, en passant par la fourniture et l’installation de datacenters.
"Nous menons toujours beaucoup de discussions avec de nombreuses sociétés", indique Benoît Coquart. Le but est de faire des acquisitions ciblées afin d’ "ajouter un peu d’effet périmètre et de nous renforcer stratégiquement afin de nous apporter des parts de marché sur des géographies où l’on a en a besoin", précise-t-il.
Tandis que Legrand est tout à fait l'aise quand l’économie se porte bien, l'entreprise s’apprête à démontrer une nouvelle fois si nécessaire sa capacité à résister quand les choses vont moins bien, ainsi que son aptitude à continuer à faire des acquisitions, y compris à contrecycle, tout en les payant raisonnablement.
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